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Affaires: La République aurait-elle une affinité particulière pour les scandales politico-financiers? (Looking back at democracy’s particular vulnerability to political-financial scandals)

Posté le Mardi 6 juillet 2010 par jc durbant

La République aurait-elle une affinité particulière pour les scandales politico-financiers?

Trafic de décorations, banqueroute de Panama, affaire Stavisky, affaire Henri Rochette, scandale de la Banque industrielle de Chine, affaire Hanau, trafic de vin et marché noir, affaire Félix Gouin, trafic de piastres,  abattoirs de la Villette, scandale de la Garantie foncière, feuille d’impôt Chaban-Delmas, scandale Chalandon, affaire du Carrefour du Développement …

Alors qu’incapables de comprendre au fil des révélations qu’en ces temps de crise les temps ont changé,  l’Elysée et le gouvernement qui avaient pourtant tenté d’en finir avec les fonds secrets s’enfoncent chaque jour un peu plus dans le déni …

Retour, avec le site Hérodote, sur la longue tradition française des scandales politico-financiers, y compris après le retour de la République il y a quelque 140 ans.

Qui, même s’il semble bien peu loquace sur toute une série de scandales qui, à gauche comme à droite et d’Elf  aux frégates de Taiwan, aux  ventes d’armes d’Angola  ou à EADS et surtout les innombrables casseroles chiraquiennes, ont marqué les dernières décennies, a le mérite de pointer la vulnérabilité toute particulière de la République pour de telles affaires.

Et ce, outre la multiplication des possibilités avec la formidable modernisation qu’a connu alors la France et l’émergence d’une presse libre, par la tentation toujours plus grande, au moment où s’élevaient à la fois la nécessité et les coûts des campagnes électorales pour une nouvelle classe d’hommes accédant à la politique sans la chance d’une fortune personnelle ou d’un beau mariage, de monnayer leur influence politique auprès de leurs relations dans le monde des affaires.

Mais aussi la difficulté particulière, pour une France au lourd héritage latin et catholique du tabou de l’argent (le protestant Rocard compris!), à non seulement se défaire de son addiction au cumul des mandats et au pantouflage mais à comprendre que, loin de l’affaiblir comme le rappelle Yves Mény, la sortie d’affaires est au contraire « le signe de la vitalité d’une démocratie » …

jc durbant @ 16:20
Catégorie(s): Pendant ce temps-là, en France etUn peu d'histoire


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10 réponses à “Affaires: La République aurait-elle une affinité particulière pour les scandales politico-financiers? (Looking back at democracy’s particular vulnerability to political-financial scandals)”

  • 10
    ami:

    En France, pour paraphraser machin, le Droit n’engage finalement que ceux qui le respectent.

  • 9
    ami:

    Rien d’étonnant à tout ce cirque car il faut bien admettre que la France a, du très haut jusque tout en bas de l’échelle, une conception toute particulière de l’État de droit.

  • 8
    michael:

    Que n’avait-on pas entendu en effet en France sur Israël lors des affaires Sharon ou Olmert …?
    +++++++++++++++
    Rien de plus que ce qui fait la reputation de la France dans la psyche collective de l’opinion mondiale : sa propension assez arrogante de vouloir donner des lecons au Monde entier ( le globe pas le torchon en faillite) .
    En Israel ca commence a s’ameliorer ! Fini le temps ou les vendeurs de legumes au marche attendaient le rapport annuel du Controleur de l’Etat : a 1kg le rapport ils s;en servaient pour peser les legumes et le poids etait meme certifie dans la presse ! C’etait son seul usage evident . Maintenant le rating des « affaires » depasse celui des series TV culte certains pour y trouver des idees d’ailleurs : carrotter les Impots etait ici un sport national

  • 7
    jc durbant:

    « en parler est tout de meme un signe de bon fonctionnement si ca finit par deboucher sur des regles admises. »

    Que n’avait-on pas entendu en effet en France sur Israël lors des affaires Sharon ou Olmert …?

  • 6
    michael:

    Reglements de compte a OK Corral ! Les banquiers suisses ne font vraiment pas partie du fan club de Bercy et vice versa alors les sous entendus de ci de la et le PS tellement content de faire capoter la reforme des retraites ( ils ont mieux a proposer ?) Mais en parler est tout de meme un signe de bon fonctionnement si ca finit par deboucher sur des regles admises. Je ne crois pas que le ministre soit informe sur une base reguliere des petits arrangements( souvent legitimes legalement ) entre le fisc et les interesses , alors faudrait relativiser ……Gare a la contre attaque car le PS sous Tonton a eu aussi son lot de casseroles devoilees donc les non devoilees doivent aussi etre consequentes….Quand on vit dans une maison en verre faut pas s’amuser a balancer des cailloux chez les voisins …..

  • 5
    Selim:

    Dingue ! Le truc de Genève…

    Ceci dit, les Genevois se sont bien gardés de sortir l’info jusqu’à aujourd’hui…

  • 4
    jc durbant:

    C’est facile à dire après coup, mais le plus rageant c’est qu’il aurait pu sortir de ça par le haut il y a 2 ans lorsqu’il était encore le ministre du Budget qu’il n’est plus actuellement (mais il pourrait encore le faire actuellement même si le conflit d’intérêt est moindre) et en apparaissant même comme un grand réformateur en lâchant son poste de trésorier du parti (mais peut-être qu’ils avaient personne de confiance pour le remplacer lui qui en savait tant sur le financement de la campagne?) …

    Et combien de temps encore avant que le projecteur ne se braque sur le père Kouchner, qui comme le rappelle aujourd’hui Le Canard, se voit directement (avec la démission de Joyandet) chapeauter le poste de sa directrice générale de l’AEF (Audiovisuel Extérieur de la France) de femme qui supervise RFI, France 24 et TV5MONDE?

