Posté le Jeudi 8 janvier 2009 par Sittingbull
Crise des subprimes: une explication très simple pour ceux qui essayent encore de comprendre
Alors voilà, Mme. Ginette a une buvette à Bertincourt, dans le Pas de Calais. Pour augmenter ses ventes, elle décide de faire crédit à ses fidèles clients, tous alcooliques, presque tous au chômage de longue durée. Vu qu ‘ elle vend à crédit, Mme. Ginette voit augmenter sa fréquentation et, en plus, peut augmenter un peu les prix de base du « calva » et du ballon de rouge.
Le jeune et dynamique directeur de l ‘ agence bancaire locale, quant à lui, pense que les « ardoises » du troquet constituent, après tout, des actifs recouvrables, et commence à faire crédit à Mme. Ginette, ayant les dettes des ivrognes comme garantie.
Au siège de la banque, des traders avisés transforment ces actifs recouvrables en CDO, CMO, SICAV, SAMU, OVNI, SOS et autres sigles financiers imbitables.
Ces instruments financiers servent ensuite de levier au marché actionnaire et conduisent, au NYSE, à la City de Londres, au Bourses de Francfort et de Paris, etc., à des opérations de dérivés dont les garanties sont totalement inconnues de tous (c.à.d., les ardoises des ivrognes de Mme Ginette).
Ces « dérivés » sont alors négociés pendant des années comme s ‘ il s ‘ agissait de titres très solides et sérieux sur les marchés financiers de 80 pays.
Jusqu ‘ au jour où quelqu ‘ un se rend compte que les alcoolos du troquet de Bertincourt n ‘ ont pas un rond pour payer leurs dettes.
La buvette de Mme. Ginette fait faillite.
Et le monde entier l’a dans le cul….
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29 réponses à “Subprime for dummies”
23 jan 09 à 06:24
Non, les Allemands des soixante dernières années ne se plaignent pas trop d’avoir été occupés, pas plus que les Japonais ou les Coréens du Sud. Il suffit de voir l’alternative dans les trois cas. On verra pour les Irakiens dans quelques années.
23 jan 09 à 05:52
envoie les légions pour mettre au pas une province agitée dans les confins de l’empire, ou bien les Britanniques au temps de leur hégémonie.
Je crois qu´on appelle cela néo-colonianisme ou impérialisme ? Quel serait le terme le plus correct ?
Derrière, le postulat est toujours le même : les « sauvages » (barbares, etc) ont besoin des lumières de l´(unique) civilisation…
23 jan 09 à 05:33
Enfin une explication limpide. Merci m’dame Ginette.
23 jan 09 à 03:41
On pourrait comparer ça à Hadrien, sorry
23 jan 09 à 03:39
Pardon, 1945, voici les quatre mandats, FDR meurt au début du 4ème :
4 mars 1933 – 20 janvier 1937
20 janvier 1937 – 20 janvier 1941
20 janvier 1941 – 20 janvier 1945
20 janvier 1945 – 12 avril 1945
23 jan 09 à 03:35
117-138, 21 ans de règne, pas mal, comme Napoléon III, vingt ans. Ca vaut pas les 72 ans au pouvoir de Louis XIV, ou les 64 de la reine Victoria, ou encore les 68 ans de François Joseph, ni même les 59 de Louis XV ou les 45 d’Elisabeth Ière, mais ça suffit à laisser sa marque dans l’histoire. Bush aussi avec ses 8 ans ? Et Obama, bof lui y va battre FDR (4 fois élu, 11 ans de pouvoir, 1933-1944).
23 jan 09 à 03:27
Apogée de Rome et de la Pax Romana, IIème siècle CE*.
* Common Era, en langage politiquement correct, ie après J.-C., en langage ancien, ou AD, Anno Domini, également dans l’ancienne langue.
23 jan 09 à 03:24
23 jan 09 à 03:23
les mauvaises langues disent que c´est une administration parallèle
C’est pas des mauvaises langues, c’est la stricte vérité, une sorte de protectorat. Le gouvernement irakien, vu le passé récent, 35 ans de Saddam, les guerres, la répression féroce, l’invasion US, l’occupation, la guérilla, les luttes de factions et de religions, etc., aura besoin de cette béquille pendant longtemps encore. Obama ne va pas retirer les troupes de sitôt.
