Posté le Vendredi 15 janvier 2010 par sil
La suite de cette horrible affaire avec un excellent article de Christophe Cornevin et Cecilia Gabizon.
Signalons également que demain samedi, est organisé un rassemblement à l’appel de l’association Ni Putes ni Soumises pour la soutenir à 17H30 devant la Maison des Métallos.
Rayhana, comédienne et metteur en scène réfugiée en France après avoir vécu sous la menace des islamistes en Algérie. Crédits photo : AFP
« Une comédienne algérienne prise pour cible en plein Paris » par Christophe Cornevin et Cécilia Gabizon pour Le Figaro, le 14/01/2010.
Dénonçant au théâtre le machisme au Maghreb, Rayhana a été aspergée de White Spirit.
Perpétrée en plein Paris, visant une dramaturge algérienne qui défend la condition féminine à deux pas d’une mosquée radicale, l’agression est hautement symbolique.
Rayhana, comédienne et metteur en scène réfugiée en France après avoir vécu sous la menace des islamistes en Algérie, se rend ce mardi soir à la Maison des métallos dans le XIe arrondissement. Elle joue dans sa pièce, À mon âge, je me cache pour fumer. L’Å“uvre, courageuse et crue, met en scène plusieurs femmes évoquant au hammam leur vie, leurs espérances, le machisme qu’elles subissent. La pièce, renvoyant dos à dos militaires et intégristes dans une Algérie corsetée, se joue quatre soirs par semaine en face de la mosquée de la rue Jean-Pierre Timbaud, réputée intégriste.
Alors qu’elle s’apprête à rejoindre la salle de spectacle, Rayhana est abordée par deux inconnus qui l’insultent en arabe avant de brandir une bouteille, de l’asperger de White Spirit et de lui jeter un mégot incandescent au visage pour tenter en vain de l’enflammer.
In extremis, l’artiste se réfugie à la Maison des métallos. Puis se rend, accompagnée d’amis, dans un commissariat de quartier afin d’y déposer une plainte. «Le soir même, sans avoir le temps de se doucher, elle a tenu à jouer le spectacle comme si de rien n’était», précise-t-on à la Mairie de Paris où Bertrand Delanoë s’est déclaré «indigné par ce terrible événement qui semble trouver son origine dans le sujet même de ce spectacle…». Fadela Amara s’est dite «révoltée par cette agression intolérable», tandis que la société des auteurs compositeurs s’inquiète du fait «que la liberté d’expression soit menacé en France en 2010». Disant s’indigner de cette agression visant une femme «qui s’est toujours engagée en faveur de la promotion des droits des femmes», la secrétaire d’État à la Famille Nadine Morano a annoncé jeudi qu’elle la recevrait aujourd’hui. Le ministre de la Culture, Frédéric Mitterrand, a exprimé «tout son soutien et sa sympathie» à la dramaturge ainsi que son «admiration» pour son courage. L’association féministe Ni Putes ni Soumises a, quant à elle, appelé à un rassemblement samedi devant la Maison des métallos.
Devant la gravité des faits et leur dimension politico-religieuse, l’enquête a été confiée à la section antiterroriste de la brigade criminelle. Sous le choc, Rayhana n’aurait pas été en mesure de décrire ses agresseurs. L’affaire est prise d’autant plus au sérieux que l’artiste avait fait l’objet d’une première prise à parti le 5 janvier, à la sortie de son domicile dans le quartier de Belleville. «Deux hommes m’ont traité de putain et de mécréante», a expliqué Rayhana dans une conférence de presse jeudi. Aucun coup n’avait été porté et une première plainte avait été déposée. «C’est un avertissement», lui avait glissé un agresseur. L’agression intervient dans un quartier considéré comme une enclave islamiste par les policiers. Fouad Ali Saleh y recruta les deux Marocains qui l’aidèrent à organiser des attentats à Paris, dont celui de la rue de Rennes en 1986. Officiellement, l’islam prêché dans cette mosquée est rigoureux et apolitique. Mais le mouvement Tabligh pratique un prosélytisme actif et professe un piétisme radical pouvant parfois induire la rupture avec la société occidentale.
