eXc: Nous aimons la liberté, l'état de droit, l'héritage des Lumières, la séparation de l'église et de l'état, l'humour. Nous n'aimons pas le fascisme, le communisme, l'antiaméricanisme, l'antisémitisme, le racisme, la bureaucratie, les totalitarismes. Nous estimons que le plus grave danger que courent les démocraties libérales est de céder à l'islamofascisme. Lire plus

« Ce que vous faites au plus petit d’entre les miens, c’est à moi que vous le faites » Jessy de Nazareth (Matthieu 25.40)

Posté le Lundi 5 avril 2010 par sil

Dans cette affaire d’Eglise aux prises avec les turpitudes pédophiles d’une partie de son clergé, je ne ferai pas semblant d’ignorer que Benoît XVI a fait preuve de plus de courage que tous ses prédécesseurs, en brisant enfin une culture du silence, en imposant l’examen de conscience indispensable et en condamnant avec vigueur ces comportements (ça manque d’excommunications ou de démissions catapultées à mon goût mais bon…).

Je ne ferai pas semblant également d’ignorer que de tels crimes n’ont rien à voir avec le célibat des prêtres, ou l’absence de femmes dans l’Eglise, ne serait-ce que pour la simple raison que la « plupart » (les SOS MRAP en LICRA me poursuivront-ils ?) des cas de pédophilie ont lieu dans le cadre familial.

De même, je ne me joindrai pas à la chorale des hypocrites. Celle composée de tous ceux qui se portaient, il y a peu, au secours des Polanski, Frédéric Mitterand ou Daniel Cohn-Bendit et qui se lâchent maintenant sur le clergé ; composée aussi de très progressistes éducateurs qui feraient mieux de s’occuper de ce qui se passe dans leurs structures scolaires ou parascolaires ; sans oublier tous les faiseurs d’opinion d’une certaine presse qui se permet de donner des leçons alors qu’elle qualifiait naguère de libération, le fait d’enchaîner des enfants à la perversion de certains adultes (à quand un mea culpa chez Libération ?).

Cependant, je me permettrai de verser au dossier deux versets que l’Eglise devrait avoir à cœur de méditer.

« Des gens lui amenaient des enfants pour qu’il les touche, mais les disciples les rabrouèrent. En voyant cela, Jésus s’indigna et leur dit : « Laissez les enfants venir à moi, ne les empêchez pas, car le Royaume de Dieu est à ceux qui sont comme eux. En vérité, je vous le déclare, qui n’accueille pas le Royaume de Dieu comme un enfant n’y entrera pas ». Et il les embrassait et les bénissait en leur imposant les mains » (Marc 10.13-16)

« Ce que vous faites au plus petit d’entre les miens, c’est à moi que vous le faites » (Matthieu 25.40)

Oui, de méditer, afin de faire preuve d’une sacrée grande humilité, car après avoir souillé ainsi (« en paroles, actes et omissions ») ce qui est à l’image du royaume de leur Seigneur, m’est avis que ce dernier, faute d’un sérieux repentir, risque de se montrer à leur encontre quelque peu chagrin…

Saint SILpeace

sil @ 16:05
Catégorie(s): Christianophobie etLe pape


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19 réponses à “« Ce que vous faites au plus petit d’entre les miens, c’est à moi que vous le faites » Jessy de Nazareth (Matthieu 25.40)”

  • 19
    Sil:

    Pédophilie: le pape durcit les sanctions

  • 18
    sil:

    Dans la série les Allemands trient leurs (et les notres aussi) déchets

  • 17
    sil:

    Le pape Benoît XVI plaide pour «un profond renouveau de l’Eglise» dans un message adressé aux participants d’un symposium organisé par l’Eglise catholique sur la pédophilie lundi à Rome.

    «Soulager les victimes doit être de la plus haute importance pour la communauté chrétienne et doit aller de pair avec un profond renouveau de l’Eglise à tous les niveaux», a affirmé le pape à l’ouverture de cette grande rencontre destinée à éviter la répétition des scandales pédophiles qui ont profondément entaché l’Eglise catholique ces dernières années.(plus)

  • 16
    sil:

    Combattre la plaie de la pédophilie dans le clergé, assurer la protection des enfants, soutenir les victimes, briser l’omerta, mais aussi venir en aide « aux adultes vulnérables » : tels sont les thèmes du symposium, le premier du genre, qui s’est ouvert lundi à Rome à l’initiative de l’université grégorienne dirigée par l’ordre des Jésuites.

