eXc: Nous aimons la liberté, l'état de droit, l'héritage des Lumières, la séparation de l'église et de l'état, l'humour. Nous n'aimons pas le fascisme, le communisme, l'antiaméricanisme, l'antisémitisme, le racisme, la bureaucratie, les totalitarismes. Nous estimons que le plus grave danger que courent les démocraties libérales est de céder à l'islamofascisme. Lire plus

PETIT RAPPEL : DON PUTINI BY KASPAROV

Posté le Lundi 25 août 2008 par sil

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“DON PUTIN” par Gary Kasparov, « Wall Street Journal », août 2007.

Nous, dans l’opposition russe, avons dit depuis longtemps que nos problèmes à nous deviendraient rapidement ceux du monde entier. En effet, la mafia ne reconnaît pas les frontières.

Lorsque Vladimir Putin est parvenu au pouvoir en 2000, la question brûlante sur toutes les lèvres était : “Qui est Putin?”

Désormais, elle est devenue « Quelle est la nature de la Russie de Putin ? » Le régime a pourtant été remarquablement cohérent dans son comportement, et cependant les dirigeants Occidentaux et les médias paraissent toujours surpris du manque de considération de M. Putin pour leur opinion.

Sans cesse nous les entendons s’exclamer,

“Mais comment Putin ne se rend-il pas compte de l’image désastreuse que donnent ses actes?”

Lorsqu’une journaliste en vue est assassinée [Anna Politkovskaïa], lorsqu’un homme d’affaires d’opposition est emprisonné [Khodorkovsky], lorsqu’une société étrangère est spoliée de ses investissements en Russie [BP], lorsque des manifestants pour la démocratie sont battus par la police [Oleg Kozlovsky], lorsque les ressources naturelles en énergie sont utilisées en tant que moyens de pression ou lorsque des armes russes et des techniques balistiques sont vendus à des États qui parrainent le terrorisme comme la Syrie et l’Iran, ce qu’il faut se demander c’est au contraire quel type de gouvernement perpétue de telles pratiques ?

Le régime du Kremlin fonctionne avec un système de valeurs totalement différent de celui des nations occidentales, qui s’efforcent de comprendre ce qui se passe derrière la moyenâgeuse forteresse du Kremlin

Le gouvernement de M. Putin est unique dans l’Histoire. Ce Kremlin est en partie oligarchique avec sa bande numériquement restreinte de dirigeants opulents, tous liés entre eux. C’est aussi en partie un système féodal, divisé en fiefs semi autonomes et dont les serfs privés de Droits se font copieusement pressurer.

Le tout est badigeonné d’un vernis démocratique tout juste suffisamment rutilant pour justifier l’appartenance au G8 et garantir la tranquillité de l’argent des oligarques dans les banques Occidentales.

Cependant, si vous souhaitez comprendre en profondeur le régime de Putin, je peux vous recommander quelques lectures.

Ce ne sont pas celles de Karl Marx ni d’Adam Smith. Il n’y a rien non plus d’utile dans les oeuvres de Montesquieu voire de Machiavel, même si l’auteur que j’ai en tête est bien d’origine Italienne. Laissez aussi de côté, pour l’heure «La Doctrine du fascisme» de Mussolini et tout le rayon consacré aux sciences politiques.
Dirigez-vous plutôt vers la fiction, et prenez les œuvres complètes de Mario Puzo.

Si vous êtes pressé de devenir un expert sur le gouvernement de Russie, vous pouvez même trouver les adaptations de l’œuvre de M. Puzo en film. La trilogie du «Parrain» est en effet une bonne entrée en matière, mais ne négligez pas pour autant «le Dernier Don», «Omertá» et «Le Sicilien».

La toile d’araignée des trahisons, le secret, les lignes floues qui délimitent ce que sont le gouvernement, les affaires et le crime – tout est là, dans les livres de M. Puzo. Un historien qui étudie le Kremlin y trouve des éléments de l’état corporatiste de Mussolini associé aux juntes Latino-américaines et à la machine pseudo démocratique du Parti Révolutionnaire Institutionnel mexicain.

