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Tintin/80e: Tous les travers de l’Amérique y sont représentés (Tintin in Amerikkka)

Posté le Dimanche 31 mai 2009 par jc durbant

Et si, contre toute attente, le reporter du Petit Vingtième avait finalement plus en commun avec le petit facteur de Neuilly qu’avec le national-poujadiste, octogénaire lui aussi, de Trinité-sur-mer?

Au lendemain, en cette année du 80e anniversaire de Tintin, de l’inauguration (polémique à souhait avec l’interdiction des photos par ses héritier) et à la veille de l’ouverture du Musée Tintin de Louvain-la-Neuve dans la banlieue de Bruxelles ….

Avant, suite à sa première incursion en 1931, son grand retour en Amérique dans deux ans et sur grand écran avec la très attendue adaptation du “Secret de la Licorne” par Steven Spielberg, une trilogie étant même prévue …

Machinisme, “malbouffe”, alcoolisme, dérives de la prohibition, guerre des gangs, kidnappings, corruption policière, carences de la Justice, exécutions sans procès, exploitation et spoliation des Indiens, lynchage des Noirs …

Retour sur l’un des secrets apparemment les mieux gardés de l’auteur de “Tintin au Congo”.

A savoir, derrière les sempiternelles accusations d’anti-bolchévisme primaire (”Tintin aux pays des soviets”) et de racisme anti-noir (”Tintin au Congo”), le fait que Georges Rémy était en fait un anti-impérialiste et tiers-mondiste pur et dur digne de nos Georges Duhamel d’alors (”Scènes de la vie future” sont l’une de ses sources d’inspiration) ou de nos Besancenot actuels dont le Pleurnichard en chef de Chicago lui-même pourrait être fier.

Car, comme le montre un texte trouvé sur le net (d’un certain Fontaine Peter), après ses publications sous la Belgique occupée dans un journal aux mains des nazis qui lui valurent une interdiction de publier pendant deux ans après-guerre et l’album de commande contre la Russie stalinienne, y a-t-il un travers de l’Amérique qu’il n’ait dénoncé dans son “Tintin en Amérique” de 1931?

Sans parler, outre les centaines de corrections auxquelles il s’est dûment soumis tout au long de sa carrière (”Tintin au Congo” compris, mais aussi la blanchisation en 1973 des portier d’hôtel et porteuse du bébé de “Tintin en Amérique”!), sa dénonciation des trafiquants de diamants (organisé par Al-Capone ! – “Tintin au Congo”), de drogue (”Les Cigares du Pharaon”, “Le Lotus bleu” et “Le Crabe aux pinces d’or”) et d’esclaves (”Coke en Stock”), l’invasion de la Chine par le Japon dans les années 1930 et la lâcheté des Européens retranchés dans leurs concessions de Shanghaï (”Le Lotus bleu”).

L’identité des cerveaux desdits trafics ne pouvant d’ailleurs prêter à confusion.

Outre le banquier Blumenstein financier new-yorkais de l’expédition concurrente de “l’Etoile mystérieuse “…

Et le marchand qui lui dispute le fétiche sacré de “L’Oreille cassée” (”nez crochu, cheveux huilés et crépus, petites bésicles et frottage de mains en signe manifeste d’avarice”) …

Ou le tristement célèbre Al Capone de “Tintin en Amérique” …

Le sinistre Rastatopoulos et faux producteur de cinéma des “Cigares du Pharaon” derrière l’odieuse filière esclavagiste de “Coke en stoke” comme de l’ignoble trafic d’opium du Lotus bleu, n’est autre, derrière le milliardaire américain d’origine grecque qui l’incarne, que le capitalisme américain le plus sauvage …



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Une réponse à “Tintin/80e: Tous les travers de l’Amérique y sont représentés (Tintin in Amerikkka)”

  • 1
    jc durbant:

    Morceaux choisis:

    « Nous, Occidentaux, devons dénoncer fermement tout ce qui est américain dans sa maison, ses vêtements, son âme. »

    Georges Duhamel (”Scènes de la vie future”, 1930)

    « Il y a du grabuge en perspective parce que le capitalisme et les capitalistes français sont en train de craquer. Ce qu’il leur faudrait, c’est une bonne vieille révolution. »

    Olivier Besancenot (2009)

    « Le seul endroit acceptable pour ce livre est dans un musée, avec un grand panneau indiquant ‘âneries racistes à l’ancienne’. »

    Commission for Racial Equality

    « Pour le Congo tout comme pour Tintin au pays des Soviets, il se fait que j’étais nourri des préjugés du milieu bourgeois dans lequel je vivais… C’était en 1930. Je ne connaissais de ce pays que ce que les gens en racontaient à l’époque : “Les nègres sont de grands enfants, heureusement que nous sommes là !”, etc. Et je les ai dessinés, ces Africains, d’après ces critères-là, dans le pur esprit paternaliste qui était celui de l’époque en Belgique. »

    Georges Rémy (dit Hergé)

    « Dans Coke en Stock, en montrant les Noirs promis à l’esclavage et des Arabes esclavagistes, je fais aussi du racisme, mais vis-à-vis des Arabes, cette fois! On en finira jamais!… (…) Et notez que, déjà dans Tintin en Amérique, je montrais la puissance blanche, la finance exploitant les Indiens. Pour un « raciste », je ne cachais pas mes sympathies, il me semble! »

    Hergé (1971)

    « Moi, Monsieur, je ne veux pas aller à La Mecque. (…) Dans mon village, trois jeunes hommes sont partis pour La Mecque … Deux ans déjà déjà … Et jamais revenus … Ils sont sûrement esclaves maintenant… Je ne veux plus aller à la Mecque, moi, Monsieur. »

    Personnage africain de “Coke en stock” (1958)

    « On a souvent dit d’Hergé qu’il était raciste dans Tintin au Congo ou anti-bolchevik dans Tintin au pays des Soviets mais ce sont deux oeuvres de jeunesse et de commande datant de 1930 – 1931 (commande émanant de son patron l’abbé Wallez) Hergé exprime enfin ses idées personnelles dans Tintin en Amérique, c’était son voeu initial d’envoyer Tintin dans le nouveau monde. Tous les travers de l’Amérique y sont représentés: L’alcoolisme, le début de la « malbouffe », la guerre des gangs stigmatisée par Al Capone (seul personnage authentique figurant sous son vrai nom dans les aventures de Tintin), le lynchage des Noirs, les exécutions sans procès et l’exploitation des indiens spoliés de leurs territoires.Dans Tintin et le lotus bleu (1936), Hergé s’engagera encore et y dénoncera cette fois l’impérialisme japonais qui occupe la Chine avec l’assentiment de la SDN (Société Des Nations) et le racisme des occidentaux envers le peuple chinois, il récidivera dans Coke en Stock (1958) en défendant les Noirs musulmans destinés à un trafic d’esclaves. »

    Peter Fontaine




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