    Intitulées « Vers la guérison et le renouvellement », ces assises réunissent des délégués de 110 conférences épiscopales et de 33 ordres religieux, des spécialistes du droit canonique, des psychologues et une – seule – victime, une jeune Irlandaise violée durant son enfance par un prêtre à Dublin. Les travaux donneront lieu mardi soir à une veillée pénitentielle en l’église Saint-Ignace au cours de laquelle des responsables de l’Église catholique demanderont pardon aux victimes des prêtres pédophiles.

    Une telle démarche de pardon n’aurait pas pu s’exprimer à Rome sans l’accord de Benoît XVI qui adressera lui-même un message aux participants au colloque. Joseph Ratzinger a toujours eu très à coeur la question des prêtres pédophiles et il fut, à quelques mois de son élection au trône de Pierre, le premier cardinal à dénoncer « la saleté qui se trouve au sein de l’Église ». Le Souverain pontife ne fait pourtant pas l’unanimité au Vatican. De nombreux prélats considèrent que l’initiative de l’université grégorienne risque de donner trop d’ampleur à un phénomène « marginal » au sein de l’Église.(plus)

  • 15
    Raphaël:

    Où mène la pédophilie

  • 14
    sil:

    « Hermétique« … Oh l’autre eh ! Mais c’est qu’il ferait passer la pédophilie pour un mystère éleusinien, celui-là. Portenawake ! Il n’y rien d’hermétique dans la pédophilie. C’est même très simple. Tout le reste (les plaidoyers des pédophiles) n’est que blabla, une façon de tordre la réalité, les faits, l’évidence, histoire de chercher une justification à une perversion. C’est très simple disais-je.

    Il s’agit pour des prédateurs et des lâches d’obtenir de la part d’enfants des faveurs sexuelles qu’ils n’obtiendraient peut-être pas aussi facilement de majeurs sexuels de sexe opposé ou de même sexe. Il s’agit de profiter de la curiosité de l’enfance (y compris en matière sexuelle) et de son besoin d’affection et d’attention pour l’abuser, pour se faire plaisir, arracher un trophée à l’Innocence, obtenir une exclusivité, obtenir la primeur d’un fruit de la Vie. Le côté obscur du chasseur cueilleur en somme.

    Il s’agit pour ces êtres de meurtrir l’esprit mais aussi la chaire d’un enfant en dévastant l’intimité d’une fillette ou celle d’un garçonnet. Accessoirement, tout cela fait mal…

    Il s’agit pour des adultes de tuer l’adulte ou le parent, en profitant de la méconnaissance de la loi par l’enfant pour obtenir quelque chose d’interdit, au lieu d’enseigner à l’enfant la loi (et donc le faire grandir) qui régit sa société ou culture (en la matière, notre loi dit : la sexualité se découvre éventuellement entre mineurs sexuels puis se vit entre majeurs sexuels). Car même si un enfant peut s’avérer particulièrement curieux ou provoquant en la matière, le rôle du parent et de l’adulte n’est pas d’abuser de cela ou de se laisser aller mais de rappeler la loi, de l’éduquer quoi. A titre d’exemple, même si la gamine l’avait cherché ou sa mère poussée dans les bras du cinéaste, c’est ce que Polanski aurait du faire (je ne comprends pas comment des profs de philosophie morale comme Finkie n’arrivent pas à percuter cette évidence)

    Il s’agit aussi, visiblement, pour une culture ou une société de ne pas éduquer ses membres, en n’expliquant pas tout ça, en ne posant pas le problème, mais en opposant un simple tabou à quelque chose (la sexualité) qui tient forcément de « l’ambigu », preuve que cette société n’a pas résolu la question, a encore trop peur pour l’affronter, n’est pas tout à fait prête à affronter ce « démon » les yeux dans les yeux, à se poser un certain nombre de questions. Comment ce qui fait du bien (la sexualité) peut-il faire du mal ? Pour les raisons ci-dessus (entre autres) ! Doit-on se priver de toute émotion esthétique, de toute tendresse, de tout amour, avec un enfant ? Non, tant que l’on ne confond pas tout ça avec la sexualité…

