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Dans la catégorie mes héros et héroïnes arabes : Sheikha Mozah, épouse de l’émir du Qatar,

Posté le Vendredi 18 décembre 2009 par sil

Sheikha-Mozah
Qatar : les femmes passent à l’action : enquête – Dans la foulée de Sheikha Mozah, l’épouse de l’émir du Qatar, les femmes de ce richissime État du Golfe brisent les tabous, s’imposent dans le business… et ouvrent la voie d’un Islam des Lumières. Par Dalila Kerchouche, pour Figaro Madame.

Chez elle, tout est vertigineux. Ses talons. Sa silhouette. Ses gratte-ciel. Son ambition. Sheikha Mozah Bint Nasser Al Missned, la sculpturale et charismatique épouse de l’émir du Qatar, voit haut, et loin. Pour elle, et pour son pays, État confetti du golfe Persique et siège de la chaîne Al-Jazeera, qui se veut l’anti-Dubaï. Fin novembre à Doha, c’est avec un spectaculaire show à l’américaine qu’elle a inauguré le WISE (1) (« sage » en français), premier Davos de l’éducation avec mille personnalités venues de cent vingt pays – présidents d’université, ministres ou femmes d’influence, telles Carla Bruni-Sarkozy et Irina Bokova, directrice générale de l’Unesco…
Sheikha-Mozah-School
Simple enjeu d’image ? Pas seulement. Car lorsque l’atypique First Lady en abaya noire (voile traditionnel qui la couvre de pied en cap), monte à la tribune, la salle entière frémit. « Le droit à l’éducation est à l’état de mort clinique dans le monde », dénonce-t-elle, en réaffirmant l’urgence de contrer les « menaces obscurantistes ». En particulier dans les pays arabes : une femme sur deux y est analphabète.

Si nombre de dirigeants arabes n’utilisent pas toujours les ressources de leurs pays pour l’intérêt général, nourrissant les frustrations et les extrémismes, le Qatar, grand comme la Corse mais doté de la troisième réserve mondiale de gaz, investit massivement ses pétrodollars pour éduquer ses habitants, notamment les femmes. L’épouse de l’émir en a fait son combat. En quinze ans, la seule princesse du Golfe, avec la reine Rania de Jordanie, à se montrer en public, a bouleversé le statut des femmes. Hier confinées à leur foyer, aujourd’hui working girls ambitieuses, elles sont la « génération Sheikha Mozah ».

Cap sur la modernité

Tandis qu’une forêt de grues s’activent au loin, érigeant des gratte-ciel bleutés qui donnent à Doha un air de Manhattan du désert, Deena, 25 ans, gracile au volant de sa Range Rover, traverse la ville en trombe en écoutant une compil du Buddha-Bar. Plus tard, Louboutin aux pieds, cette diplômée en business international arpente le chantier de son futur restaurant, 191 mètres carrés de marbre blanc situés dans le « mall » (centre commercial) de son père, le Salam Plaza. Surtout, ne lui parlez pas des charmes de l’oisiveté. « My God ! Jamais de la vie ! s’écrie-t-elle. Grâce à Sheikha Mozah, nous sommes la première génération de femmes actives au Qatar. Je me sens un peu l’âme des pionniers qui, comme mon grand-père, ont construit des empires dans le désert. »

Les Qataries reviennent de loin. Il y a quinze ans, dans ce pays rigoriste, qui pratique l’islam wahhabite (proche de celui des Saoudiens) et régi par la charia (loi islamique), leur sort ne se distinguait pas de leurs voisines saoudiennes ou iraniennes, identiques fantômes noirs cloîtrées chez elles dans des prisons de luxe. Mais en 1995, le nouvel émir Ahmad ibn Khalifa al-Thani met le cap sur la modernité, influencé par sa « troisième » épouse – en réalité la First Lady officielle. Les femmes obtiennent alors le droit d’hériter de la terre, de voter et d’être élues.