Un lecteur de Mario Puzo discerne plus clairement la manière de gouverner de M. Putin : sa hiérarchie stricte, le chantage, l’intimidation, le culte du secret et par dessus tout l’objectif de maintenir le flux des recettes. En d’autres termes, c’est une mafia.

Si un membre du cercle restreint se lève contre le Capo, c’est au prix de sa vie. Naguère l’homme le plus riche de Russie Mikhaïl Khodorkovsky souhaitait faire fonctionner sa société pétrolière Youkos selon les règles du droit et non comme un rouage de la KGB S. A. de Putin. C’est pourquoi il s’est rapidement retrouvé dans une prison sibérienne, sa société démembrée, pillée et engloutie par les appareils de la mafia d’état que sont Rosneft et Gazprom.

Le cas Yukos est vite devenu un modèle. Les sociétés privées sont absorbées par l’État, tandis que celui-ci investit à son tour dans des entreprises privées.

Alexandre Litvinenko était un agent du KGB qui avait rompu avec le code d’honneur du système en s’exilant en Grande-Bretagne. Pire, il a violé l’Omertá en se confiant à la presse, allant jusqu’à publier des livres sur la méthode et les objectifs de Putin et de ses hommes de main. Au lieu d’être embarqué de force dans une mortelle partie de pêche, à la façon désuète du «Parrain», il a été assassiné à Londres dans ce qui demeurera comme le premier cas de terrorisme nucléaire. On sait que le Kremlin refuse désormais d’extrader le principal suspect de cet assassinat.
M. Putin ne peut envisager que la Grande-Bretagne compromette ses intérêts à cause de la perte d’une seule vie humaine. Dans son monde où tout est négociable, il s’agit d’un concept totalement incompréhensible. La morale et les principes ne sont que des jetons sur la table de jeu du Kremlin. Il n’y a pas de malentendu autour du cas Litvinenko, on y parle seulement deux langues étrangères l’une à l’autre.

Dans le monde civilisé, certaines choses sont sacro-saintes. La vie humaine ne se trouve pas sur la même table de jeu que le business et la démocratie. Mais pour M. Putin, c’est au contraire un jeu sans limite. Le Kosovo, le bouclier anti-missiles, les oléoducs, le programme nucléaire Iranien et les droits démocratiques ne sont justes que des cartes à jouer.

Après des années passées à se moquer, sans conséquences internationales, des lois en Russie, personne ne doit être surpris désormais de l’attitude de M. Putin aussi en matière de relations internationales.

L’individu que l’on accuse de l’assassinat d’Alexandre Litvinenko, Andreï Lougovoï, signe des autographes en public et les médias russes le soutiennent, eux qui ne font rien sans l’approbation du Kremlin.

Sept années durant, l’Occident a tenté de changer le Kremlin avec de simples mots, s’imaginant apparemment pouvoir d’intégrer M. Putin et sa bande dans le système diplomatique et commercial de l’Occident.

Mais c’est le contraire qui s’est produit, car la mafia corrompt tout ce qu’elle touche.
Le Kremlin ne change pas de méthode, il les impose au monde extérieur, et reçoit un sceau de légitimité de la part des dirigeants et des entreprises occidentales, tout en les rendant complices de ses crimes.

Avec la hausse des prix de l’énergie, passer des accords avec le Kremlin devient une offre que vous ne pouvez pas refuser. Gerhard Schröder ne pouvait s’empêcher de faire des affaires avec Putin selon les termes de celui-ci et, après avoir facilité un accord sur le pipeline de la mer Baltique lorsqu’il était chancelier, il a récupéré un bon boulot chez Gazprom après avoir quitté ses fonctions à la tête de l’Allemagne.