    Oui, j’ai l’impression que dans pas mal d’esprits tout cela n’est pas très clair, sinon, beaucoup d’entre nous (quand on voit le nombre de cas de pédophilie, on peut le dire) ne seraient pas partagés entre tabou et une sorte fascination. Comme quoi l’éducation morale de notre espèce est un chemin qui ne se terminera sans doute jamais…

  • 13
    fabien:

    La position récente lamentable de « Libé » n’est pas réellement surprenante. A se demander si il n’y a pas un nid de dégénérés soixante-huitards pédos spécialiste de la désinformation qui ne distingues même pas la frontière de la délation et du devoir citoyen. D’autre part un « auteur de crime ou délit impliqué dans un sujet de reportage » ne peut être considéré comme un informateur. Petit rappel :
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Discussion:Lib%C3%A9ration_(journal)
    En mai 1977, Libération publie un article faisant explicitement l’apologie de la pédophilie. « Naissance du « front de libération des pédophiles »" est un véritable acte de foi en faveur des pédophiles, qui constituaient une partie des lecteurs de Libération. L’article sera à nouveau publié le 1er mars 1979.Pendant dix-neuf mois, Libération va publier des articles, dessins et photographies à caractère pédophile (entre autre dans l’édition du 5 novembre 1978). Le caractère choquant de ces publications entraînera des poursuites judiciaires! Cependant, le 1er mars 1979, Libération publie fièrement « Les outrages de Libération »3, article qui relate ses démêlés avec la justice française. Une justice sclérosée et « bourgeoise », qui s’attaque injustement à un journal « novateur ». Pour l’occasion, Libération republie une grande partie des articles et autres dessins qui ont défrayé la chronique ! En 1981, Libération publie un témoignage, « câlins enfantins », dans son édition du 20 juin. Un homme rapporte ses relations pédophiles avec une enfant, sur une durée de près de trois ans. (…)

  • 12
    sphax:

    « La pédophilie est, à quelques exceptions prés, le fait majoritaire d’hommes adultes.  »

    On n’a pas les mêmes fréquentations

  • 11
    Lucien Rouvère:

    Tu as raison: cette piste t’est, au sens fort du terme, hermétique.
    D’ailleurs, ta façon d’asséner que les femmes sont et doivent être le tout de la beauté et de la séduction, montre à l’envi la sincérité de tes limites.
    Va en paix, mon ami.

  • 10
    Gérard Pierre:

    Je suis Catholique Apostolique et Romain, Croyant, …… et j’allais mécaniquement ajouter « pratiquant »! …… mais au moment de prononcer ce terme que je trouve présomptueux, je me rétracte toujours.

    Si être « pratiquant » consiste simplement à se rendre à l’office dominical chaque fois qu’aucun empêchement ne s’y oppose, de ce point de vue très ‘’administratif‘’ je suis effectivement pratiquant.

    Si, en revanche, être pratiquant signifie mettre en pratique la leçon des Evangiles en veillant en permanence à ne s’en point écarter, alors je dois admettre que, de ce point de vue, je suis un bien piètre pratiquant. « Je fais souvent le mal que je ne voudrais pas faire et je ne fais pas souvent le bien que j’aimerais faire » disait lui-même Paul de Tarse, dit Saint-Paul.

    Sil a tout à fait raison de rappeler cette phrase de Matthieu.

    Et puisqu’un Chrétien ne doit pas juger, (il existe des Institutions temporelles au sein desquelles des Hommes fort estimables ont pour mission de procéder à cette délicate et nécessaire démarche) je ne jugerai donc pas.

    En revanche, rien ne s’oppose à ce que j’essaye au moins de comprendre !

    Or j’ai beau essayer, je n’y parviens pas !

