Posté le Lundi 8 mars 2010 par sil
« Ce à quoi les djihadistes sont le plus hostiles », par George Jonas
Bien sûr, les islamistes radicaux sont contrariés par les infidèles et par l’existence d’un état juif. Mais que détestent-ils le plus ? Le féminisme.
Dans une interview publiée sur Internet le mois dernier, on demande au Dr Tawfik Hamid, un médecin né au Caire qui se décrit comme ancien djihadiste, pourquoi il a failli devenir terroriste. Il répond que c’était sous l’influence « d’une certaine forme [fondamentaliste] d’enseignement religieux » qu’il a rencontrée à l’université.
« Ce n’était pas la pauvreté, explique-t-il, je venais d’une famille aisée. Ce n’était pas le défaut d’éducation, j’étais à la faculté de médecine, mon père était chirurgien orthopédique et ma mère professeur de français, et tout ça n’était donc pas en cause… C’était pour l’essentiel une forme religieuse d’enseignement qui nous ordonne de recourir à la violence contre les non-musulmans ou contre les musulmans qui ne se conforment pas à notre système de valeurs ».
Plus loin, en réponse à la question lui demandant de désigner « l’ennemi » — l’Occident, les non-musulmans quels qu’ils soient, les juifs ? — le Dr Hamid est très clair : « L’Occident, mais tout particulièrement les droits des femmes. Pour nous, le premier ennemi c’était les droits des femmes ».
Il ajoute qu’il est étrange que le féminisme ait été la pire détestation des djihadistes, mais que c’était pourtant la réalité. Et il insiste : c’est pour cette raison que, partout où « un groupe [islamiste] radical » prend le pouvoir, sa première action est d’opprimer les femmes. «Immédiatement, avant toute autre chose, ils ordonnent aux femmes de ne pas sortir et de porter le hijab… »
Si le Dr Hamid dit vrai, et je crois que c’est le cas, quelles leçons pouvons-nous en tirer ?
Aucune, j’en ai bien peur, que nous puissions traduire en actions politiques immédiates. Puisque les universités n’ont pas les moyens matériels d’intercepter les djihadistes, nous n’allons pas cesser de former les gens ni d’essayer de les faire réussir, tout simplement parce que l’éducation et la réussite ne les empêchent pas de devenir djihadistes. De même, nous n’exclurons pas les femmes d’une égalité des rôles dans la société moderne juste pour apaiser les sentiments des talibans et analogues.
Mais s’il est difficile de trouver des mesures de prévention ou de protection en se fondant sur l’expérience du Dr Hamid, ses observations peuvent peut-être orienter notre recherche des « causes profondes » du terrorisme islamiste de manière plus fiable que la plupart des slogans teintés de marxisme qui régissent notre pensée. Il est important de noter que la pauvreté et l’ignorance, si elles peuvent aggraver la « talibanisation » de l’islam, n’en sont pas la cause.
Cela n’a rien de nouveau, mais il est bon d’avoir confirmation du fait que les djihadistes ne surgissent pas seulement sous l’effet de l’ignorance et d’un statut économique défavorisé, comme voudrait nous le faire croire le dogme « progressiste » : tout aussi souvent ils sont passés par l’université, qui recrute parmi les rejetons des classes cultivées et aisées.
Il n’est pas tout à fait surprenant de noter que le féminisme se situe, parmi les griefs de l’islamisme militant, plus haut que la disparition historique du Califat ou de l’Empire ottoman, ou même que la « catastrophe » de la création d’un état juif au Moyen-Orient. Les cultures, comme les gens, tolèrent souvent mieux la blessure que l’insulte. Et alors que durant la première moitié du XXième siècle il était blessant pour les croyants de voir que par ses avancées dans tous les domaines l’Occident surpassait complètement l’Oumma (c’est-à -dire la communauté musulmane mondiale), pendant la seconde moitié du siècle, l’émergence du féminisme, quant à elle, fut perçue comme une insulte, comme la goutte d’eau qui fait déborder le vase.
