Posté le Mardi 14 juillet 2009 par jugurta

Ce soir vers 23h35 France 3 diffusera un reportage sur cette question qui fait débat : « qu’est-ce qu’être français aujourd’hui? »
Être français c’est pour l’auteur de ces lignes, né hors du territoire national, en premier lieu maîtriser la langue française.
C’est ensuite faire sien un héritage historique avec ses mythes fondateurs : Vercingétorix et Alésia, Clovis et le vase de Soissons, Charlemagne et Durendal, François 1er et Marignan, Henri IV et la messe parisienne, Louis XIII et Richelieu, Louis XIV et Versailles, Louis XVI et la guillotine, la Révolution et Napoléon, Lamartine et les Trois Glorieuses, la Commune et le mur des fédérés, la guerre de 70 et la der des der, les années noires et la résistance, le gaullisme et la décolonisation…
C’est enfin et surtout vouloir transmettre cet héritage avec ses pires vices et ses incroyables vertus.
« On n’habite pas un pays, on habite une langue » Cioran
Pour aller plus loin, un débat sur cette question en vidéo :
http://www.dailymotion.com/videox1e834Laisser un commentaire
12 réponses à “Naître, être, se sentir ou devenir français…”
19 juil 09 à 11:42
Merci à tous pour vos réponses.
Je souscris à la dernière phrase de madimaxi. On ne peut aimer un pays qui se déteste.
Oui Anika, le débat est intéressant mais il ne répond pas à la question. Il tourne au pugilat politicien.
@ Ami:
“qu’est-ce que l’on est pas lorsque que l’on est/l’on se dit français”
Intéressant retournement de la question, auquel je réponds difficilement : » on n’est pas un fervent pratiquant en matière de religion, même si on trouve toujours en France des personnes pour vous imposer leur dogme, je dirais que l’on est pas ou pas assez fier de son héritage historique, que l’on n’est pas un peuple d’action, mais plus un peuple de parole, d’éternel débat etc etc »
18 juil 09 à 09:53
Nos ancêtres disaient que la patrie se trouve là où est notre pain quotidien. Celui-ci ne s’apprécie pas selon sa forme ni son poids. Ce n’est qu’une boule de pâte à travailler au départ vers l’affermissement de liens profonds. Charnels et spirituels avec tous ceux qui participent à l’effort commun et en partagent les fruits : paysan, boulanger, artisan, commerçant, soldat veilleur, fonctionnaire serviteur… Donnant corps à un nœud solide. Une communauté de destin unie et solidaire.
Etre Français c’est la reconnaître et œuvrer à son épanouissement. Dans le concret, pour les immigrés, c’est mesurer l’honneur d’en faire partie. C’est donner à leurs enfants les patronymes gaulois et en être fiers. Pour les Français, c’est savoir apprécier ce geste mais aussi, et surtout, servir de lumière et de modèle à tous ceux qui désirent s’en inspirer.
Hélas de nos jours, le relativisme, le multiculturalisme, le misérabilisme et l’autodénigrement se sont joint à la xénophobie latente de toujours. Ils la dépassent désormais, s’érigeant en obstacle premier sur la route de ceux qui veulent croire encore au destin commun de la République. Comment exiger de l’étranger l’intégration au pays qui ne s’aime plus et qui se crache dessus ?
18 juil 09 à 07:03
Un trés beau texte, réaliste en plus. Bravo Jugurta.
18 juil 09 à 04:58
Sisyphe est malheureux.
18 juil 09 à 04:03
Et moi qui croyais qu’être français c’est aimer bien manger, apprécier et identifier les saveurs, connaitre les vins, avoir bon gout et bonnes manières tout en conversant intelligemment dans la langue de Molière. Le terroir, les valeurs républicaines et chrétiennes, la poésie et les beaux arts, etc.… Toute une culture sophistiquée et ancestrale qu’il est dur de résumer.
Puis on clique sur la vidéo et découvre – oh horreur – que la culture de mes ancêtres, leur identité et leur histoire n’a rien à voir. Les données prépondérantes dans cette émission sont le multiculturalisme et les problèmes d’intégration … la banlieue mal ajustée et son désespoir. C’est tout ? C’est ca la France et être français aujourd’hui ?
Un grand n’importe quoi !
18 juil 09 à 01:11
“qu’est-ce qu’être français?” ( le « aujourd’hui » est à rejeter car c’est un subtil paramètre de confusion )
La question ainsi formulée ne permet pas d’y répondre clairement.C’est un piège.