Sheikha Mozah ouvre des centres d’appels pour les femmes battues. Et quitte à irriter les membres les plus conservateurs de la famille royale, elle multiplie les apparitions publiques. « Comme l’émir la soutenait, personne n’a osé protester ouvertement, raconte Malika Benlarbi, sous-préfète à Paris et proche de Sheikha Mozah. Elle a montré à son peuple qu’une femme pouvait être musulmane et active. »

De l’école à l’entreprise

Surtout, ce couple de monarques autocrates mais éclairés construit des écoles, rend la scolarité gratuite et obligatoire jusqu’à la fin du collège. Aujourd’hui, le taux d’alphabétisation des filles frôle les 90 %. Avec les fonds de la puissante Qatar Foundation, qu’elle préside, Sheikha Mozah édifie un campus ultramoderne de 1 000 hectares, baptisé Education City, où elle instaure la mixité. « Au début, lorsque les profs posaient une question, les étudiantes n’osaient pas répondre, se souvient le responsable de l’éducation. Quatre ans plus tard, elles en sortent transformées, épanouies, sûres d’elles. Et réclament même le micro ! »

Aujourd’hui, ces nouvelles diplômées débarquent sur le marché du travail. Aidées par la « qatarisation » de l’économie, lancée en 1996, qui impose à toutes les sociétés étrangères de recruter et de former un quota de natifs, elles investissent les médias, la finance, l’industrie. Reste que ces évolutions se heurtent au conservatisme de certaines familles. « Pour moi, c’est un double défi, explique Mariam, 26 ans, journaliste à la Qatar News Agency. Je dois affronter les hommes de ma famille, mes oncles et mes frères, qui craignent que je ne devienne “instable” en travaillant. Et mes supérieurs, qui refusaient que j’aille sur le terrain. Seule reporter de la rédaction, je leur prouve, chaque jour, qu’une femme est l’égale d’un homme. »

Ces résistances tendent à disparaître dans des secteurs plus jeunes, comme les nouvelles technologies : « Quand j’ai commencé à travailler, je n’osais pas parler à mes collègues masculins, raconte Zeina, 28 ans, marketing manager chez Meeza, société spécialisée dans le high-tech. Je les croyais conservateurs. Mais en fait, pas du tout ! Eux aussi aspiraient à la modernité. » Car dans ce pays où les Qataris ne représentent que 20 % de la population, promouvoir les femmes est aussi une manière, pour eux, de garder la mainmise sur leur économie.

Une troisième voie

Mais cette « génération Sheikha Mozah » rêve surtout d’entreprendre. Bourrées d’idées et d’énergie, elles innovent. Sara, 24 ans, polyglotte (elle parle quatre langues) et férue de mode, va lancer, en mars prochain, une marque de prêt-à-porter, baptisée Toujouri. Iman, 35 ans, mère de trois enfants, a importé un concept américain d’éveil artistique pour les enfants. Installée au Villaggio, le « mall » le plus fréquenté de Doha, cette « mompreneur » – elle a créé son entreprise lorsqu’elle était enceinte – a ouvert son entreprise où elle dirige six salariés : « Du design aux plaquettes, j’ai tout réalisé moi-même, raconte-t-elle. J’ai travaillé sept jours sur sept, sans un jour de congé. »

Pourtant, dans cette société en pleine mutation, des verrous résistent encore : les filles vivent chez leurs parents jusqu’à leurs noces, la polygamie reste légale – bien que rare chez les jeunes – et la liberté d’expression, inexistante. Néanmoins, les mœurs évoluent peu à peu. L’âge moyen du mariage des filles a reculé aux alentours de 22 ans, contre 18 ans avant les années 2000. Et elles peuvent choisir leur conjoint.

