Posté le Jeudi 11 mars 2010 par jc durbant
Petite ville isolée, toxi-infection alimentaire inexpliquée, convergence (plusieurs personnes développent des symptômes indépendamment les unes des autres.), déclencheur (l’occurrence ou la perception d’un événement précis et inhabituel ou souvent une odeur étrange), contagion (propagation soit par rayonnement via les travailleurs-euses voisins soit par le réseau des individus intimement liés), contexte de tension sociale ou internationale (crises sociales ou économiques, guerres, bouleversement sociaux ou religieux, etc.), manifestations de la somatisation étrangement récurrentes voire stéréotypées (douleurs et malaises musculo-squelettiques, difficultés à respirer, nausées, faiblesses, étourdissements, maux de tête, embrouillement de la vision), scènes d’hallucinations tout droit sorties du Moyen Âge (maladies dansantes ou danse de St Gui, intoxications ergotées, « feu Saint-Antoine ou mal des ardents » ?) …
Et si la mystérieuse épidémie de folie collective de la ville natale du fondateur de l’Ordre du temple solaire n’avait été qu’une énième forme d’hystérie collective?
Dernière aubaine, pour nos conspirationnistes, que cette ressortie 60 ans après de la mystérieuse épidémie de folie collective qui avait touché en 1951 la petite ville du sud de la France de Pont Saint Esprit (500 personnes, cinq décès dont deux par suicide).
…
Où après avoir accusé, comme le rappelait il a deux ans le spécialiste mondial du pain, l’historien de Cornell Steven Kaplan (lui-même fils de vctime de chasses aux sorcières), le boulanger et son mitron puis le « pain maudit » et l’ergot de seigle ou enfin un fongicide de la farine, des « mycotoxines » des moisissures de silos à grain ou un produit blanchisseur de pain, on accuse à présent…. la CIA!
Qui, selon le récent livre du journaliste d’investigation américain HP Albarelli Jr. (« A Terrible Mistake: The Murder of Frank Olson and the CIA’s Secret Cold War Experiments, Une terrible erreur : L’assassinat de Frank Olson et les expériences de guerre froide secrète de la CIA »), y aurait testé le LSD comme arme de guerre par pulvérisation aérienne, d’où les hallucinations.
Sauf que le LSD (synthétisé, lui aussi à partir de l’ergot de seigle de nos socrières) n’expliquerait pas les troubles digestifs (nausées, brûlures d’estomac, vomissements) constatés …
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12 réponses à “Conspirationnisme: Alors, faute du nom du mal, on accuse la CIA (Pont Saint Esprit’s 1951 mass hysteria incident: When all else fails, blame the CIA)”
13 mar 10 à 13:37
« Comme cette pénible maladie (une furonculose) me gêne beaucoup dans mon travail, je spécule (…) en partie sur des bons du Trésor américains, mais surtout des actions anglaises qui, cette année, poussent comme des champignons, que l’on fait grimper de façon inconsidérée et qui, ensuite, la plupart du temps, font la culbute. J’ai gagné de cette façon 400 livres. » Karl Marx
13 mar 10 à 13:35
« On se demande d’ailleurs pour quelles raisons mystérieuses aucun dirigeant politique européen ne songe à engager des poursuites judiciaires contre les anciens ministres des finances grecs et les responsables d’Eurostat. Pour mémoire, Jeffrey Skilling, le PDG d’Enron, ce courtier en énergie qui fit faillite après avoir pendant des années présenté de faux bilans aux investisseurs, a écopé de vingt-quatre années de prison. »
13 mar 10 à 13:34
« Mohamad Mahathir, furieux de la chute du ringgit, avait dénoncé « le complot juif new-yorkais » ourdi par M. Soros, à qui il avait promis le sort des « vers qui se tortillent sous un soleil brûlant« . »
12 mar 10 à 23:20
Cher JC, vous oubliez que les juifs sont responsables de TOUT. Et de son contraire, éventuellement…
12 mar 10 à 13:43
Moi, je croyais que les juifs, c’était plutôt la traite des Blanches, « dans les cabines d’essayage des magasins de lingerie féminine, prises en charge par un sous-marin remontant la Loire » …?
Et ce de 1959 à 1969, et de Paris à Toulouse, Tours, Limoges, Douai, Rouen, Lille, Valenciennes, Dinan, Laval, Mans, Orléans, Poitiers, Châtellerault, Grenoble, Amiens, Strasbourg, Chalon-sur-Saône et de 1985 à 1992, de Dijon et La Roche-sur-Yon à Québec, Rome, Montréal, la Corée…
Mais l’hypothèse « mixte » (qq cas d’ergotisme ou autre amplifiés par contagion mimétique et hystérie collective) me semble effectivement tout à fait vraisemblable …
12 mar 10 à 12:44
Mais non, c’est le mossad, dans la tradition des juifs qui empoisonnaient les puits dans la région…
12 mar 10 à 05:44
Moa j’vous dit qu’c'est la CIA !
