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M. X, amoureux

Posté le Mercredi 4 février 2009 par Akanin

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« Il avait la foi de l’exportateur dans l’internationalisme économique. C’était un globe-trotter bien avant que les gens réalisent que le globe pouvait être trotté. Un épisode compliqué de sa vie privée est tout à fait significatif. En 1929, X tomba amoureux d’une femme mariée, la fille d’un éditeur italien d’un journal français, née à Istanbul. En 1935, à une époque où les divorces étaient difficiles, ils s’arrangèrent pour se retrouver en URSS (en pleine période des purges, ndvs*), à Moscou, lui venant d’une mission de conseil en finance à Shanghaï, elle de son domicile temporaire en Suisse. Là, Silvia, pris la nationalité soviétique, et profita du régime libéral sur les divorces établi par le communisme, pour divorcer de son mari, et épouser X. Ils s’établirent à Shanghaï, puis à New York, en partie parce qu’ils devaient s’éloigner de l’Europe, pour éviter un conflit sur la garde de la fille de Silvia avec son premier mari. Par la suite, durant les décennies à venir, ils allèrent d’une ville à l’autre, New York, Washington, Londres, Alger, et (une fois que la fille avait grandi) Paris. »

J. A. F.

* Note de votre serviteur.

 Extrait de Global Capitalism, Its Fall and Rise in the Twentieth Century, de Jeffry A. Frieden, éd. W.W. Norton, 2006



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13 réponses à “M. X, amoureux”

  • 13
    michael:

    Et on peut y rajouter le monceau de conneries enoncees lorsqu’on parle de choses militaires ! La aussi les absurdites et contreverites sont legion ( et devenues …la norme ! )

  • 12
    Letel:

    Pourquoi les philosophes ont cette prétention ridicule à vouloir tout connaître des domaines qui ne sont pas les leurs, ce qui les amène à asséner des contrevérités et des absurdités avec un aplomb incroyable ?
    Le gars ne connaît strictement rien au tiers monde, à l’économie du développement, à l’agronomie, à la géographie agricole, et il reprend des clichés dont les agronomes, géographes et économistes qui ont étudié la question savent qu’ils sont faux. Le cliché qui consiste à dire, on leur a imposé des cultures d’exportation, ils ont sacrifié leurs cultures vivrières, et donc ils crèvent de faim à cause de nous. Complètement débile, faux, démenti par tous les spécialistes, aussi débile que Zizek. Et pourtant le monde entier écoute ce clown, tous les journaux lui ouvrent leurs colonnes, on le voit partout, on l’entend partout. Le roi des clichés, le roi des approximations.
    1) Ce sont justement dans les régions de culture d’exportations que les cultures vivrières se sont le mieux développées, les revenus acquis par les paysans leur permettant d’investir dans les engrais ou les outils.
    2) La Chine et l’Amérique latine ont développé leur agriculture sur tous les fronts, exportations et cultures vivrières, grâce à la révolution verte. L’Afrique, restée à l’écart de cette révolution, a connu des difficultés alimentaires, aggravées par les guerre et les politiques de collectivisation des terres. La raison de ces difficultés n’a donc rien à voir avec l’exportation de denrées agricoles comme le café ou le coton.
    3) Enfin, ces exportations sont nécessaires, dans des pays qui se développent, pour financer les importations (matières premières, machines, pièces, etc.) et les dépenses d’infrastructures sans lesquelles aucun développement n’est possible.
    Qu’est-ce qui explique la prétention des philosophes, n’apprend-on pas en philosophie l’humilité devant le savoir, croit-on qu’on peut tout connaître d’une discipline sans l’avoir jamais étudiée ?

  • 11
    Letel:

    Après Badiou, Zizek est sans doute le plus con des philosophes gauchistes :

    « Clinton en imputait la responsabilité non pas aux Etats particuliers, mais à la politique occidentale mondiale au long cours imposée par les Etats-Unis et l’Union européenne, et mise en oeuvre pendant des décennies par la Banque mondiale, le Fonds monétaire international et les autres institutions internationales. Cette politique a contraint les pays d’Asie et d’Afrique à exploiter les terres les plus fertiles pour la production destinée à l’exportation, portant un coup fatal à l’autosuffisance alimentaire de ces pays. »

  • 10
    Letel:

    > Ce qui explique la Sécu telle qu’on la connaît, à mon avis, c’est plutôt la présence des communistes au gouvernement en 1944/1945.