Poursuivre le combat : telle est aussi l’ambition de Hamida, 21 ans, qui rêve de devenir l’« Oprah Winfrey arabe ». En octobre, elle a animé avec brio le premier Tribeca Festival de Doha, inspiré du festival new-yorkais créé par Robert De Niro, qui s’est déroulé au musée des Arts islamiques de Doha. En 2010, elle va lancer son webmagazine sur YouTube, « pour porter la voix des femmes arabes ». « Au fond, poursuit-elle, nous cherchons un chemin qui réconcilie notre foi et notre épanouissement personnel. » Car entre l’étau islamiste et l’émancipation à l’occidentale, les Qataries tentent d’inventer une troisième voie, une sorte d’Islam des Lumières. Voilà, peut-être, la vraie révolution du Qatar : en incarnant une modernité « islamo-compatible », Sheikha Mozah réussit à ringardiser l’intégrisme. Et redonne l’espoir, par ricochet, à toutes les femmes du monde arabe.

Le Qatar en chiffres

Le pays accède à l’indépendance le 3 septembre 1971.
Le Qatar accueille de nombreux étrangers. Pour un million d’habitants, la population qatarie représente seulement 200 000 personnes.
Le Qatar possède des réserves de 25 milliards de mètres cubes de gaz et de 15 milliards de barils de pétrole.
Le budget de la Qatar Foundation, présidée par Sheikha Mozah, avoisinerait les 15 milliards de dollars.
À Education City, les filles représentent 70% des étudiants.
Le taux de fécondité est de 2 enfants par femme.
Chaque jour, 40 millions de téléspectateurs regardent Al-Jazeera, première chaîne d’information en continu du monde arabe.

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sil @ 05:26
Catégorie(s): eXc soutient etLIBERTÉS


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15 réponses à “Dans la catégorie mes héros et héroïnes arabes : Sheikha Mozah, épouse de l’émir du Qatar,”

  • 15
    Dror:

    Je dirais même plus : ça ne m’étonne pas.

  • 14
    Dror:

    Curieux : ça ne m´étonne pas.

  • 13
    Dror:

    Tiens zoubor est fan de Al Hurra, la tv de Bush.

  • 12
    Zoubor:

    Chaque jour, 40 millions de téléspectateurs regardent Al-Jazeera, première chaîne d’information en continu du monde arabe.
    ———————————————————————————————————
    AL Jazeera est le pilier de ce que le monde musulman appelle la « resistance » – soutient a l’islamisme le plus militant, Hez et Hamas – cela ne va pas avec ce qui est decrit ici !

  • 11
    Dror:

    Je n´aime pas les vannes antisémites.

  • 10
    Dror:

    Jamais je n´écrirais sur le zizi de Sarko.

  • 9
    sphax:

    « Sarko est petit avec un petit zizi. »

    Ca fuse dans un cerveau drorien.

    Sinon je crois que quand il parle d’israel, c’est comme quand il parle de sarko, ça n’a rien de politique, c’est juste pour montrer jusqu’où il peut aller pour dire des conneries.

  • 8
    Dror:

    Sarko est petit avec un petit zizi.

  • 7
    Dror:

    Sarko n´est pas petit que par la taille.
    De Gaulle était un homme grand et il était un grand homme.

    Sarko a juste la bonne taille pour la sucer à Bush.

  • 6
    Dror:

    Malgré les talonnettes, ça craint.

  • 5
    Dror:

    Le nain est ridicule, il devrait s’habiller comme l’émir, plus classe.

  • 4
    Dror:

    Sinon, je préfère l´émir à sa meuf. Question look.

  • 3
    Dror:

    Chaque jour, 40 millions de téléspectateurs regardent Al-Jazeera, première chaîne d’information en continu du monde arabe.

    C´est une chaîne de propagande éhontée qui a le culot de donner la parole à Bush et à Ben Laden ! D´ailleurs le premier voulait la bombarder.

    PS le crétin de Crawford a créé sa propre chaîne arabophone qui s´appelle Al Hurra et qui émet depuis le Maryland (USA). Ceux qui parlent arabe disent que les journalistes -souvent des libanais- parlent très mal cette langue habitués qu´ils sont à aboyer la langue de leur maître…

  • 2
    Dror:

    Il a encore des missiles dans son ranch, faites gaffe.

  • 1
    Dror:

    Les femmes obtiennent alors le droit d’hériter de la terre, de voter et d’être élues.

    Tout ça sans que le fils de pute de Crawford ne bombarde le pays ?
    Impressionant. :)




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