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Les « dérouilleurs », le premier réseau qui huile les rouages avec de la rouille (« mets de l’huile » bon sang)

Posté le Dimanche 31 janvier 2010 par sil

Au risque de faire hurler certains, apprenez que je n’ai absolument rien contre les « dérouilleurs » ce réseau islamique d’entraide communautaire. Et pourquoi n’ais-je pas envie de mettre une dérouillée au dérouilleurs ? C’est très simple. Parce que même les petits gars autonomes dans mon genre reconnaissent qu’il n’est pas toujours utile de contrarier certaines prédispositions humaines (excès de celles-ci mis à part).

C’est que le fonctionnement en réseau, ça doit bien remonter à la plus haute Antiquité. Un fonctionnement que n’a pas altéré notre république dite égalitaire. Car ce ne sont pas les exemples de réseaux d’entraide communautaire qui manquent en France. Rappelez-vous en effet certains auxquels les gens pensent peu : le réseau d’entraide breton, normand, auvergnat, corse, très actifs, il fut un temps, à Paris. Apprenez aussi que même les concierges et les femmes de ménage portugaises, espagnoles, ou yougoslaves fonctionnent en réseau, s’entraidant ou se donnant des informations sur les places disponibles. Aussi pourquoi de jeunes diplômés issus de la communauté musulmane ne se fileraient pas un coup de main de fatma s’ils le souhaitent.

Par contre une chose me chagrine voire m’agace. Pourquoi sont-ils encore obligés de justifier cette initiative par de la victimisation paranoïde? « Les autres, ils le font, alors nous qui subissons les réseaux des autres et bien nâ, nous allons faire le nôtre, re-nâ ! ». Bonjour la motivation de losers, une triste façon de vouloir huiler les rouages du système avec de la rouille, ce qui risque de ne produire rien de bon à part encore plus d’isolement et de victimisation. Mets de l’huile, bon sang ! Reg’SIL

« Le communautarisme assumé des « Dérouilleurs » par Stéphanie Le Bars pour Le Monde.

L’endroit a des allures de salle de bal, la musique en moins. Le long des murs, des tables proposent cacahuètes, bonbons et boissons sans alcool. Au fil de la soirée, l’espace se remplit de convives dûment badgés, affichant leur prénom, leur fonction et leur entreprise.
On y croise Fatiha, comptable chez Vinci, Djamila de La Poste, Mustapha, ingénieur, Ayoub, étudiant ou Lamine, contrôleur de gestion. On y parle, en français, « d’opportunité de carrière », « du débat sur l’identité nationale » ou « de finance islamique ».

Zoubeir Ben Terdeyet, costume gris et visage poupin, accueille les nouveaux, salue les habitués, présente les uns aux autres. Le jeune consultant en finance islamique est le maître d’oeuvre de la soirée, destinée aux diplômés de culture musulmane.

Il y a six ans, ce fils d’un chauffeur de bus d’origine tunisienne a tiré les conclusions de ses difficultés à décrocher des stages puis un emploi, malgré son DESS, et créé Les Dérouilleurs.

Pied de nez au cliché du « jeune de banlieue qui rouille en bas des immeubles », l’association s’inspire du « monde des réseaux » découvert par Zoubeir durant ses études d’économie. Il organise un « réseautage » communautaire pour aider les jeunes d’origine modeste, immigrée et musulmane à intégrer le milieu professionnel, démontrant au passage que « l’ascenseur social n’est pas en panne partout ».

Depuis, son intuition a rencontré un besoin. Plus de 300 jeunes diplômés de culture musulmane ont assisté à la soirée bisannuelle de l’association. Organisée il y a quelques jours, à Paris, la rencontre n’a pas échappé au débat qui prospère depuis des semaines sur la place de l’islam en France.

« Un ras-le-bol »

Venus pour échanger des contacts, des clients, des offres de stages ou d’emploi, témoigner de leur parcours et profiter au passage d’un entre-soi propice aux rencontres sentimentales, les cadres et étudiants évoquent spontanément un « climat pesant » par rapport à l’islam, « des amalgames inquiétants » et « un ras-le-bol » face aux débats en cours.

« On trouve cela plus pathétique qu’autre chose », témoigne Yamina, courtière en Bourse. « Tout ce qu’on entend montre un tel manque de connaissance sur l’islam, déplore la jeune femme. Nous, nous voulons juste avancer ; on a tellement de choses à construire en France ! »

« Je suis frappée par les aberrations que j’entends, y compris, chez mes collègues, censés être plus ouverts et tolérants que la moyenne », ajoute Hanissa, une enseignante. « Quand je leur parle de l’islam, ils me disent toujours : toi, tu es une exception ! », se désole-t-elle. « On a beau se sentir d’abord Français, puis musulman ; dans le regard des autres on est musulman et éventuellement Français », ajoute Abdelmajid, étudiant en finances.

Dans ce contexte, tous assument la démarche « communautariste » de l’association et en renvoient la responsabilité « au système élitiste français ». « Quand j’ai eu l’idée des Dérouilleurs, j’ai regardé comment faisaient les autres communautés, les juifs, les Arméniens, les gays… Pour être entendu, il faut être économiquement fort. En France, le communautarisme existe ; le problème c’est que l’on s’en prend toujours à la même communauté ! Je n’accepte pas « l’assimilation », si cela suppose que pour vendre un contrat, il faille picoler avec le client ! », explique M. Ben Terdeyet, qui assure que Les Dérouilleurs ont aidé 500 personnes à trouver un emploi.

Pour Yasmine, étudiant en commerce, l’association est une alternative « aux portes fermées » : « La France a encore un problème avec ses anciennes colonies et nous, on se retrouve bloqués. » « Par nos origines, on souffre d’un double handicap », confirme Hamdi, vendeur sur les marchés financiers, tout en reconnaissant que la discrimination est quelquefois « plus sociale que raciale ».

Certains, parfois avec regret, regardent vers l’étranger. Arafat travaille à Londres dans la finance, et « pète un câble » quand il rentre en France. « On parle d’identité nationale, alors qu’il y a des ghettos et des tas de problèmes ! »

Avec son large bandana noir qui recouvre ses cheveux, Hayette, étudiante en droit bancaire, espère travailler dans la finance islamique « pour ne pas avoir à s’expatrier ». Evoquant la situation des diplômées voilées, elle regrette : « La France gâche son potentiel, c’est quand même elle qui nous paye nos études ! »

Minoritaires dans l’association, des jeunes femmes voilées ont rejoint Les Dérouilleurs pour profiter de « l’entraide » entre musulmans. Encore étudiante en chimie, Myriam préfère ne pas penser qu’il lui faudra enlever son voile pour trouver un travail. Elle ne souhaite pas quitter la France « J’espère tomber sur des gens tolérants qui jugeront mes compétences », glisse la jeune fille. Un espoir partagé par Zoubeir qui s’interroge : « Est-ce une solution que les meilleurs partent et laissent le terrain à ceux qui nous portent préjudice ? »

Stéphanie Le Bars

sil @ 05:16
Catégorie(s): Arabica etLIBERTÉS etPendant ce temps-là, en France


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