Silvio Berlusconi est lui aussi devenu un partenaire en affaires de Putin, se permettant même de prendre la défense de son ami russe lors d’un meeting de l’Union Européenne à propos des crimes commis en Tchétchénie et de l’emprisonnement de Khodorkovsky, puis plaisantant à l’attention de Putin : « Je devrais être ton avocat ! »

Et maintenant voilà Nicolas Sarkozy qui soutient la cause de Total à propos des gisements de gaz de Chtokmann. M. Sarkozy peut-il élever le ton en public en faveur de la Grande-Bretagne, après avoir conclu de grands accords au téléphone avec Putin? Il devrait savoir que si Gordon Brown propose à son tour de laisser tomber l’affaire Litvinenko, Total sera peut-être sacrifiée au profit de British Petroleum.

Nous, dans l’opposition russe, avons dit depuis longtemps que nos problèmes à nous deviendraient rapidement ceux du monde entier. En effet, la mafia ne reconnaît pas les frontières. Pour le Kremlin, le terrorisme nucléaire est tout à fait concevable s’il sert ses intérêts. L’expulsion de diplomates et la restriction des visites internationales n’auront que peu d’impacts.

Ce qu’il faudrait plutôt limiter, ce sont les visites de l’élite russe à ses propriétés en Occident. Paradoxalement, ils préfèrent garder leur argent là où ils peuvent faire confiance à l’état de droit. Ils ont dépensé tant aux sports d’hiver dans les Alpes qu’ils ont récemment décidé, et obtenu, de faire venir les Jeux Olympiques d’hiver en Russie

Il n’y a pas de raison d’arrêter de faire des affaires avec la Russie. Mais la réalité, c’est que la mafia prend sans donner. M. Putin a compris qu’en négociant avec l’Europe et l’Amérique, il pouvait toujours obtenir de l’argent contre de simples promesses de réformes. M. Lougovoï pourrait ainsi très bien se faire mettre en vente à son tour.

source : http://docs.google.com/View?docid=dc2m8p62_289sjsx3nh8



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3 réponses à “PETIT RAPPEL : DON PUTINI BY KASPAROV”

  • 3
    ExtremeCentre.org » MEFAITS DIVERS ET JEUX D’ÉTÉ: Blog Politique Francophone pour les Libertés Fondamentales et Contre Tous les Totalitarismes, qu'ils soient de Droite ou de Gauche:

    [...] Don Poutini campa son rôle de mafieux radioactif à la perfection pendant que le sergent Georges, toutes sirènes hurlantes, ne perça pas trop l’écran dans son rôle de shérif. Ça m’a rappelé le dernier Batman, où le vilain semble mieux jouer sa partie que notre héros devenu un tantinet neurasthénique. La palme d’or allant toutefois à notre président, particulièrement remarquable dans son interprétation d’avocat de Don Poutini. « Eh petit, viens donc par ici ! » [...]

  • 2
    Sebaneau:

    Pour tordre définitivement le cou aux mensonges comme prétexte à une agression qui dure en fait depuis 1992 :

    http://docs.google.com/Edit?id=dc2m8p62_295m9bn7pd5
    http://pasta.cantbedone.org/pages/HXsuwG.htm
    L’indépendance du Kosovo ne viole en rien le Droit international

    La Résolution 1244 du Conseil de Sécurité n’interdit pas l’indépendance du Kosovo et n’aurait pas pu le faire

    La Résolution 1244 n’a jamais reconnu l’appartenance du Kosovo à la Serbie, bien au contraire

    Tout d’abord, c’est de la soi-disant « République fédérale de Yougoslavie » et non de la Serbie, qui n’était pas sujet de Droit international, que celle-ci, dans son préambule, « reconnaît l’intégrité territoriale ».

    Et elle ne mentionne la Serbie qu’une seule fois –une seule– dans une phrase qui laisse clairement entendre qu’il s’agit d’un territoire distinct du Kosovo :

    « Procédures concernant les retraits, y compris un calendrier détaillé et échelonné et la délimitation d’une zone tampon en Serbie au-delà de laquelle les forces se retireront »

    Il est donc clair que, si la Résolution 1244 exprime une opinion quelconque sur l’appartenance ou non du Kosovo à la Serbie, cette opinion est que le Kosovo n’est PAS en Serbie.

