Posté le Mardi 16 juin 2009 par jc durbant
Manifestation massive à Téhéran allant bien au-delà des capacités de mobilisation du régime, majorité apparemment de quinquagénaires issue des espoirs déçus de la révolution volée il y a 30 ans par Khomeini, refus de porter le vert islam de Moussavi ou de scander ses slogans bidons, menaces et début de grève générale, extension des affrontements à toutes les grandes villes iraniennes …
Les cyniques mollahs auraient-ils finalement eu les yeux plus gros que le ventre?
Ou plutôt, comme le rapportent nos amis d’Iran-Resist à l’heure où notre Sarkozy national se précipite avec le Tyrannophilus Rex en personne aux obsèques de M. Françafrique lui-même, les Iraniens seraient–ils en train, loin des caméras complaisantes de nos médias et selon la stratégie suggérée par le prince Reza Pahlavi, de “profiter de la situation pour manifester massivement leur rejet du régime“?
Au terme d’une énième élection piège à cons censée redonner (avec à peu près les mêmes chiffres que la dernière fois il y a quatre ans) de la légitimité au pantin choisi par les mollahs pour imposer au monde, arme nucléaire comprise, leur ordre du jour révolutionnaire …
Et au-delà d’une contestation pège à cons initiée par le leurre Moussavi et sa “génération ipod” de pompom girls en vert islam et slogans bidon …
L’apparent recul du pouvoir qui, après avoir félicité le vainqueur avant le délai officiel de dix jours, évoque à présent pour gagner du temps une commission d’enquête (tout en multipliant les manœuvres de récupération, déstabilisation et provocation) indiquerait-il que quelque chose de nouveau est à l’œuvre?
Quelque chose qui ne serait peut-être pas non plus totalement étranger à l’immense espoir soulevé il y a quelques années chez le voisin d’en face ou dans les ex-républiques soviétiques et le Liban par le honni cowboy Bush?
Et qui, s’il réussissait (mais, la pusillanimité du Monde libre étant ce qu’elle est, un scénario à la Tiananmen n’est hélas pas à exclure), serait nul doute immédiatement attribué aux plates munichoiseries cairotes d’un brusquement silencieux Pleurnicheur en chef de Chicago?
Laisser un commentaire
2 réponses à “Iran: Une élection-piège à cons de trop? (Have the mullahs finally bitten off more than they can chew?)”
16 juin 09 à 03:45
D’apres les journeaux israeliens il y aurait une vingtaine de morts ds les emeutes d’hier.
Il semble que l’on soit a un « bon rythme » – pas assez de morts pour couper court au mouvement et suffisament pour l’entretenir. de meme avec les arrestations.
Il semble aussi que Moussawi, reapparu ds la rue principale de Teheran (celle qi a vu les manifs monstres qui ont precede la chute du Shah) hier alors qu’il etait soi disant en garde a vue assigne a residence. et a appele les foules a manifester ds la non violence.
Entre temps le pouvoir a accepte le nouveau compte des votes ds certaines urnes….
Les petites pancartes en anglais « Where is my vote » ds les manifs, montrent une preparation a l’avance et surtout elles s’adressent a Obama et Sarko – qui par l’intermediaire de Kouchner a fait passse une douche froide a l’ambassadeur iranien en France.
Est ce que le mouvement « Moussawi » est depasse par la rue – developement non prevu par le pouvoir et certainement pas par l’administration americaine du Genuflexeur en Chef?
Quelle doit etre l’attitude de cette derniere: circonspection et soutien en douce…. il semble que le pouvoir des mollahs recevrait comme une manne un discours trop militant de Washington – deja des « agents etrangers armes » ayant ete soit disant arretes -selon ynet?
Et la merdiatique franchouillarde comment reagit-elle?