On pourrait comparer ça ça Hadrien qui envoie les légions pour mettre au pas une province agitée dans les confins de l’empire, ou bien les Britanniques au temps de leur hégémonie.
23 jan 09 à 03:01
tu es maintenant dans celle des arabes après avoir été dans celle des allemands puis des russes.
SIC
PS vous devriez préparer un doctorat en Sc. Po Les mecs du jury pourraient se marrer un moment.
Les irakiens sont plus malins, plus courageux et plus nobles, ils ne s’abaissent pas à être des suce-bites.
Je ne suis pas sûr de comprendre ce que vous voulez dire mais question zone d´influence, les irakiens en ont une belle : en pleine « zone verte » fortifiée, la plus grosse ambassade US au monde -la taille du Vatican- avec des milliers d´employés…Juste à côté du « gouvernement » irakien, c´est plus pratique… Les mauvaises langues disent que c´est une administration parallèle…Pfff !
23 jan 09 à 01:35
La crise provoquée par les américains s’accentue, nos plus belles réalisations sont en péril et l’on voit le jeu ignoble pratiqué par le portugal, sil je ne vous salue pas !
Dernière minute Quimper
23:30 – jeudi 22 janvier 2009
Fabrication de sabots: Nabad licencie dix salariés à Quimper
Le fabricant de sabots de jardin Nabad va arrêter la production à Quimper. Les lettres de licenciement sont parties pour dix des treize salariés de l’atelier de fabrication. L’entreprise, qui distribue également des chaussures fabriquées au Portugal, conserve trois salariés et des commerciaux par ailleurs.
22 jan 09 à 13:28
Amen !
…
Tu aimes bien les zones d’influence, tu es maintenant dans celle des arabes après avoir été dans celle des allemands puis des russes.
Les irakiens sont plus malins, plus courageux et plus nobles, ils ne s’abaissent pas à être des suce-bites.
22 jan 09 à 12:52
Hélas, plutôt.
22 jan 09 à 11:45
Western Europe will become an Islamicized backwater. Only the United States of America stands between the world and a new Dark Ages
Amen !
22 jan 09 à 11:03
« Bad economic times can breed wars. Europe was a pretty peaceful place in 1928, but the Depression poisoned German public opinion and helped bring Adolf Hitler to power. If the current crisis turns into a depression, what rough beasts might start slouching toward Moscow, Karachi, Beijing, or New Delhi to be born. »
22 jan 09 à 11:00
Sur le M.O. :
« It’s not just the great powers whose trajectories have been affected by the crash. Lesser powers like Saudi Arabia and Iran also face new constraints. The crisis has strengthened the U.S. position in the Middle East as falling oil prices reduce Iranian influence and increase the dependence of the oil sheikdoms on U.S. protection. Success in Iraq–however late, however undeserved, however limited–had already improved the Obama administration’s prospects for addressing regional crises. Now, the collapse in oil prices has put the Iranian regime on the defensive. The annual inflation rate rose above 29 percent last September, up from about 17 percent in 2007, according to Iran’s Bank Markazi. Economists forecast that Iran’s real GDP growth will drop markedly in the coming months as stagnating oil revenues and the continued global economic downturn force the government to rein in its expansionary fiscal policy.
