Posté le Mardi 9 mars 2010 par jc durbant
19 millions d’électeurs sur 30 millions d’habitants, 18 provinces, 74 partis, 12 coalitions, 6 218 candidats dont 1 801 femmes pour 325 sièges, 62, 4% de participation (après 76% en 2005), résultats serrés …
Au lendemain des deuxièmes élections législatives de la première république arabe pétrolière du monde …
Où tout un peuple vient à nouveau de montrer son enthousiasme pour la démocratie …
Retour, avec le WSJ, sur ces enfants gâtés de la démocratie qui, après les critiques incessantes des années de guerre, continuent à faire la fine bouche …
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12 réponses à “Irak/7e: Choisiriez-vous, pour vous-même, la botte? (Would you, for yourself, choose the boot?)”
9 mar 10 à 10:59
Le texte de Dos Passos, au delà d’une analogie avec les propos tenus par les « enfants gâtés de la démocratie » sur l’Irak, pourrait également servir de support à une autre thèse: après tout, les peuples habitués à la dictature ou au despotisme( même sous forme « éclairé ») préfèrent leurs chefs oppressifs à des libérateurs; mieux encore, les peuples habitués à la contrainte ( comme les peuples européens, contrairement à une idée reçue) AIMENT leurs dictateurs…..
9 mar 10 à 10:27
Eh oui, la terreur et la famine commençaient à s’installer.
9 mar 10 à 10:25
« Nous ne sommes plus en 1945 ou en 1953″…
Ou même en 1946!
« Jamais le prestige de l’Amérique n’a été aussi bas en Europe. Les gens n’arrêtent pas de se plaindre de l’ignorance et de la brutalité des troupes américaines, de notre méconnaissance des conditions en Europe. Ils nous disent que notre dénazification systématique en Allemagne produit des résultats opposés à ceux que nous avions prévus. Nous avons balayé l’hitlérisme, mais beaucoup d’Européens estiment que le remède est bien pire que le mal. »
John Dos Passos (Life, le 7 janvier 1946)
9 mar 10 à 10:08
Non, mais les pauvres Coréens du Sud, Japonais, Allemands, Italiens, etc., souffrent toujours, réduits qu’ils ont été à l’état de misère endémique par la pax americana. Et quand on pense qu’en Corée, au nord du 38ème parallèle, le soleil radieux se lève tous les jours sur les fleuves de miel et de vin, les montagnes de blé et d’avoine, les prairies de cochons et de veaux, que la collectivisation des terres a apporté à ce peuple libre et prospère…
9 mar 10 à 09:50
Je ne suis pas tout à fait de l’avis de gwb, mais ce qu’il a dit mérite d’être pris en compte; la « souveraineté démocratique » ( pour faire court), à elle seule, suffit t’elle à rétablir une fierté?
Que ce soit à tort ou à raison, un certain nombre d’irakiens n’ont t’ils pas le sentiment d’avoir troqué une oppression dictatoriale certes mais locale contre une dépossession « étrangère ».
Les kurdes ne sont t’ils pas les grands gagnants, au détriment des autres?
9 mar 10 à 09:43
Nous ne sommes plus en 1945 ou en 1953…
9 mar 10 à 05:47
Et ce n’est pas tout, pensez à un pauvre pays comme la Corée du Sud, après l’armistice de 1953 et l’occupation US, transformé en pays rural, sans industrie, misérable, avec des famines à répétition et un régime de terreur…
9 mar 10 à 05:42
Décidément, gwb raisonne en arabe: Les pays arabes ont été victorieux dans toutes les guerres qu’ils ont perdu… Il pratique comme eux le grand jeu de qui perd gagne!
9 mar 10 à 05:36
Ah là là , s’ils avaient gagné, on pourrait conduire des Toyotas ou des BMW, au lieu de ces maudites brouettes Ford qui tombent sans arrêt en panne.
9 mar 10 à 05:34
C’est vrai que le Japon et l’Allemagne ont perdu leur souveraineté industrielle et économique. GM, Chrysler et Ford dominent sur ces deux marchés…Mdr.
