Posté le Mercredi 13 mai 2009 par jc durbant
Diplomatie de plus en plus Quai d’Orsay, projet de doublement du budget santé, plan de relance à 4,8% du PIB, déficit abyssal à 12% (1750 millards !), chômage à 8,5%, baisse des impôts pour les plus riches, secrétaires d’Etat issus de Wall street et soupçonnés de fraude fiscale, conseiller économique ayant reçu 50 millions de dollars d’un hedge fund l’an dernier …
A l’heure où les Américains sont menacés d’européanisation massive voire de « devenir plus français que les Français » …
Pendant qu’un siècle et demi après Bastiat, l’Europe exauce la
pétition de ses marchands de chandelle …
Et où, crise oblige et à un mois à peine des élections européennes, la préférence européenne et nationale reprend en France et pas seulement chez Le Pen, du poil de la bête …
Retour, avec une intéressante remise des pendules à l’heure de Zaki LaÏdi dans la Tribune il y a deux semaines, sur la réalité de cette France que tant d’obamalâtres des deux côtés de l’Atlantique rêvent d’imposer au chef de file du Monde libre.
Rappelant notamment que tous les pays émergents sans exception (Brésil, Chine, Inde) ont fait le choix de l’ouverture des marchés face à une France en voie de désindustrialisation et en perte significative de parts de marché sur le marché mondial
Que « l’Europe que l’on prétend sans défense est la première puissance commerciale du monde et au sein de cette Europe, un pays comme l’Allemagne est le plus grand exportateur du monde ».
Que « l’idée selon laquelle l’Europe serait beaucoup moins bien protégée que le reste du monde n’est étayée par aucun fait précis ».
Que l’argument du dumping environnemental ne tient non seulement pas la route mais pourrait se retourner contre elle car elle « exporte proportionnellement plus de produits intensifs en carbone que les États-Unis ou la Chine », « ses exportations restant avant tout des exportations industrielles » …
Que le dumping social est « contrairement à ce que l’on pense relativement limité, la France étant de tous les grands pays développés celui dont le taux de pénétration des importations de pays à bas salaires est le plus faible » (11 %), « ses véritables concurrents étant non les Chinois mais les Allemands » …
Et qu’enfin que, « révélée mais non provoquée par le développement des pays émergents », la véritable cause de nos problèmes, à savoir « l’inadaptation de notre outil industriel à la compétition mondiale » serait due en fait à la taille trop petite de nos PME qui ne parviennent pas à exporter et à « la faiblesse du dialogue social qui conduit les grandes entreprises françaises à privilégier la création de l’emploi en dehors de l’Hexagone » …
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Une réponse à “Economie: Retour sur les Etats-Unis de France (Looking back at Obama’s United States of France: Only with worse food)”
13 mai 09 à 04:59
Morceaux choisis:
« Nous sommes devenus les Etats-Unis de France. (…) Nous sommes plus français que les Français. (…) Et en plus, les snobs de la cuisine français adorent les McDonalds, qui font un tabac là-bas. Eux au moins, il savent reconnaître une frite de liberté quand ils en goûtent une. »
Bill Saporito (Time, sep. 2008, et donc déjà avant l’élection)
« Nous sommes tous français maintenant. »
Bruce Nussbaum (Business week, mars 2009)
« Obama est-il français? »
France 24 (débat, mars 2009)
« Barack Obama a en grande partie ringardisé la gauche européenne et même française. »
Jack Lang (avril 2009)
« Trop français Obama? »
Les Echos, (supplément Les Enjeux, mai 2009)
« Entre Barack Obama et Pascal Lamy je choisis Barack Obama! »
Benoît Hamon (porte-parole du Parti socialiste)
« Le 14 novembre 2008, la Commission européenne a exaucé la pétition réelle et non fictive des marchands de chandelles en grevant les chandelles importées de Chine de droits de douane de 66%. Je ne croyais pas qu’un texte littéraire écrit il y a 160 ans puisse devenir une réalité, mais cela est arrivé. »
Václav Klaus (président de la République tchèque, devant le Parlement européen, le 20 février 2009)
« Avant (…) de se lancer dans une critique sans nuance de l’ouverture des marchés, il faudrait quand même se demander pourquoi les dirigeants de la moitié de l’humanité considèrent aujourd’hui que l’ouverture des marchés constitue un élément essentiel de leur développement. Seraient-ils à ce point aliénés par l’idéologie néolibérale? »
Zaki Laïdi