16 juin 09 à 00:04
Morceaux choisis:
« C’est un grand jour pour tous les Iraniens: un jour de prise de conscience de leur force. Ils sauront bientôt qui sont leurs amis ou ennemis au sein du régime ou encore en dehors des frontières de l’Iran. Cette foule que Reza Pahlavi a qualifiée de “combattante et fort capable” a montré sa capacité à surmonter sa peur, il lui faut maintenant le soutien des Etats libres. Il faudrait qu’ils oublient les faux-semblants comme Moussavi, Khatami, la validité du scrutin, mais aussi leurs contrats en Iran pour investir sur les Iraniens, uniquement sur les Iraniens. Pour l’instant, cette demande implicite des Iraniens est restée sans suite : on n’entend guère la France, l’Italie et les autres partenaires commerciaux de l’Iran. Le pire exemple est donné par Obama qui évite d’évoquer le sujet du soutien au peuple et veut uniquement s’adresser à Khamenei pour lui parler du scrutin, avec ce vague espoir d’une entente avec ce régime. Mais des voix se lèvent aux Etats-Unis, certains Américains critiquent cette attitude indigne de Barack Hussein Obama. »
Iran-Resist
« Avant les élections, Yadollah Javani, le chef des Gardiens de la révolution avait mis en garde contre les risques d’une «révolution de velours» semblable à celle qui avait triomphé du communisme en Tchécoslovaquie. Mais, pour le moment, le camp réformateur exige uniquement que le verdict des urnes soit respecté. A aucun moment, il n’a remis en cause la légitimité du régime islamique. Après le scrutin qui les donnait perdants, les deux candidats réformateurs ont d’ailleurs voulu rencontrer immédiatement le Guide. Mais si les leaders réformateurs fédèrent tous les opposants à Ahmadinejad, une large partie des jeunes veulent aller plus loin et remettent en cause les valeurs islamiques, désirant une vie plus libre, plus à l’occidentale, moins corsetée par les interdits. »
Jean-Pierre Perrin
« Contrairement à la guerre en Afghanistan, la guerre en Irak est le résultat d’un choix, lequel a provoqué des différences marquées dans mon pays et à travers le monde. Tout en étant convaincu que le peuple irakien a gagné au bout du compte à être libéré de la tyrannie de Saddam Hussein, je crois aussi que les événements en Irak ont rappelé à l’Amérique la nécessité de recourir à la diplomatie et de construire un consensus international pour résoudre ses problèmes à chaque fois que c’est possible. (…) Je sais qu’il y a eu une polémique, au cours des récentes années, au sujet de la promotion de la démocratie et qu’une grande partie de cette controverse est liée à la guerre en Irak. Par conséquent, permettez-moi de le dire clairement : aucun système de gouvernement ne peut ou ne devrait être imposé par un pays à un autre. »
Barack Hussein Obama
« Alors que mon cœur est avec ces nombreux Iraniens qui veulent désespérément se débarrasser d’Ahmadinejad, ma tête me dit qu’il vaut mieux qu’il reste au pouvoir. Quand Mohamed Khatami était président, ses mots doux ont endormi la vigilance du monde alors qu’il développait son programme d’armes nucléaires. Si les modèles demeurent sans changement, mieux vaut avoir un Ahmadinejad belliqueux, apocalyptique et rentre-dedans qui effraye le monde qu’un mielleux Moussavi qui à nouveau l’endorme pendant que tournent tranquillement les milliers de centrifugeuses. »
Daniel Pipes
« Emeutes en Iran au sujet d’une élection probablement frauduleuse et de l’utilisation de la violence pour réprimer l’opposition – une partie nul doute du « robuste » débat que vient d’appeler de ses vœux le Président Obama. Pendant ce temps-là, la guerre « optionnelle » et orpheline d’Irak qui a mené à la véritable démocratie, est maintenant après le 20 janvier, allez savoir pourquoi, à nouveau un signe du “vent du changement”.
Victor Davis Hanson
« Pour l’Iran, l’approche pourrait être comparée à l’approche que les Etats-Unis et d’autres états démocratiques ont pris en Pologne dans les années 80. En Pologne, comme en Iran, un régime autoritaire économiquement incompétent opprimait une population de plus en plus mécontente. En Pologne, comme en Iran, un mouvement d’opposition de masse s’est levé contre le régime : Solidarité en Pologne, le mouvement démocratique étudiant en Iran. Dans les années 80, les Etats-Unis et ses alliés n’ont jamais directement confronté les communistes polonais. Au lieu de cela, ils ont imposé des sanctions économiques rigoureuses au régime — et consacré des centaines de millions de dollars au financement des journaux et stations de radio clandestins et pour soutenir les familles des dissidents emprisonnés ou des activistes exilés… pendant que l’économie du régime se désagrégeait, les communistes polonais ont été obligés d’abord d’ouvrir des négociations avec Solidarité, puis de laisser le syndicat Solidarité participer à des élections semi-libres, et finalement de laisser la place à un gouvernement dirigé par Solidarité. Quatorze ans après, la Pologne est un état démocratique et un allié dévoué de l’OTAN. »
David Frum (ancienne plume de George W. Bush, janvier 2004)





