Posté le Vendredi 26 juin 2009 par jc durbant
Attention: un détournement peut en cacher un autre!
A l’heure où, après avoir assuré pendant une semaine la promotion d’une prétendue “révolution verte“, nos médias et les pompom girls du régime iranien redoublent à présent d’effort pour nier toute existence à un soulèvement populaire qu’ils avaient jusqu’ici consciencieusement ignoré …
Retour sur un autre effort particulièrement méritant de désinformation, avec la sortie hier du 2e rapport du Comité catholique contre la faim et pour le développement (“Biens mal acquis, à qui profite le crime?”, juin 2009).
Qui commence par pointer avec raison les milliards de dollars détournés par les divers dictateurs de la planète (« entre 105 et 180 milliards de dollars détournés par une trentaine de chefs d’Etat »).
Puis, montre, encore plus justement, l’absence de volonté politique de la part des démocraties occidentales (notamment la France de Sarkozy qui comme l’Amérique d’Obama célébrait il y a quelques jours la fin des 41 années de dictature de son ami Omar Bongo et qui continue à refuser de restituer au premier gouvernement irakien démocratiquement élu quelque 23 millions d’euros détournés par Saddam).
Pour enfin, cerise sur le gâteau, nous mettre en tête du palmarès, aux côtés dudit Saddam Hussein (« entre 10 et 40 milliards ») et au moment même où dans la large indifférence de nos médias son fils avait justement appelé au soulèvement du peuple iranien, le chah d’Iran Mohammed Reza Pahlavi avec 35 milliards de dollars.
Sauf que si on lit de près (ce que nos surmenés copieurs-colleurs de dépêches AFP n’ont manifestement pas le temps de faire) les deux demi-pages que consacre le rapport de 221 pages au prétendu détournement attribué au Shah, on découvre une tout autre histoire.
D’abord, que « sous la pression de la République islamique, les Etats-Unis puis la Suisse ont gelé les biens et avoirs détenus par le Shah » et leur en aurait restitué un peu plus d’un tiers.
Puis que le reste, qui était apparemment placé dans la fondation Pahlavi, est passé (sous le nouveau mais phonétiquement proche nom de « Fondation Alavi ») sous la tutelle du régime des mollahs.
Mais surtout qu’il a fini par rejoindre ces innombrables « fondations opaques qui gèrent les caisses noires du régime » pour ses activités terroristes et nucléaires.
En clair: les fameux 35 milliards de dollars prétendument détournés par le Shah ont en fait non seulement été récupérés mais utilisés pour mettre à feu et à sang le Moyen-orient et une bonne partie du monde par le régime qui depuis 30 ans martyrise sa population.
Et une association nul doute bien intentionnée (rien de moins quand même que la première ONG de développement française!) rejoint cette véritable petite armée d’idiots utiles qui, au moment même où sa population tente de s’en libérer, assure les relations publiques d’un des régimes les plus corrompus et brutaux de la planète …
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Une réponse à “Iran: Informations mal acquises (Who profits from the crime?)”
26 juin 09 à 02:04
« Morceaux choisis:
« Parler des 39 propriétés que possède la famille Bongo dans l’Hexagone, dont un hôtel particulier dans le 8e arrondissement de la capitale, est en effet bien plus parlant qu’évoquer les 35 milliards de dollars détournés par le Shah d’Iran. »
Marianne Enault (JDD)
« Après la révolution, la très riche Fondation Pahlavi (que l’on a souvent aimé confondre avec la fortune du Chah pour l’accabler) passa sous la tutelle du régime des mollahs. Elle devint une de ces fondations opaques qui gèrent les caisses noires du régime. Elle changea de nom pour devenir la Fondation Alavi (ce qui veut dire la Fondation d’Ali – le fondateur spirituel du chiisme). Les deux noms, Pahlavi et Alavi, n’ont aucun lien de parenté, mais il y a une certaine proximité de consonance pour une oreille occidentale. Ce n’est pas un hasard : c’est une pratique courante du régime des mollahs en ce qui concerne la gestion des affaires et trafics à l’étranger. »
Iran-Resist