    La pédophilie est, à quelques exceptions prés, le fait majoritaire d’hommes adultes. J’ai beau essayer de comprendre ce qu’un enfant peut susciter comme attrait sexuel, je n’y parviens pas !

    Il y a dans le monde tant de femmes, quel que soit leur âge, dont la beauté à couper le souffle peut inspirer d’envolées lyriques que cette piste me semble totalement hermétique. Sans avoir jamais éprouvé la moindre attirance pour une personne de mon sexe, je peux encore admettre, bien que ne le ressentant pas, qu’un adulte mâle puisse envisager de faire sa vie avec un homme ou qu’une femme envisage le bonheur avec l’une de ses consoeurs. Ce n’est pas parce que je distingue le rouge du vert que je dois jeter l’anathème sur les daltoniens.

    Mais décidément, l’attirance sexuelle envers un gosse, …… c’est une chose qui me dépasse totalement. Si j’ajoute à cela que la prêtrise est un état qui s’obtient au terme de longues années de séminaire au cours desquelles les impétrants remettent régulièrement en question leur vocation, …… je comprends encore moins.

    J’en conclus que je me trouve non pas devant un problème compliqué, mais devant un problème extrêmement complexe ! …… et je me sens d’autant plus désarmé pour juger.

    Par contre, ma compassion pour les Victimes est sans bornes.

  • 9
    sphax:

    « Le N°9 n’a ni queue ni tete. »

    Dror non plus.

  • 8
    sphax:

    A propos de France24, je crois qu’ils ont été censurés en iran

  • 7
    Zoubor:

    Je regarde de temps en temps TV5, Arte et France 24 – mais je suis tjrs ecoeure de voir qu’ils ont la critiques faciels pour tout le monde mais les problemes de la France il n’en est jamais question!!!
    En bref, une ebauche de la « france donnant des lecons » comme ecrit ds un des article de WSJ il y a peu.

  • 6
    sphax:

    Ha d’accord, mais rassurez vous, sur ce point là, la presse française tiens la route puisqu’elle ne dénonce uniquement le « mal » fait par les méchants français ou israéliens aux pov mumuzz, mais quand ce sont des francophones qui s’en prennent dans la tronche, les bien pensants ne bronchent pas.

  • 5
    Zoubor:

    @ sphax – petit clin d’oeil a la presse francaise… a propos de « colonies\’ de gens qui rentrent chez eeux

    @ propos approtes ici par SIL, #1
    Cette suffisance intelectuelle francaise, qui cherche et trouve des raisons ideologiques a tout y compris des comportements pervers envers des enfants me donne la nausee!

  • 4
    sphax:

    Pourquoi « colons » ?

  • 3
    Zoubor:

    Les colons francophones ne peuvent s’installer en flandre ??!!!!
    ;-)

  • 2
    sphax:

    La Belgique, nouveau Kosovo ?

  • 1
    sil:

    Oui, à quand un mea culpa chez Libération ?

    La Révolution sexuelle des seventies : le temps de la plaidoirie

    21 Dans le sillage de mai 68, la parole et les corps sont libérés. Du même coup, la presse lève le voile qu’elle tenait pudiquement étendu sur la pédophilie — le mot apparaît alors — et l’inceste. Pour les dénoncer avec violence ou — et c’est la grande nouveauté de la décennie — pour leur rendre leur dignité : en les inscrivant dans une remise en question globale et radicale de l’ordre social et moral. C’est le temps de la plaidoirie. De ce point de vue, la remise à l’honneur de la pédophilie participe du même mouvement qui conduit les intellectuels, et parmi eux la rédaction de Libération, à investir les délinquants d’une véritable mission sociale et à leur conférer un statut contestataire de la société bourgeoise. Alors que Foucault se fait le défenseur de Roger Knobelspiess, des journalistes de Libération rencontrent secrètement Mesrine en rupture de ban et publient leur entretien[17] [17] Libération, 3 janvier 1979. …
    suite.

    22 Une certaine permissivité intellectuelle régnait déjà au profit des pédophiles. Illustrée sur un mode mineur par la notoriété sans nuage d’un Gide ou d’un Montherlant, et même par celle, plus contestée, dont a bénéficié Roger Peyrefitte, elle se manifeste désormais plus résolument dans la manière dont certains journaux se transforment en tribune, vantant toutes les sexualités alternatives, parmi lesquelles la pédophilie trouve sa place, aux antipodes de la réprobation et de la condamnation.