9 mar 10 à 05:17
Devenir souverain démocratiquement et perdre sa souveraineté militiare, politique, industrielle et économique. C’est le prix de la Pax Americana.
9 mar 10 à 03:20
Morceaux choisis:
« Si vous désirez une image de l’avenir, imaginez une botte piétinant un visage humain… éternellement. »
George Orwell
« La tyrannie est vraiment une horreur: un immense crime sans fin, infiniment sanglant, infiniment douloureux, infiniment varié, non pas contre l’humanité dans l’abstrait mais contre un grand nombre d’êtres humains en chair et en os. Elle est, comme Orwell l’a écrit, une botte piétinant un visage humain éternellement. Je comprends pourquoi certains détestent l’idée et craigne les implications d’une Amérique libératrice. Mais je ne comprends pas pourquoi ils ne voient pas que tout vaut mieux qu’une vie passée avec le visage sous la botte. Et que n’importe quelle libération d’un peuple sous la botte (que celui-ci soit afghan, koweitien ou irakien) est quelque chose de désirable. Même si la libération est moins que parfaite. Même si le libérateur est un grand balourd, violent, autoritaire et égoïste. Ou, choisiriez-vous, pour vous-même, la botte? »
Michael Kelly (février 2003)
« Alors, l’Irak, c’est quoi au juste aujourd’hui? Est-ce un brillant effort de l’Armée américaine qui a déposé Saddam, vaincu une insurrection, aidé à éliminer des milliers de terroristes d’Al-Qaeda et aidé à accoucher un gouvernement consensuel et viable ? Ou est-ce toujours la « guerre de Bush » qui, par on ne sait quel mystérieux et pourtant implicite processus, s’est transformé en « plus grand succès » d’Obama? »
Victor Davis Hanson
« Si la direction américaine enchaîne erreur sur erreur en Irak, les Européens, et les Français en particulier, sont encore plus idiots car ils ne déterminent leur position qu’en fonction de Washington. Ils ne tiennent aucun compte de l’Irak et de ses habitants. Les Irakiens pensent que l’Europe et la France les ont doublement lâchés, d’abord face à Saddam, puis face à l’occupation américaine. La France n’est intéressée que par sa position antiaméricaine. Elle oublie les Irakiens. Chirac et Villepin doivent comprendre qu’aucun Irakien ne juge que leur position est courageuse… Qu’a fait la France pour aider l’Irak à se libérer du dictateur, puis pour aider l’Irak à retrouver sa souveraineté ? Rien! »
Fakhri Karim (directeur de journal irakien)
« J’ai été extrêmement choqué par l’opposition de la France à la guerre parce que, même si personne n’aime Bush, ni en Europe ni en Irak, l’essentiel était de nous libérer de Saddam. Je n’ai rien compris à la politique française. Sans parler de l’après-guerre où, une fois que tout est fini de toute façon, les Irakiens ont besoin d’aide face à l’insécurité, à la misère, et où la France est absente. »
Hilmi Dawood (journaliste kurde)
« Une fois que la guerre a été achevée, nous avons vu que les promesses de la France d’aider le peuple irakien n’étaient que du vent. Rien n’est venu. La politique de la France, ce sont des belles paroles, et aucune efficacité. »
Bilal (étudiant sunnite en sciences politiques)
« Je crois que la France n’était opposée à la guerre que parce qu’elle défendait ses propres intérêts, parce qu’elle était l’amie et recevait des cadeaux de Saddam. »
Mounaf (étudiant sunnite)