Zavaient des bases en Allemagne et au Japon, les Ricains, et c’est pour cela quizont choisis un coin paume en France! Moa j’vous dit!
12 mar 10 à 02:39
..je ne connaissais pas cette histoire, mais à la lecture, je dirais que l’hystérie collective ne colle pas bien à certains symptômes, en particulier certaines hallucinations; je pencherais plus volontiers pour une intoxication alimentaire de type « ergot de seigle », quitte à ce que les symptômes diffusent à un grand nombre d’individus par contagion hystérique pure.
Mais, après tout, aux toxicologues de répondre
11 mar 10 à 17:37
Un petit complement s’impose
11 mar 10 à 17:24
Video de l’INA
11 mar 10 à 17:18
J’ai bien rigolé en apprenant cela et surtout la thèse de la CIA. Même sur BFM, on (Harold Hyman) a traité le sujet avec le plus grand serieux du monde…
11 mar 10 à 16:18
Morceaux choisis:
« Plus d’un siècle après que Charcot a démontré que les hystériques n’étaient pas des simulateurs et que Freud a découvert l’inconscient, il nous est difficile d’accepter que nos souffrances puissent être à la fois réelles et sans cause matérielle. »
Georges Saline (responsable du département santé environnement de l’INVS)
« Chacun a bien compris que « syndrome du bâtiment malsain » est la traduction politiquement correcte d’ « hystérie collective ». »
Le Monde
« Alors, faute du nom du mal, on veut connaître celui de l’homme responsable. Les versions les plus abracadabrantes circulent. On accuse le boulanger (ancien candidat RPF, protégé d’un conseiller général de De Gaulle), son mitron, puis l’eau des fontaines, puis les modernes machines à battre, les puissances étrangères, la guerre bactériologique, le diable, la SNCF, le pape, Staline, l’Église, les nationalisations. »
Steven Kaplan
« Tout ce que je vois dans ces documents, c’est que la CIA s’intéresse à ce qui se déroule à Pont-Saint-Esprit. Mais dans le contexte de la guerre froide, où chaque camp mène des expériences, c’est logique. Et puis, politiquement, je n’imagine pas les Etats-Unis prendre le risque de faire ça en France, d’autant que la CIA a prouvé qu’elle pouvait faire ce genre de tests sur son territoire. »
Steven Kaplan
« L’historien montre très bien comment cette ténébreuse affaire a permis à certains, en faisant circuler les rumeurs et les calomnies, de régler de vieux comptes ou de se faire de la publicité. C’est là l’autre volet de ce scandale du « pain maudit ». Celui de son exploitation corporatiste et politique. Corporatiste, car les événements de l’été 1951 ne manquèrent pas de mettre en évidence les dysfonctionnements de la filière « blé-farine-pain », ainsi que de raviver la méfiance séculaire entre boulangers et meuniers, les premiers accusant volontiers les seconds de leur fournir une farine de qualité douteuse. Politique, enfin, car dans un pays où les pouvoirs publics veillent depuis toujours à la bonne répartition des céréales, l’affaire ne pouvait que renvoyer l’Etat à l’un de ses devoirs traditionnels : garantir à la population du pain en quantité suffisante et de bonne qualité. Telle est sans doute la clé du retentissement extraordinaire du drame de Pont-Saint-Esprit : un banal fait divers qui, l’espace d’une saison, replongea une France encore marquée par la pénurie (les tickets de rationnement ne furent supprimés que deux ans plus tôt) dans des angoisses d’un autre âge. Comme un intempestif parfum d’Ancien Régime au temps des « trente glorieuses ». »
Thomas Wieder
« En 1951, l’Office national interprofessionnel des céréales (ONIC), administration née avec le Front populaire, règne sur l’organisation de l’approvisionnement. Corporatiste, sa gestion associe les syndicats de la meunerie et de la boulangerie. Renforcé par la guerre, puis par les difficultés de ravitaillement qui la suivent, l’ONIC doit assurer à la fois de bons tarifs aux producteurs de blé et des prix bas aux consommateurs de pain. Problème politique quasi insoluble. L’ONIC fixe les tarifs et répartit la farine sur le territoire entre les départements excédentaires et déficitaires (la denrée empoisonnée du Gard vient de la Vienne). Défaillant, l’ONIC se révèle aussi coupable. Dans plusieurs départements approvisionnés, la qualité déplorable de farines à la couleur, à l’odeur et au goût douteux a suscité des cris d’alarme. Non seulement ils ne sont pas entendus, mais l’ONIC pousse toujours à accroître la production en maximisant le taux d’extraction et en ajoutant les farines d’autres céréales. La responsabilité est voilée par les autorités politiques. Le marché aurait-il été plus « efficient », selon le langage prisé par nos managers ? L’empoisonnement de Pont-Saint-Esprit et d’autres ont plus été provoqués par la recherche du profit de meuniers indélicats que par l’obéissance aux injonctions d’un office obsédé par la quantité. »
Alain Garrigou