    23 Une pudeur extrême règne encore dans les médias au début des années 1970 en matière de sexe et de discours sur le sexe. En mai 1971, Michel Polac est sanctionné par le conseil d’administration de l’ORTF pour un épisode de son émission Post-scriptum, diffusé le 20 avril. Polac avait invité Louis Malle à présenter « le Souffle au cœur », film qui traitait de l’inceste. Les invités présents, Alberto Moravia, le professeur Grassé, biologiste, évoquèrent la question de l’inceste tout au long de la soirée. Est-ce la liberté du ton (l’inceste n’y était ni condamné ni loué, mais analysé comme une donnée avec laquelle une société doit composer ou dont elle doit se débarrasser) ? L’émission disparaît dans le courant du mois de mai, Michel Polac refusant d’accepter la proposition de l’ORTF visant à la transformer en émission mensuelle. Les rédacteurs et les lecteurs de Télérama et de Télé Sept jours s’en émurent quelque peu, au nom de la liberté d’expression, tout en affirmant que le sujet avait de quoi choquer et qu’il avait été traité avec une bien grande légèreté[18] [18] Télérama 22 et 29 mai 1971 ; Télé sept jours, 22 mai…
    suite…

    24 C’est pourquoi l’évolution des années qui suivent équivaut à une vraie rupture culturelle et morale : une partie de la presse renonce à la discrétion qui était jusqu’alors la sienne sur les choses du sexe, quelles qu’elles soient, et à la réprobation sans nuance dont elle entourait les pédophiles et les pères incestueux. Au nom de la libération des mœurs, du droit à la différence des « amours minoritaires »[19] [19] Libération, 10 avril 1979. …
    suite et de la contestation de l’ordre bourgeois, Libération accueille Tony Duvert et Gabriel Matzneff, interviewés par Guy Hocquenghem.

    25 Les livres de Tony Duvert décrivent des activités pédophiles sans dissimuler, et même en revendiquant leur caractère autobiographique. Descriptions de scènes de drague, de fellation, de sodomie avec enfants, tout ceci est contenu dans cette littérature, bientôt promue par Le Gai pied, journal des homosexualités, dont le numéro 0 paraît en février 1979. La levée du tabou n’est pas isolée. Elle accompagne la défense de la liberté sexuelle, de l’avortement et de la prostitution, mais s’appuie aussi sur la contestation d’une éducation répressive qui brime les désirs et les pulsions des enfants, sur la mise en cause des droits culturels exclusifs de la famille et de la prééminence de mères dénoncées comme castratrices (Tony Duvert parle du « matriarcat qui domine l’impubère »[20] [20] Ibid. …
    suite). Tout est mis sur le même plan, au nom du droit à la différence : amours libres, couples informels, homosexualité, zoophilie, pédophilie.