    Sur ce point par contre, je pense que vous vous trompez. Les communistes au gouvernement en 1945 se sentaient assez forts pour aller beaucoup plus loin, ils voulaient rien de moins que la révolution socialiste, un modèle du type soviétique ou des démocraties populaires à venir.
    La sécurité sociale est plutôt propre à la social-démocratie, pas du tout la tasse de thé des communistes à l’époque. C’était le modèle d’Etat-providence expérimenté en Suède dans les années 1930 ou en Grande-Bretagne à la suite du rapport Beveridge en 1940. Ou par Bismarck dès les années 1880, d’ailleurs la France adopte en 1945 le système bismarckien de cotisations employés/patrons et caisses d’assurance professionnelles.

  • 9
    Letel:

    Oui, moi aussi j’ai tiqué sur le libre-échangisme vulgaire et les normes sociales et environnementales. C’est une concession à la pensée française, réfractaire au libre-échange. Mais l’essentiel est qu’il rejette le protectionnisme, dans un contexte où on entend ses partisans de plus en plus. Voir le commentaire de Jean-Marc S. sur le site du Monde.
    En tout cas, merci pour votre post, suis à 100 % d’accord avec vous.

  • 8
    Galahad:

    Daniel Cohen, bof bof. On remarquera par exemple que la seule raison pour laquelle le protectionnisme est mauvais, à lire cet article, c’est que le pays qui le pratique risque des mesures de rétorsion. On reste en fait sur une position ambigüe, pas complètement différente finalement du mercantilisme. Or, la théorie économique enseigne – et 95% des économistes admettent la validité de la théorie des avantages comparatifs (bon… disons 70% des économistes français) – que le protecionnisme, c’est mauvais en tout état de cause. Qu’il rappelle que l’expérience historique l’a prouvé, c’est une bonne chose, mais il aurait pu faire meilleure oeuvre pédagogique.
    Par ailleurs, tout le paragraphe sur le « libre-échangisme vulgaire » et sur la nécessité d’adapter les règles du commerce international aux normes sociales et environnementales des pays occidentaux, c’est une façon que pour le coup je trouve « vulgaire » de faire passer par la fenêtre le protectionnisme qu’on vient d’éconduire à la porte avec ménagements.
    Enfin, la crise de 29 qui débouche sur la Sécu, je trouve ça un peu capillo-tracté. Ce qui explique la Sécu telle qu’on la connaît, à mon avis, c’est plutôt la présence des communistes au gouvernement en 1944/1945.

  • 7
    Letel:

    Le protectionnisme aggraverait la crise

  • 6
    Akanin:

    Ah OK, merci, on le connaissait pas sous le jour d’un amoureux patient et prêt à tout. Aller faire un divorce et se marier en URSS en 1935, pour un sale capitaliste comme lui, il faut avouer que c’est pas mal. Je me demande si Staline a été invité à boire la vodka (ou le cognac plutôt, il a dû en profiter pour vendre des caisses aux apparatchiks).

  • 5
    Julie:

    Non, le « globe trotter »…

    Un grand homme, ce Monnet…

  • 4
    Akanin:

    Il était naturel que le principal protagoniste d’un marché commun en Europe occidentale soit quelqu’un d’immergé dans les cercles politiques et économiques américains, comme c’était le cas de Jean Monnet. Il croyait que le nouveau capitalisme industriel ressemblerait au modèle américain et que la fragmentation économique et politique de l’Europe la paralysait, l’empêchait de mettre en œuvre la nouvelle production de masse, et la consommation de masse qui allait avec. L’industrialisation de type américain requérait un marché de la taille du marché américain, des firmes aussi grandes que les firmes américaines, des marchés financiers aussi étendus que Wall Street. Les entreprises européennes ne pouvaient concurrencer les entreprises américaines sans une base continentale comme celle de l’Amérique, et si elles ne pouvaient être compétitives, elles ne pouvaient utiliser le potentiel du continent. C’est le défi que voulait relever Jean Monnet avec l’intégration européenne. »

  • 3
    Akanin:

    « La période de l’entre-deux-guerres avait montré que la fragmentation économique et politique de l’Europe était intenable. Comme John Foster Dulles l’exprimait en 1941 : « Le rétablissement de quelque 25 pays souverains complètement indépendants en Europe serait une folie politique ». Les États-Unis devaient « rechercher la réorganisation politique de l’Europe continental comme un Commonwealth fédéré ». Les dirigeants internationalistes américains, dans la politique et les affaires, croyaient que des États unis d’Europe étaient essentiels à la prospérité et la stabilité du continent, et favorable aux intérêts américains en Europe.

  • 2
    Akanin:

    Bravo ! C’est la photo ?

  • 1
    Julie:

    Jean Monnet ?