Dans le quartier, leur souffle religieux s’inscrit dans le paysage. Les commerces communautaires ont peu à peu remplacé les échoppes traditionnelles. «C’est une des seules rues de Paris où se commercialise la burqa», fait remarquer Philippe Mourrat, le directeur de la Maison des métallos. «Cela crée un climat. Nous évitons les provocations. Pour autant, nous n’allons pas nous censurer.» Depuis l’agression, Rayhana fait l’objet d’une protection policière, et quatre agents en tenue de la mairie de Paris sécurisent la salle de spectacle.
« Rayhana:la section antiterroriste enquête » AFP 15/01/2010
L’enquête sur l’agression de la comédienne d’origine algérienne Rayhana a été confiée à la section antiterroriste de la brigade criminelle, les enquêteurs soupçonnant un lien avec la pièce jouée à Paris par l’actrice qui traite de la situation des femmes algériennes.
L’artiste féministe de 45 ans a été agressée et aspergée d’essence mardi soir alors qu’elle se rendait à la Maison des Métallos à Paris (XIe), où elle joue actuellement, avec huit autres actrices, sa pièce « A mon âge, je me cache encore pour fumer ».
Les enquêteurs ont « de fortes suspicions » sur un lien entre cette agression et la pièce jouée par la comédienne, selon la source judiciaire. Rayhana a été placé sous protection policière, a-t-on ajouté.
Rayhana a indiqué jeudi avoir fait l’objet de premières menaces verbales le 5 janvier. « Deux hommes m’ont traité dans la rue de putain et de mécréante », a ajouté Rayhana, qui avait déposé une première plainte après ces intimidations.
Elle s’est déclarée décidée à poursuivre les représentations de sa pièce jusqu’à son terme pour montrer à ses agresseurs qu’elle n’a « pas peur d’eux » dans un pays « où il y a une liberté d’expression ».
« Dans ce texte, il y a une vraie liberté de ton pouvant peut-être déranger certains hommes musulmans », a estimé pour sa part le directeur de la Maison des métallos, Philippe Mourrat, où se joue la pièce.
L’agression dont a été l’objet la comédienne a suscité de très nombreuses protestations.
Samedi, un rassemblement à l’appel de l’association Ni Putes ni Soumises pour la soutenir est organisé à 17H30 devant la Maison des Métallos.
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5 réponses à “Dans la catégorie mes héros et héroïnes arabes : Rayhana cible d’un attentat islamique à Paris”
16 jan 10 à 05:46
Ce sont les américanosionistes qui ont fait le coup, pour déconsidérer les musulmans encore.
Je croyais que :
1/ aucun suspect n´avait été arrêté
2/ l´attaque n´avait pas été revendiquée
A titre perso, et pour ajouter à la beaufitude du site tant chérie par sil, je confirme que -toutes choses égales par ailleurs, je n´ai jamais vu de femmes aussi moches que les algériennes.
16 jan 10 à 04:26
Ce sont les américanosionistes qui ont fait le coup, pour déconsidérer les musulmans encore.
15 jan 10 à 16:44
Dror excelle à mettre de l’encre noire sur du drap noir…
15 jan 10 à 16:00
J’espère qu’ils retrouveront ces criminels
s´ils existent.
15 jan 10 à 11:30
C’est étrange. A la télé, ils ont flouté son visage car, dit-elle, elle ne voulait pas que l’on reconnaisse son identité. Et là , je vois sa photo.
Ceci dit, c’est le reportage télé qui j’ai trouvé bizarre. Comment peut-on espérer que l’on ne reconnaisse pas son visage lorsqu’on est comédienne ?
J’espère qu’ils retrouveront ces criminels.





