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La CGT expulse des sans papiers.

Posté le Jeudi 25 juin 2009 par Sphax

Marrant de voir les donneurs de leçons faire exactement ce contre quoi ils se battent :

Plusieurs centaines de « sans-papiers » qui occupaient depuis juin 2008 un local de la CGT, rue Charlot dans le IIIe arrondissement de Paris, ont été expulsés par le service de sécurité du syndicat accompagné des forces de l’ordre.

Des personnes sans-papiers attendent le 24 juin 2009, à Paris, devant les locaux de la Bourse du travail. (AFP)

Des personnes sans-papiers attendent le 24 juin 2009, à Paris, devant les locaux de la Bourse du travail. (AFP)

Des sans-papiers occupant depuis 14 mois des locaux de la CGT à la Bourse du travail, rue Charlot à Paris (IIIe), ont été sommés de quitter les lieux mercredi 24 juin sous la double pression de la CGT, qui a tenté de les déloger, et de la police, restée à l’extérieur, selon des sources concordantes.
Devant « l’impasse » des discussions avec les occupants depuis plusieurs mois, la CGT de Paris avait mobilisé dans la matinée « plusieurs dizaines » de militants pour les déloger, selon le syndicat.


Selon un communiqué de la coordination nationale des sans-papiers, « une centaine de nervis du service de sécurité de la CGT portant des cagoules, armés de barres de fer, de bâtons, de gaz lacrymogènes ont pénétré vers 11h30 au sein de la Bourse (…) se sont jetés sur les présents, notamment des femmes et des enfants pour les jeter dehors ». « Ils sont arrivés à plus de 60 en hurlant, avec des planches et des gazeuses. C’était vraiment très impressionnant », affirme Rodolphe Nettier, président de l’association SOS soutien aux sans-papiers. Interrogée par nouvelobs.com, Bernadette Citot, responsable de la communication de la CGT Paris, déclare de son côté que les « forces syndicales ont d’abord demandé aux occupants de quitter les lieux pacifiquement. Ce qu’un tiers environ ont fait. Ceux qui restaient ont ensuite balancé tout ce qui leur tombait sous la main dans la cour. Des violences ont suivi à l’extérieur, et c’est à ce moment que la police est intervenue. »

Gaz lacrymogènes

Selon Edgar Fisson, responsable de la commission administrative de la Bourse du travail, regroupant sept syndicats, « une négociation » s’est ensuite engagée entre la mairie de Paris, propriétaire des locaux, la commission administrative et les occupants, le commissaire de police du quartier menant les discussions.
« Une centaine de policiers » venus en cars, selon de nombreux témoins, stationnaient pendant ce temps à proximité.
« Les derniers occupants ont négocié la possibilité de récupérer leurs affaires personnelles. Ils ont sans doute eu peur d’une intervention policière », a affirmé Edgar Fisson.
Après la fin de l’occupation, selon une membre du collectif des associations de sans-papiers, la police a fait usage de gaz lacrymogènes pour tenter de disperser une soixantaine de sans-papiers qui s’étaient regroupés devant la Bourse du travail. Des femmes et des enfants ont été emmenés à l’hôpital, en raison du gaz et des bousculades, affirme Rodolphe Nettier, qui indique que des poursuites vont être intentées par des militants de SOS soutien aux sans-papiers et des sans-papiers contre la CGT et la police. Selon la préfecture de police, il a été fait usage d’un seul aérosol lacrymogène, lorsqu’un manifestant s’est violemment opposé aux forces de police.

« En première ligne pour la régularisation de travailleurs »

Des dizaines de sans-papiers, jusqu’à 200 selon la CGT, occupaient depuis le 2 mai 2008 plusieurs étages de ces locaux. A l’initiative de la « coordination 75 des sans-papiers », ils entendaient au départ « demander une aide à la régularisation de leur dossier », selon le syndicat.
« Toutes les propositions » de la CGT et des autres syndicats « pourtant très constructives et d’ordre pratique, ont été refusées par la coordination », a affirmé l’Union départementale CGT dans un communiqué, alors que la CGT avait été « en première ligne pour la régularisation de travailleurs sans papier ».
La préfecture de police de Paris (PP) a indiqué que « la police, présente à proximité (des lieux) pour encadrer une manifestation a assisté à l’intervention de personnes de la CGT à la Bourse du travail sans intervenir ».