    Sans parler du pantouflage juridique des politiciens à la Villepin, Copé, Royal, Mamère, Dray & co …

    Voir aussi, avec la Tribune de Genève, comment est perçu outre-léman notre terreur des fraudeurs du fisc:

    Depuis 2008, Florence Woerth était presque à demeure à Genève. Banquier genevois

    Eric Woerth, qui avait fait de l’évasion fiscale sa priorité, nous a longtemps fustigés comme les ennemis numéro un. C’est lui aussi qui, avec Peer Steinbrück, alors ministre allemand de l’Economie, nous a conduits sur la liste grise de l’OCDE, celle des paradis fiscaux non coopératifs. Mais savez-vous qu’au même moment, sa femme Florence, l’une des gérantes de fortune de Liliane Bettencourt, était vue très souvent dans le «family office» de la milliardaire française, qui se situe à deux pas de l’Hôtel d’Angleterre? Eric Woerth, durant ces deux dernières années, ne pouvait pas ignorer que sa femme se trouvait très régulièrement à Genève. Et que ce n’était certainement pas pour voir son Jet d’eau!

    Spécialiste suisse des «family offices» (sorte de banques privées pour très grandes fortunes)

    Eric Woerth ne cherchait pas alors à savoir si les chèques qu’on lui remettait étaient prélevés sur des comptes suisses non déclarés au fisc français.

    Banquier genevois (en référence au voyage de collecte de fonds de Woerth auprès des plus grandes fortunes françaises exilées en Suisse romande pour la présidentielle de 2007, Matin Dimanche, septembre 2009)

  • 3
    selim:

    Combien de temps la défense d’E Woerth, qui se contente de répéter qu’il n’y a absolument rien d’anormal ni en ce qui le concerne, ni en ce qui concerne sa femme, tiendra-t-elle ?

  • 2
    jc durbant:

    Je fais en effet partie de ceux qui n’ont jamais été convaincus que les élucubrations du lanceur de chaussures de Bagdad (d’un côté ou d’un autre) apportaient grand chose à la démocratie …

    En revanche, je crois que Rocard a tort et que Mény a raison sur l’actuelle sortie d’affaires en France comme « signe de vitalité de la démocratie » et non son abaissement:

    Voir:

    Chacun a parfaitement le droit, et même le devoir démocratique, de dénoncer, ou de défendre, telle ou telle situation de cumul de responsabilités, tel ou tel risque de conflit d’intérêts, tel ou tel motif de confusion des genres. Rien de plus normal, ni de plus sain, que cela : c’est l’essence même du débat politique en démocratie. Mais débattre est une chose, vouloir à tout prix abattre l’adversaire en est une autre. Attaquer ad hominem, harasser sans relâche, dénoncer sans preuves, d’un côté comme de l’autre, ce n’est pas servir le débat, c’est desservir la démocratie, l’affaiblir et finalement l’asservir au nom même des principes que l’on croit si bien défendre. C’est porter atteinte à la dignité de la personne, c’est porter un coup à la politique, à la République.

    Simone Weil et Michel Rocard

    Un conflit d’intérêts (…) c’est une situation où un individu qui a des intérêts divergents à défendre se retrouve dans une situation conflictuelle entre ces intérêts, qui nécessite qu’il privilégie l’un plutôt que l’autre. (…) Sans supposer des pratiques condamnables, il y avait pour Eric Woerth, dans cette affaire, la possibilité de deux conflits d’intérêts. Parce qu’il était trésorier de l’UMP tout en étant ministre du budget et parce que sa femme gérait la fortune d’une des principales contribuables du pays. Un homme politique ne doit pas se retrouver dans une situation qui prête à soupçons. (…) C’est une faute politique, mais dont M. Woerth n’a pas l’apanage. (…) M. Woerth est en quelque sorte la victime expiatoire d’un système qui n’arrive pas à se réformer. (…) Il n’y a pas en France beaucoup de règles sur le sujet, parce que le concept lui-même est mal compris ou accepté par la classe politique. C’est un concept d’origine anglo-saxonne. Les Britanniques et les Scandinaves ont l’habitude de rendre officielles, publiques, les situations de conflit d’intérêts (…)

    Pendant longtemps, c’étaient les avocats qui briguaient un mandat. Maintenant, ce sont les politiques qui deviennent avocats…

    Un autre conflit d’intérêts classique est le « pantouflage », lorsqu’un agent public part dans le privé pour exercer des fonctions dans un domaine où il a exercé des responsabilités, en usant là aussi du pouvoir d’influence acquis. C’est alors un conflit d’intérêts différé.

    L’autre chose importante, c’est ce que les Américains appellent les « whistle-blowers », les lanceurs d’alerte. Ce sont des particuliers, les médias, l’opinion publique… Qu’on s’inquiète de ces affaires est le signe de la vitalité d’une démocratie. Il ne faut pas que le système immunitaire s’affaiblisse !

    Yves Mény

  • 1
    James:

    JC, je sais que ce n’est pas le sujet mais ça peut vous intéresser :

    Iraqi Shoe Chucker