Mais ainsi formulée « qu’est-ce que l’on est pas lorsque que l’on est/l’on se dit français », elle suggère immédiatement une foule de réponses assez précises …
17 juil 09 à 14:10
Mon Jugurta, pour être franc, je ne saurais pas vraiment quoi répondre. Etre Français, c’est je crois comme tu le dis toi, quelque chose « de tous les jours », être Français c’est comme « être », c’est compliqué, total.
Pas forcément quelque chose de réduit à une langue car j’aime tout autant la langue capitale de mon pays que ses langues régionales ; car si la langue nationale, celle de la capitale, m’ancre dans le général, le commun, nos langues régionales m’ancrent dans le particulier, dans le local, dans tous ces terroir, paysages que j’aime, aussi bien en Bretagne, au Pays basque, à Toulouse, Lille, Aix, Donzenac…
Ma façon d’être Français c’est aussi d’être habité par une mémoire collective, par tout un tas de personnages, depuis Brennus jusqu’à Mitterrand en passant par Blandine, Charlemagne, Louis XI, Jeanne d’Arc, Henri IV, Catherine de Médicis, Louis XIV, Molière, Beaumarchais, Voltaire, Condorcet, Olympe de Gouges, Napoléon, Clemenceau, Alfred Dreyfus et j’en passe…
Ma façon d’être Français c’est cette façon que j’ai de rêver, de vouloir cet impossible qui n’est pas Français, de fanfaronner, de savoir être d’une parfaite mauvaise foi, d’avoir raison contre la galaxie entière, de jouer les beaux gosses ; d’être à la fois méditerranéen, latin, celte, grec, juif, germanique, basque… mais aussi porté vers le monde, vers ce que certains qualifieraient d’universel.
Ma façon d’être Français consiste à bénir ce terreau qui m’a permis de grandir, cette école qui de mon temps était encore un peu républicaine, pousse au train et non pousse au crime. De bénir ce terreau, de chanter mon berceau, de vouloir que le nom de mon pays reste éternel, inscrit en lettres de lumières dans la toile de l’histoire…
Ma façon d’être Français c’est tout ça et bien d’autres choses encore… aimer notre cuisine, notre architecture, nos filles, aimer détester nos journalistes par amour du journalisme, détester nos bureaucrates et autres petits chefs de gare, aimer râler, détester que d’autres râlent… tant de choses en somme, rien de résumable.
Comme tu le dis « quelque chose de tous les jours »…
17 juil 09 à 11:49
Contrairement à Cioran, je dirais que l’on est habité par une langue.
Francophone “de naissance” et bien qu’étranger né à l’étranger, naturalisé français à trente ans, vivant aujourd’hui en Israël, je pense, écris et rêve en français.
Mais j’ai le triste sentiment que la France que j’aimais, celle des Lumières, est morte,
Sentiment ressenti de tout temps, c’etait mieux avant, ce qui nous réuni mon cher raphael, c’est effectivement la langue et la culture, quel plaisir avais je de m’engueuler avec un vieux juif de brooklyn miraculeusement demeuré francophone malgré 35 années de yankitude,sur Napoleon Buanoparte , qu’il admirait, avec nos ignobles mauvaise fois réciproques, nous aurions fait hurler n’importe quel professeur d’histoire .
16 juil 09 à 21:37
Contrairement à Cioran, je dirais que l’on est habité par une langue.
Francophone « de naissance » et bien qu’étranger né à l’étranger, naturalisé français à trente ans, vivant aujourd’hui en Israël, je pense, écris et rêve en français.
Mais j’ai le triste sentiment que la France que j’aimais, celle des Lumières, est morte, ou tout au moins moribonde. Ou peut-être m’étais-je fait une idée mythique de la France.
16 juil 09 à 21:37
Et toi Sil tu aurais une définition de ce que c’est qu’être français ?
On pourrait décliner tout un tas de définitions, mais ces valeurs dans lesquels un étranger devrait se reconnaître ont tellement été galvaudés en France au fur et à mesure des années qu’il serait difficile aujourd’hui de les promouvoir.
Il me semble normal, même si je ne suis pas français, d’aimer l’histoire du pays dans lequel on a décidé de vivre et d’assimiler sa culture. La phrase de Cioran n’est pas fausse.
16 juil 09 à 11:59
Et toi Sil tu aurais une définition de ce que c’est qu’être français?
14 juil 09 à 11:49
Trés joli drapeau mon Jugurta.
Sil, fier d’être français, de son « pays de tous les jours » (comme tu le dirais), de son pays pour toujours…