« C’est le même malentendu qui continue entre l’Europe et l’Irak après les attentats de Madrid. L’Europe, antiaméricaine et pacifiste, célèbre le retrait espagnol d’Irak, comme si elle venait de remporter une grande victoire ! Nous, Irakiens, pensons que le refus de la France et de l’Allemagne de nous aider, et le départ annoncé de l’Espagne sont une catastrophe. Pour que nous retrouvions nos esprits après les décennies terribles de Saddam, pour que nous sortions de ce tête-à -tête avec les Américains, nous avons, aujourd’hui plus que jamais, besoin des autres pays. L’ONU, l’Europe et la France n’avaient déjà pas beaucoup de crédibilité en Irak, mais elles ont tout perdu depuis un an en laissant Bush, que nous détestons par ailleurs, être l’unique tombeur de Saddam, puis en n’arrivant pas à notre rescousse une fois la guerre finie. »
Journaliste de Bagdad (mars 2004)
« Cette guerre ne vaut pas un doigt d’un seul enfant. »
Julian Barnes (avril 2003)
« Quiconque sortira pour participer à cette journée, défiant la loi de Dieu et ses mises en gardes claires, s’expose à sa colère et aux armes des moudjahidin. »
La branche irakienne d’Al-Qaeda
« Je ne pense pas que nous saurons si nous avons été victorieux en Irak avant trois, cinq ou même 10 ans. »
Général Ray Odierno (commandant des troupes américaines en Irak)
« L’Irak (…) pourrait être l’un des grands succès de cette administration. »
Joe Biden (10.02.10)
« Je salue le succès historique de ce scrutin pour votre pays. Les Irakiens ont pris en main leur destin et ont organisé ces élections démocratiques de manière remarquable. Les terroristes ont échoué à faire dérailler le processus électoral. Malgré les violences qui ont endeuillé ce jour d’élection, le peuple irakien, hommes et femmes, a refusé de se laisser intimider. »
Nicolas Sarkozy
« Les Irakiens ont donné au monde une leçon de démocratie en votant en masse malgré un climat de violence persistant qui s’est traduit par plusieurs attentats sanglants. Le résultat de ces législatives demeure très incertain » …
Le Figaro
« Sept ans après l’invasion du pays, la chute de la dictature et la barbarie qui s’ensuivit, la saison des espoirs est arrivée en Irak, n’en déplaise aux fanatiques qui continuent d’endosser des gilets explosifs et de poser des bombes. (…) Après tant d’années de dictature, de guerre et de violences, un espoir luit en Irak. La démocratie y est encore fragile, mais le scrutin de dimanche est une nouvelle étape vers la réconciliation, qu’il faut saluer comme telle. »
Le Monde (06.03.10)
« Un vote entre treillis et confessions »
L’Humanité (le 06.03.10)
« Aucune des questions les opposant n’a été résolue. Les sunnites refuseront toujours de vivre dans leur pays en tant que minorité soumise à un gouvernement «chiite» qu’ils récusent. Le système mis en place par les Américains va empêcher les acteurs politiques de s’émanciper du confessionnalisme. (…) L’Irak va demeurer sous l’influence américaine. Les Etats-Unis rapatrient leurs GI, mais laissent derrière eux une armée de mercenaires de sociétés de sécurité privées plus nombreux que les GI, des institutions et une Constitution votées à un moment où le pays n’avait aucune souveraineté, ainsi qu’une classe politique qui s’est partagé les postes et fonctions à la faveur de ces institutions et qui n’est pas prête à lâcher les avantages du pouvoir. Non, ce scrutin n’est pas crucial pour l’Irak, même s’il va être un test de la capacité de la classe politique irakienne à stabiliser un tant soit peu le système qui l’a portée au pouvoir. (…) Al-Qaeda a perdu son pari d’OPA sur les Arabes sunnites. N’ayant pas d’agenda irakien autre que celui de pousser les sunnites à une guerre perpétuelle contre les chiites, les jihadistes n’ont pu empêcher le retournement des miliciens sunnites vers les conseils de réveil, armés et financés par les Américains. Mais l’échec du système politique est son meilleur atout. Les réflexes tribaux lui fourniront toujours assez de kamikazes et de poseurs de bombes. »
Pierre-Jean Luizard (spécialiste du monde arabe, dans Libération, 08.03.10)