« Pas une opération punitive »

Dans l’après-midi, selon la PP, « elle a été requise par des sans-papiers » qu’elle a « escortés à l’intérieur de la Bourse afin de récupérer (leurs) affaires ».
Edgar Fisson s’est déclaré « assez satisfait que la police n’ait pas eu à entrer dans la Bourse du travail ». « Ce n’était pas une opération punitive » menée par les syndicats et « nous avons insisté auprès de la police pour dire qu’il était hors de question de cueillir les sans-papiers à la sortie« , a-t-il ajouté.
Vers 19H00, des ex-occupants retiraient leurs affaires de la bourse du Travail, sous la surveillance de forces de police qui ont installé des barrières sur une partie du trottoir.
En début de soirée, environ 400 personnes, selon un sans-papier, refusaient de quitter les abords du local aux cris de « libérez les sans-papiers ».

Source : Nouvel observateur

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Sans-papiers: La CGT à bout

« Une occupation stérile ». C’est en ces termes que la CGT a justifié au JDD.fr, l’évacuation mercredi des sans-papiers, qui avaient établi résidence depuis 14 mois dans les locaux de la Bourse du travail à Paris. Le syndicat affirme que l’expulsion était « la seule solution ». Le collectif de sans-papiers dénonce quant à lui, une « dérive syndicale ». Le dialogue semble s’être figé.

« Nous étions dans une impasse totale. Nous n’avons pas procédé à cette évacuation de gaîté de coeur », insiste Olivier Villeret, secrétaire de l’union départementale de la CGT-Paris. Mercredi, les services de l’ordre du syndicat ont évacué environ 200 sans-papiers de la Bourse du travail de Paris. Une majeure partie d’entre eux était partie manifester place du Chatelet, un rituel hebdomadaire depuis plusieurs années. Pendant ce temps, les syndicalistes ont sommé les sans-papiers de quitter les lieux, appartenant en partie à la CGT. Mais l’évacuation a vite tourné à l’affrontement avec la police.

Certains témoins rapportent une expulsion brutale et violente. « Une centaine de personnes de la CGT masquées, munies de bâtons et de gaz, sont arrivées vers 13h00 en courant et ont essayé de nous chasser », a raconté un porte-parole des sans-papiers. Une version que conteste formellement Olivier Villeret. « Nous avons prévenu les sans-papiers que nous allions procéder à l’évacuation. Certains ont commencé à nous jeter des caddies, des chaises, des pelles, et ont cassé des vitres du bâtiment. C’est à ce moment- là que des passants ont appelé la police, qui elle, a fait l’usage de bombes lacrymogènes, pas nous », affirme le syndicaliste. Il assure que la CGT ne voulait justement pas associer la police à cette évacuation. Mais quelques minutes plus tard, plusieurs cars de police et de CRS encerclaient les lieux.

Impossible dialogue ?

Au fil des mois, les relations entre les sans-papiers et la CGT devenaient de plus en plus tendues. Le collectif autonome CSP 75 (coordination des sans papiers) refusait de se rapprocher du syndicat pour les demandes de régularisation. « Nous en sommes actuellement à plus de 200 heures de réunions avec la CSP 75. Nous avons tenté de faire des propositions constructives mais nous nous heurtions à un refus systématique du collectif », estime Olivier Villeret. Et d’ajouter : « Nous nous étions promis de ne pas les évacuer tant que nous n’avions pas tout essayé. Mais là nous étions arrivés au bout », explique le syndicaliste, un brin amer. Et les deux partis continuent de se renvoyer la responsabilité de cette situation : « Nous disons que l’impuissance du syndicalisme à lutter pour la satisfaction des revendications des travailleurs (…) est la cause véritable de cette fuite en avant raciste contre la fraction la plus précaire du monde du travail », souligne dans un communiqué la Coordination nationale des sans-papiers. La CGT dénonce quant à elle « l’attitude irrationnelle » de la CSP 75.

Jeudi, les sans-papiers ont installé un campement sur les trottoirs de la rue Charlot (IIIe arrondissement), en face de la Bourse du travail. Olivier Villeret assure que « la CGT va tout faire pour mettre en place un rapport plus constructif. Si la CSP 75 accepte de travailler dans ce sens là, les portes sont ouvertes ». Pour l’heure, elles restent fermées.

Source : lejdd.fr

Sphax @ 08:50
Catégorie(s): Généralités


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2 réponses à “La CGT expulse des sans papiers.”

  • 2
    sphax:

    Lol ! Bien vrai ça !

  • 1
    sil:

    D’aucuns seraient ROUGES de honte :D