All this has weakened Ahmadinejad at home and Iran abroad. Iranian officials must balance the relative merits of support for allies like Hamas, Hezbollah, and Syria against domestic needs, while international sanctions and other diplomatic sticks have been made more painful and Western carrots (like trade opportunities) have become more attractive. Meanwhile, Saudi Arabia and other oil states have become more dependent on the United States for protection against Iran, and they have fewer resources to fund religious extremism as they use diminished oil revenues to support basic domestic spending and development goals. None of this makes the Middle East an easy target for U.S. diplomacy, but thanks in part to the economic crisis, the incoming administration has the chance to try some new ideas and to enter negotiations with Iran (and Syria) from a position of enhanced strength. »
22 jan 09 à 10:59
Sur la Chine :
« In the worst-case scenario, the turmoil in the international economy will plunge China into a major economic downturn. The Chinese financial system will implode as loans to both state and private enterprises go bad. Millions or even tens of millions of Chinese will be unemployed in a country without an effective social safety net. The collapse of asset bubbles in the stock and property markets will wipe out the savings of a generation of the Chinese middle class. The political consequences could include dangerous unrest–and a bitter climate of anti-foreign feeling that blames others for China’s woes. (Think of Weimar Germany, when both Nazi and communist politicians blamed the West for Germany’s economic travails.) Worse, instability could lead to a vicious cycle, as nervous investors moved their money out of the country, further slowing growth and, in turn, fomenting ever-greater bitterness. Thanks to a generation of rapid economic growth, China has so far been able to manage the stresses and conflicts of modernization and change; nobody knows what will happen if the growth stops. »
22 jan 09 à 10:56
« The much touted « Russian renaissance » is likely to be counted a casualty of the Panic of 2008. »
Commentaire d’un lecteur, extrait :
« Congratulations to TNR for having the courage to print such an insightful article. America is an imperfect country, but as was proved repeatedly during the 20th century it really is the last best hope of mankind. Europe is in decline, and there is a good chance that western Europe will become an Islamicized backwater. Only the United States of America stands between the world and a new Dark Ages. G.W. Bush, for all his faults, understood that, and let us pray that President Obama shares that understanding. There were encouraging signs in his inaugural address that Obama does share that understanding. The lack of references to « multilateralism » and to the United Nations, aka the society for the promotion of anti-Semitism and for the protection of genocidal Third Word dictators, suggests that he may be willing to throw the fascist wing of the Democratic party under the bus. »
22 jan 09 à 10:53
« Today, a much-diminished Russia cannot realistically aspire to fill the shoes of czarist Russia, much less those of the Soviet Union. In Europe, the post-cold war loss of the Baltic republics, most of Georgia, Armenia, Azerbaijan, and above all Ukraine has pushed Russia back to its boundaries at the time of Ivan the Terrible, leaving Russia shorn of half its population and most of its agricultural potential. Now Russia is struggling, with only partial success, simply to maintain its Soviet-era infrastructure and educational system, unable to build the base for a modern economy. Pushed from the center to the far fringes of European geography, lagging well behind Western norms in economic and social productivity, and challenged by the rising powers to its east, Russia retains only shards of the power potential that once made it a credible rival of the United States. »
22 jan 09 à 10:50
« Cataloguing the early losses from the financial crisis, it’s hard not to conclude that the central capitalist nations will weather the storm far better than those not so central. Emerging markets have been hit harder by the financial crisis than developed ones as investors around the world seek the safe haven provided by U.S. Treasury bills, and commodity-producing economies have suffered extraordinary shocks as commodity prices crashed from their record, boom-time highs. Countries like Russia, Venezuela, and Iran, which hoped to use oil revenue to mount a serious political challenge to American power and the existing world order, face serious new constraints. Vladimir Putin, Hugo Chavez, and Mahmoud Ahmadinejad must now spend less time planning big international moves and think a little bit harder about domestic stability. Far from being the last nail in America’s coffin, the financial crisis may actually resuscitate U.S. power relative to its rivals. »
22 jan 09 à 10:50
« The long history of capitalism suggests another possibility. After all, capitalism has seen a steady procession of economic crises and panics, from the seventeenth-century Tulip Bubble in the Netherlands and the Stop of the Exchequer under Charles II in England through the Mississippi and South Sea bubbles of the early eighteenth century, on through the crises associated with the Napoleonic wars and the spectacular economic crashes that repeatedly wrought havoc and devastation to millions throughout the nineteenth century. The panics of 1837, 1857, 1873, 1893, and 1907 were especially severe, culminating in the Great Crash of 1929, which set off a depression that would not end until World War II. The series of crises continued after the war, and the last generation has seen the Penn Central bankruptcy in 1970, the first Arab oil crisis of 1973, the Third World debt crisis of 1982, the S&L crisis, the Asian crisis of 1997, the bursting of the dot-com bubble in 2001, and today’s global financial meltdown.
And yet, this relentless series of crises has not disrupted the rise of a global capitalist system, centered first on the power of the United Kingdom and then, since World War II, on the power of the United States. After more than 300 years, it seems reasonable to conclude that financial and economic crises do not, by themselves, threaten either the international capitalist system or the special role within it of leading capitalist powers like the United Kingdom and the United States. If anything, the opposite seems true–that financial crises in some way sustain Anglophone power and capitalist development. »
22 jan 09 à 08:41
C’est pas juste, oin, même quand y zont une crise, ça les renforce.
