Posté le Mardi 16 mars 2010 par sil
Tout d’abord, Hamon et Cohn Bendit ne manquent pas de toupet en prétendant que c’est parce que l’UMP a organisé le débat sur l’identité nationale que le FN remonte ! on ne voit pas la logique de ce raisonnement car si les électeurs avaient été satisfaits de la manière dont l’UMP a mené le débat eh bien ils auraient voté UMP ! Or, c’est bien parce que l’UMP a fait une politique de gauche dans plusieurs domaines que les anciens électeurs du FN sont revenus dans son giron.
Idem, et ce pour des ex-électeurs libéraux, c’est bien parce que l’UMP fait une politique étatiste conservatrice qu’ils se sont abstenus puisque la politique de l’Etat Providence (abandonnée sous…Clinton et Blair) appauvrit jusqu’à la classe moyenne et créé une société d’assistanat qui loin d’être reconnaissante se manifeste bruyamment par l’accroissement des incivilités et le communautarisme. Hamon et Cohn Bendit, mais ils ne sont pas les seuls, prennent les électeurs pour des zombis qui peuvent être chauffés à blanc, conditionnés, pour voter mécaniquement vers les extrêmes alors qu’ils peuvent être tout simplement être déçus des promesses non tenues.
Et même, si cela était vrai est-ce que le conditionnement expliquerait la montée de l’autre extrême, euro-écologie? Le matraquage idéologique sur ledit réchauffement, la signature du pacte Hulot etc, pourraient aller dans le sens. Sauf que c’est plus subtil. Car cela part d’un bon sentiment, sauver la Terre, l’air que l’on respire, les petits oiseaux, alors qu’en réalité c’est sournois, comme ce gentil joueur de flûte qui amène le troupeau de Panurge à la falaise. Dans un monde chamboulé par la modification des moeurs en général, de la mondialisation en particulier, presque personne ne voit que c’est un totalitarisme, les khmers verts, les ayatollah de l’écologie politique disait-on il n’y a pas si longtemps.
C’est en effet un extrême, (qui est né à l’extrême droite en Allemagne dans les années 30 en lutte déjà contre le libéralisme et prônant l’ère végétarienne) sauf que personne ne s’en aperçoit tant c’est bien caché, alors qu’Europe-écologie veut de plus en plus saper ce sur quoi repose la modernité française : laïcité et développement. Les écolo veulent en effet le communautarisme et la décroissance, c’est-à -dire l’éclatement de la République française et l’austérité ; on le voit bien dans le débat sur l’islam, identifié désormais par eux aux Lumières, et que récupère le FN considéré par certains comme un rempart.
Il est dommage que les commentateurs socialisants et proches des courants ex-gaullistes en rabattent donc seulement sur le renouveau du FN alors qu’ils tiennent, hormis l’immigration, le même discours sur le libéralisme, le protectionnisme, le communautarisme, (soft bien sûr dans un premier temps) etc, or c’est précisément parce qu’il n’y a pas eu un réel tournant libéral (sans remettre en cause la solidarité) qui a grevé et grève de plus en plus les chances pour la France…et l’a poussé vers l’abstention. Hulot est tout autant dangereux que Le Pen. Cohn Bendit, Duflot, également, mais cela ne se voit pas. Voilà le drame. Et c’est l’UMP qui a scié la branche sur laquelle elle pensait pourtant être bien assise depuis 2007.
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3 réponses à “« Sur la montée des extrêmes : FN et Euro-écologie » par Lucien S.A Oulahbib”
21 mar 10 à 04:54
« Tout d’abord, Hamon et Cohn Bendit ne manquent pas de toupet en prétendant que c’est parce que l’UMP a organisé le débat sur l’identité nationale que le FN remonte ! »
Hé bien ! en voilà un de réaliste, merci pour cet article sil ! (je sais, je le dit souvent, mais bon…)
Pour ce qui est du identité nationale = remontée du FN, Jean François Kahn s’y est mis aussi sur son blog.
17 mar 10 à 01:18
Lucien Oulahbib dit en effet beaucoup de choses justes et il a le courage d’être à contre-courant, mais il écrit… un peu vite (pour dire les choses de la façon la plus bienveillante possible).
16 mar 10 à 23:29
Analyse intéressante. Dommage qu’il y ait télescopage entre « le joueur de flûte de Hamelin » et les moutons de Panurge, qui ont été jetés à la mer, et non du haut d’une falaise! Cette critique formelle peut mettre en cause, chez certains esprits pervers, la fiabilité de l’ensemble…