Les musulmans auraient peut-être pu supporter que la modernité relègue leur culture derrière les succès perpétuels de la civilisation occidentale, mais ils n’ont pu tolérer la remise en cause de leur statut patriarcal domestique. Leur fibre fanatique, tenue serrée par la réduction territoriale, technologique, militaire, géographique et économique de l’islam au cours des quatre siècles précédents, a pris le dessus lorsqu’elle s’est trouvée titillée sous leur propre toit par leurs épouses et leurs filles.
La quête du libéralisme, à savoir répandre la richesse, la puissance, la situation de privilège et la connaissance, constitue une entreprise qui en vaut la peine pour elle-même, mais elle n’a guère de pouvoir pour soulager le traumatisme culturel. Les antibiotiques ne peuvent rien sur un cÅ“ur brisé. L’offre d’une plus grande liberté ne passe pas forcément bien dans un monde dont le nom même — islam — signifie soumission. Les programmes occidentaux de libération, de redistribution et d’éducation rappellent l’illusion de l’irrigation aux débuts du sionisme, selon laquelle « si les juifs font fleurir le désert, les arabes les accueilleront volontiers ». Ce n’est pas ainsi que les choses se sont passées.
Les effets secondaires imprévus de toute action se révèlent souvent plus importants que les effets principaux attendus. Ce n’est pas une découverte à ébranler le monde : les conséquences inattendues peuvent être aussi importantes que celles qu’on envisageait, voire plus. Peu de gens auraient imaginé qu’un groupe de femmes brûlant leur soutien-gorge à Central Park dans les années 60 contribueraient à déclencher 40 ans plus tard un choc total de civilisations avec effondrement de gratte-ciels à Manhattan.
Aujourd’hui encore, peu de gens voient le lien entre la montée du féminisme et le militantisme islamiste, ou rejettent cette idée avec insouciance même quand quelqu’un comme le Dr Hamid attire l’attention sur ce fait. Ils préfèrent poursuivre la chimère de la sagesse populaire de gauche, et débiter des sottises sur la pauvreté, le retour de bâton contre l’impérialisme, les colonies israéliennes, le défaut d’éducation, et tout le reste.
Grossière erreur, à mon avis.
À propos, pourquoi le Dr Hamid a-t-il quitté les djihadistes ? C’est intéressant. Quand on lui a demandé de faire quelque chose de cruel, il s’est rendu compte qu’il ne pouvait pas. La foi qui l’avait envoyé sur la voie du terrorisme est sans doute celle-là même qui a arrêté son action. Il semble s’être rappelé que Dieu est pardon.
Source : What jihadists oppose most, par George Jonas, National Post, 9 décembre 2009 Traduction par Poste de veille.
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6 réponses à “Journée de la femme : selon Tawfiq Hamid, le féminisme est le premier ennemi des djihadistes”
11 mar 10 à 09:24
« Si tu veux connaître les coeurs, sonde les reins »
Walter Georg Groddeck,
9 mar 10 à 15:17
Il me semblait que le droit islamique pondu par Mahomet lui-même garantissait la moitié de l’héritage prévu pour l’homme.
9 mar 10 à 12:41
Oui enfin, ça dépend de quoi on parle quand on dit « féminisme ».
9 mar 10 à 12:37
C’est clair. Et le droit des femmes est notre arme la plus puissante. Mark Twain et Faulkner l’ont exprimé par rapport au racisme après la guerre de Sécession aux USA. Les blancs pauvres n’avaient d’autre fierté que d’avoir un statut supérieur à celui des Noirs. Si on leur enlevait ça, ils perdaient tout respect d’eux mêmes. Autant mourir.
Aussi, pour les cultures paternalistes comme la culture musulmane, que les femmes soient les égales des hommes implique carrément que les hommes ne sont meilleurs que personne. Autant dire qu’ils ne sont rien. Voilà pourquoi on se tue contre la modernité. C’est à dire contre l’Amérique qui symbolise cette modernité, Modernité qui permet surtout le droit des femmes.
9 mar 10 à 10:43
Conforme à la sharia.
9 mar 10 à 07:30
Petite info que l’ImMonde et autres ont du obliterer: l’Ordre Nouveau de Gaza a decide d’annuler tout droit hereditaire aux femmes….
Allez donc explqez aux co,,,,,rds de l’NPA





