Posté le Samedi 18 avril 2009 par jc durbant
Attention: un massacre peut en cacher un autre!
Après la révélation d’un mensonge vieux de près d’un demi-siècle rappelée par l’émouvant “Katyn” du réalisateur polonais Andrzej Wajda …
Noyés, poignardés, égorgés, lapidés, bébés tués sur la poitrine de leur mère puis piétinés, jeune fille décapitée, rescapés brûlés dans une grange, malades et enfants survivants embrochés à coups de fourche et jetés à leur tour dans le feu, langues coupées, yeux arrachés, barbes enflammées, corps mutilés et traînés dans la poussière, à coup de haches, gourdins, barres de fer …
Retour sur un autre massacre oublié lui aussi pendant plus de 50 ans et à nouveau faussement attribué aux nazis et qui a obligé les Polonais cette fois à réviser leur image de pures victimes des totalitarismes tant soviétique que nazi et à confronter la part de certains d’entre eux (comme dans les pays baltes ou en Ukraine) dans la Shoah …
Présenté jusqu’à la sortie du livre de l’historien américain d’origine polonaise Jan Tomasz Gross il y a neuf ans comme l’oeuvre des nazis (stèle mensongère comprise, même si une douzaine de gendarmes allemands étaient effectivement présents occupés à prendre des photos), le massacre de 1600 Juifs (60 % de la population, sept rescapés cachés par une paysanne) par les habitants du village polonais de Jedwabne en une seule journée de l’été 1941 était largement, mis à part quelques allusions de spécialistes, tombé dans l’oubli.
Moins de quinze jours après l’arrivée des Allemands dans une région qui était sous occupation soviétique depuis septembre 1939 et quelques jours après au moins deux autres pogroms dans les villages voisins de Radzilow et Wasosz (un peu plus d’un an après le massacre soviétique, à Katyn et ailleurs, de près de la moitié de l’élite polonaise, qui a nul doute contribué au climat d’impunité) et avant les Kielce d’immédiat après guerre ou les “pogroms froids” de 1956 ou de 1968 …
Cette terrifiante bouffée de haine semble avoir été partiellement motivée, sans compter la chance de récupérer leurs maisons, par des soupçons et des rumeurs de collaboration avec les autorités russes (voire de dénonciation de résistants polonais déportés en Sibérie) de certains juifs qui, après des siècles d’antisémitisme avaient pu, à l’instar de nombre de Polonais avec les Allemands plus tard, accueillir les Soviétiques comme des libérateurs ….
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3 réponses à “Jedwabne: L’autre massacre oublié de l’histoire polonaise (Polish history’s other forgotten massacre)”
19 avr 09 à 05:00
Il ya eu des progromes apres la guerre, contre les Juifs, rescapes des camps en Pologne et autres pays d’Europe centrale.
19 avr 09 à 03:05
Je suppose que certains medias ( et intellectuels ) allemands se font une joie de rappeler ce pogrom qu’ils peuvent coller sans problemes aux Polonais !
Ca les exonere pas de la Shoah mais « rendons a Cesar ……. » et les peuples Baltes sont loin d’etre aussi de pauvres victimes ….surtout qu’il y a eu des meurtres de juifs survivants de la Shoah APRES la guerre par les populations et la pas moyen d’accuser les Nazis . J’ai parleavec des partisans juifs ( A.Kovner / Grossman / ..) A part les loups , tout le monde leur faisait la chasse …..
Un ami qui organisait des visites d’adolescents juifs a Auschwitz ( une experience parfois traumatisante ) les emmenait dans les villages aux alentours : les habitants avaient arrache les « mezouzas » aux chambranles des maisons qu’ils occupaient sachant tres bien que les precedents proprietaires pourrissent dans les champs . la population de ces villages est une belle collection d’ ivrognes de malades mentaux et d’abrutis congenitaux ..( justice immanente ? ) On le leur souhaite avec de bons cauchemards en prime ……..
18 avr 09 à 17:32
Extraits:
« Voici quelle est ma culpabilité : à cause d’une faculté de représentation défaillante, à cause des tromperies de l’époque, par opportunisme et par paresse intellectuelle, je n’ai pas posé certaines questions. Cela tout en appartenant à ceux qui se sont engagés pour que la vérité soit faite sur le crime de Katyn, sur les procès-spectacles de l’époque stalinienne et sur les victimes de l’appareil communiste. Pourquoi n’ai-je pas recherché la vérité aussi sur les juifs assassinés à Jedwabne? »
Adam Michnik
« C’était un pas supplémentaire dans notre examen de conscience et dans notre dialogue avec les Juifs que deux totalitarismes, le nazisme et le communisme, ont trop longtemps empoisonné. »
Adam Schulz (porte-parole de l’épiscopat)
« La guerre a été un moment très important dans la construction de l’identité polonaise: d’abord les Alliés ont trahi la Pologne en l’abandonnant à Hitler, puis ils l’ont laissée tomber dans l’orbite soviétique. Cette identité s’est fondée sur une “victimisation” de la nation. On ne peut d’ailleurs nier que les Polonais aient été des victimes de l’Histoire. Mais avec la catastrophe de Jedwabne, ils ont soudain réalisé que la victime, lorsqu’elle en a eu l’occasion, est devenue bourreau. »
Jan Tomasz Gross
« Entendre des Polonais admettre que des Polonais ont tué des Juifs, c’est extraordinaire, je ne m’attendais pas à un débat d’une telle ampleur, je pensais qu’il se limiterait aux spécialistes. »
Jan Gross