    26 Du reste, la pédophilie est définie comme une culture[21] [21] Ibid. …
    suite qui cherche à briser la « tyrannie bourgeoise qui fait de l’amoureux des enfants un monstre de légende »[22] [22] Libération 7-8 mai 1977. …
    suite. Libération affirme vouloir tout simplement « traiter des relations entre les gens comme des faits de société (…) et ne pas les ghettoïser, en circuits fermés et cinémas spécialisés »[23] [23] Libération, 1er mars 1979. …
    suite. C’est pourquoi le quotidien ouvre ses colonnes à ceux qui, attaqués par la presse bien pensante, tiennent à s’expliquer. Ainsi, les 26 et 27 janvier 1979, Jacques Dugué, mis en cause pour attentat à la pudeur sur mineurs sans violences, évoluant, selon Libération, dans l’univers des « couples échangistes, qui se passent des photos d’enfants » et loué pour « sa franchise quant à la sodomie », publie une lettre écrite depuis sa prison. Sur un mode plus direct, moins élaboré que les écrivains, il défend en réalité les mêmes thèses : les lois actuelles oppriment les enfants qui, dès 12 ou 13 ans, sont dotés d’une sexualité. Décrivant une famille « heureuse et unie » dans laquelle le beau-père « fait l’amour avec sa femme mais aussi avec les garçons et surtout celui de 11 ans et pas en catimini, dans le lit conjugal », il demande instamment qu’on laisse aux parents le soin d’assurer l’éducation sexuelle de leurs enfants. Et il oppose la gentillesse, l’ouverture d’esprit, la gaieté, la tolérance et le pacifisme des jeunes garçons qu’il a aimés et qui sont devenus adultes, à l’égoïsme, la jalousie, la méchanceté, la bêtise, l’hypocrisie et le racisme des couples hétérosexuels qui « souvent croient en Dieu ! » Le seul tabou reconnu par Jacques Dugué reste l’usage de la violence. « Qu’on ne laisse subsister des lois que pour des actes sexuels consommés avec violence qui sont d’ailleurs le plus souvent le fait d’hétérosexuels irascibles sur des petites ou des jeunes filles ». Mais pour les autres, invoquant la « loi naturelle » et les « 4 milliards de spermatozoïdes fabriqués par un homme au cours de sa vie », il interroge : « Pourquoi un homme n’aurait-il pas le droit d’aimer un enfant ? »[24] [24] Libération, 26 et 27 janvier 1979. …
    suite

    27 Une des grandes nouveautés dans cette sortie du silence et de l’opprobre, c’est la place nouvelle faite à l’enfant : le voici enfin au cœur du débat, présenté comme une victime manipulée, abusée, souffrante et possiblement détruite par ceux qui condamnent la pédophilie, défini comme un être autonome et conscient, capable de discernement et de choix, et surtout habité de désirs par ceux qui défendent la pédophilie. Non que la parole soit donnée aux enfants par la presse, mais au moins sont-ils évoqués comme des personnes et des sensibilités et pas seulement comme les purs objets sur quoi est perpétré un délit ou un crime.

    28 Cette position vaut à Libération quelques ennuis. En mars 1979, le journal titre triomphalement sur « les outrages de Libération » et annonce que, depuis 19 mois, il a subi 9 inculpations pour outrages aux bonnes mœurs et incitations à la débauche. Ces poursuites sont présentées par Serge July comme des manœuvres visant à obtenir du journal « qu’il s’autocensure et revienne à une conception plus classique de la presse », c’est-à-dire au respect du partage traditionnel entre politique et sexe. Ce que visent le garde des Sceaux et le Parquet, c’est le dessèchement et la sclérose d’une presse trop innovante, une presse qui, en l’occurrence, « respecte le mouvement, les mouvements contradictoires et multiples de la vie », affirme-t-il. C’est la liberté de la presse qui est ici mise en péril, et Jean-Luc Hennig a cette formule : « on n’a pas eu Libération par la politique on l’aura par le cul »[25] [25] Libération, 1er mars 1979. …
    suite. Petites annonces demandant des mineurs de 12 à 18 ans, témoignages de lecteurs, dessins[26] [26] En particulier cette œuvre du groupe Bazooka reprise de…
    suite, ainsi qu’un article annonçant la naissance du Front de libération des pédophiles, paru en mai 1977, ont en effet été attaquées par le Parquet, au nom de la protection de l’enfance. Cette rafale judiciaire est interprétée par le quotidien comme la riposte des censeurs, de la société oppressive, de l’ordre moral à sa lutte révolutionnaire, le triomphe de France Soir ou de Minute, journaux bien pensants et réactionnaires.