9 jan 09 à 15:22
Je viens régulièrement sur votre site et j’apprécie le travail que vous faites sans flagornerie de ma part.
Merci, ça fait toujours plaisir.
9 jan 09 à 13:23
====>>>>Ce qui est en cause ce n’est pas d’avoir facilité l’accession à la propriété aux personnes qui ne pouvaient pas le faire autrement. Ce qui est en cause c’est le fait d’en avoir fait des actifs qui se négocient et donc source de revenus pour tout une série d’intermédiaires.
La c’est vous qui simplifiez… Quand l’administration Clinton a renforce le Community Reinvestment Act et force les banques a preter quelques soit les credit rating ou les revenus des acheteurs, elle a voulu faire supporter ce genre de « social engeneering » a des compagnies privees, dont le but n’est pas de faire la charite mais de faire du profit pour leurs actionaires. D’ou la mise au point de tous ses produits compliques senses repartir le risque et limiter les degats.
9 jan 09 à 07:12
Ce qui est en cause ce n’est pas d’avoir facilité l’accession à la propriété aux personnes qui ne pouvaient pas le faire autrement. Ce qui est en cause c’est le fait d’en avoir fait des actifs qui se négocient et donc source de revenus pour tout une série d’intermédiaires.Il est clair que les gouvernements américains ont leurs responsabilité en la matière mais sans cette capacité d’acheter et de revendre ces actifs, le problème eut été concentré au sein des Fannie Mae et autre Fredie Mac. La solution à ce problème aurait été de voter un budget spécifique pour soutenir ces institutions au lieu de faire croire que le marché réglerait cette note là. Maintenant ceci est une facette du problème, l’autre facette provient de la faillite de Lehman Brothers qui a mis le feu au poudre. L’indicateur en la matière est le différentiel p entre le taux Libor (à savoir le taux auquel les banques se prêtent de l’argent) et le Treasury sur la même durée. Ce spread est à un niveau historiquement élevé indiquant que les banques ont sérieusement ralentit les opérations de prêts entre banques (opérations qui sont vitales pour le fonctionnement du marché). Finalement. et on en pale fort peu, c’est comme si peu de personnes garde ce souvenir en tête. n’oublions pas que les taux d’intérêts en USD ont été progressivement augmentés de prés de 1% à plus de 5% en l’espace de 5ans. Donc l’ensemble des personnes qui pouvaient financer leurs achats à des taux d’intérêts bas ne peuvent pas nécessairement se permettre les taux plus élevés. Chercher la faute…
Sammy
p.s. Sitiing bull ce n’était pas une critique que de dire que ces une simplification à outrance. Je viens régulièrement sur votre site et j’apprécie le travail que vous faites sans flagornerie de ma part.
8 jan 09 à 18:07
C’est une faillite totale de la classe politique et financière.
Les agences gouvernementales Freddie Mac et Fannie Mae ont prêté à des gens insolvents à cause de la loi poussée par les démocrates. Tout le monde pensait qu’avec la bulle des prix montants tout irait bien.
L’euphorie a empêché ce qu’on appelle « due diligence » (vérifier les comptes, en somme) dans l’ensemble du secteur financier.
Il y a encore beaucoup de dette-poison dans le système, ça prendra du temps à assainir….
8 jan 09 à 16:48
Sitt, j’ai vu Lou Dobson de CNN dire que la crise des subprimes venait aussi des sociétés de rating qui n’avaient pas vraiment fait leur travail d’analyse des compagnies et des titres.
J’en ai discuté avec un américain, il m’a dit que c’était du ass covering des Dems.
Vous en pensez quoi?
8 jan 09 à 16:32
C’est une simplification à outrance.
Et moi qui croyais bêtement que c’était vrai…
8 jan 09 à 13:37
C’est une simplification à outrance. Ce que vous oubliez de mentionner, c’est le rôle des agences de notations qui ont souvent notées les instrument comme étant dans la catégorie des actifs qu’il était possible de détenir (de triple A jusqu’à triple B). L’erreur se situe tout autant de ce côté que du côté des établissements financiers et des comités d’investissements des fonds qui s’appuient sur ces notations pour établir les directives d’investissements (il est vrai qu’il est impossible d’analyser les centaines de milliers de titres qui circulent sur les différents marchés, mais les agences sont un peu utilisées comme des couches culottes ).