    29 Libération n’est pas tout à fait isolé, cependant, dans cette défense de la pédophilie ; Le Monde, quoique plus prudemment, s’y livre aussi. Et plus prudemment, parce que le biais est ici plus strictement littéraire : c’est souvent via la critique de livres que la pédophilie émerge de l’océan de silence et de réprobation où elle gisait. En octobre 1976, un album publié par Schérer et Hocquenghem est ainsi salué : « les auteurs ne cachant pas que le corps des enfants — sexué, désirant, désirable, ludique — les intéresse. Leur livre n’est pas « à mettre entre toutes les mains » aurait-on dit naguère. On serait bien embarrassé, aujourd’hui, de préciser lesquelles. Celles des parents, peut-être. »[27] [27] Signé R.-P.D., Le Monde, 15 octobre 1976. …
    suite En novembre de la même année, c’est Gabriel Matzneff qui pose la question : « L’amour est-il un crime ? », dénonçant la longue détention provisoire dont sont victimes depuis trois ans un médecin et ses amis pour « une simple affaire de mœurs, où les enfants n’ont été victimes de la moindre violence, mais au contraire, ont précisé au juge instructeur, qu’ils étaient consentants et que cela leur avait été fort agréable ». Lui aussi plaide pour le respect des « pratiques sexuelles chez la très jeune fille ou le très jeune garçon ». Plus averti que ses compagnons, il invoque en revanche les articles 330 et 331 du Code pénal, complétés par des ordonnances vichyssoises et qui opèrent une discrimination entre l’hétérosexualité et l’homosexualité en matière d’attentat à la pudeur[28] [28] Le Monde, 7-8 novembre 1976. …
    suite. Deux ans plus tard, en 1978, le même récidive dans le compte rendu fait par Le Monde des livres du dernier ouvrage de René Schérer et Guy Hocquenghem : « sous le prétexte de « protéger » l’enfant, la société adulte trace autour de lui un véritable cordon sanitaire. […] Jadis on expliquait à l’enfant que la masturbation rendait fou ; à présent on lui apprend à se méfier des vilains messieurs et à les dénoncer à la police »[29] [29] Le Monde, 17 février 1978. …
    suite.

    30 Le ton commence à changer un peu l’année suivante sous la plume d’Eveline Laurent qui, quoique séduite et touchée par ceux qu’elle appelle « les nouveaux pédophiles », conteste néanmoins « la justesse de leur raisonnement ». « Est-il possible de croire totalement clairvoyant, par exemple, ce « touriste » quand il décrit Manille où la prostitution d’enfants s’exercerait sur un mode paradisiaque avec bénédictions (du père, de la grand-mère, du patron) à l’appui ? […] On retiendra ce qu’on voudra des propos de Françoise Dolto (drôlement traitée de « Savonarole des nurserys ») et pour qui toute séduction d’un enfant par un adulte laisse au premier un traumatisme ineffaçable, il semblerait en tout cas mal venu d’oublier totalement les liens unissant séquelles du colonialisme, prostitution et misère dans certains pays ». Du reste, le même jour et sur la même page, Roland Jaccard présente le premier livre de Nancy Huston, Jouer au papa et à l’amant. L’ouvrage, assez offensif, dénonce la bonne conscience hypocrite qui « sous la double bannière de la liberté d’expression et de la liberté du désir transforme les petites filles en femmes-objets »[30] [30] Le Monde, 31 août 1979. …
    suite. En 1980, pourtant, Roland Jaccard salue, dans Le Monde des livres, la dernière publication de Tony Duvert, L’enfant au masculin, avec ces mots : ce livre « traite d’un sujet qui chagrine les familles, indigne les vertueux, dérange les plus permissifs et choque même les professionnels du scandale : la pédérastie ». Et Jaccard loue cette « pensée si généreuse » qui débusque les « hypocrisies »[31] [31] Le Monde, 14 novembre 1980. …
    suite.

    31 Enfin, en 1981 encore, Philippe Sollers mêle critique et louanges à propos du dernier livre de Gabriel Matzneff. Reconnaissant en lui un libertin métaphysique, qui « réinvente la transgression, le scandale en se lançant à corps perdu dans l’aventure qui ne peut pas ne pas révulser la loi : la chasse aux mineurs », il ajoute : « Ce dernier point est probablement inacceptable. Il m’est complètement étranger. Je ne juge pas, je constate. Je vois que cela a lieu. J’essaye de comprendre cette fantaisie obstinée, peinte par ses illustrateurs comme un paradis ». Plus loin il explique comment la « pédérastie allusive de Gide [est] ici dépliée, déployée, industriellement décrite » et commente : « il y a dans tout cela quelque chose d’odieux et de sympathiquement puéril »[32] [32] Le Monde 25 septembre 1981. …

    (source)