    Il est vrai qu’à partir de juin 2006, avec l’indépendance du Monténégro, la résolution 1244 s’appliquait à la Serbie en tant qu’État successeur de la soi-disant « RFY » mais, la Serbie étant un territoire différent de cette soi-disant « RFY », il est LOGIQUEMENT impossible que l’ »intégrité territoriale » à laquelle se réfère le préambule de la 1244 soit la sienne.
    Les dispositions de la Résolution 1244 qui demeuraient applicables concernaient donc l’administration internationale du Kosovo, mais ne peuvent pas concerner l »intégrité territoriale’ de la Serbie.

    Il existe de soi-disant « spécialistes » du Droit international qui prétendent que ce ne serait pas vrai, et que l’ »intégrité territoriale » de la soi-disant « République fédérale de Yougoslavie » voudrait dire celle de la Serbie, c’est-à-dire que le tout serait identique à l’une de ses sous-parties, mais il n’existe nulle part aucun raisonnement –et ils n’en ont pas fourni– qui pourrait passer pour juridique et qui pourrait expliquer le pourquoi de cette conclusion qui va si évidemment à l’encontre des lois de la logique.

    La raison pour laquelle personne ne songe s’être soucié d’expliquer cette contradiction est probablement que de toutes façons, la Résolution 1244 n’interdisait nullement au Kosovo de déclarer ultérieurement son indépendance.

    Nulle part la Résolution 1244 n’interdisait au Kosovo de déclarer son indépendance comme il l’a fait le 17 février 2008, ni aux autres États de la reconnaître, et elle n’aurait pas pu le faire

    La « reconnaissance » de la soi-disant « République Fédérale de Yougoslavie » par la Résolution 1244 était instantanée et PROVISOIRE, et en Droit elle ne pouvait être QUE provisoire.

    Elle était provisoire parce que :

    - ‘elle renvoyait à un « processus politique » pour déterminer ultérieurement le « statut final », sans exclure en aucune manière que ce statut final puisse être l’indépendance, et qu’elle

    - ne prévoyait nullement qu’une résolution ultérieure du Conseil de Sécurité fût nécessaire pour approuver ce statut final.

    Et elle ne pouvait être QUE provisoire, elle n’aurait pas pu en disposer autrement, parce que

    - le Droit international affirme expressément que les colonies ont le Droit de se déclarer indépendantes que le colonisateur soit d’accord ou non, et que

    - la décision de reconnaître un Etat indépendant a toujours été en Droit international une prérogative souveraine des Etats.

    On trouve entre autres les dispositions du Droit international relatives à la décolonisation parmi les arguments centraux du débats d’experts en Droit International public à propos du référendum raté sur l’indépendance du Qébec, comme chacun sait inventeur de la notion de « souverainisme ».

    Il est donc faux de dire que l’indépendance du Kosovo violerait le Droit international comme le fait l’invasion par l’armée russe de la Géorgie souveraine et internationalement reconnue.

    L’indépendance du Kosovo est un cas ordinaire de décolonisation

    L’indépendance du Kosovo est un simple cas de décolonisation, comme au XIX° siècle l’indépendance de la Serbie vis-à-vis de l’Empire ottoman en était un aussi.

    L’opinion de son peuple suffit à le prouver

    C’est ainsi que l’entend 90 % de sa population et il se trouve qu’en l’espèce, cette opinion est logiquement suffisante pour prouver ce fait.
    Prétendre au contraire que l’opinion de ces 90 % de Kosovars ne pourrait pas être vraie, qu’elle serait forcément irrecevable sous prétexte qu’ils sont albanais ce serait du polylogisme racial tel que « théorisé » par le « penseur » du socialisme national allemand Lothar Gottlieb Tirala.
    Et de la part de la clique dirigeante de Belgrade, avec ses dupes et de ses complices, un tel racisme institutionnel prouverait qu’ils ne sont toujours pas acquis à la démocratie, et confirmerait seulement que celle-ci n’est pas digne d’exercer une souveraineté quelconque sur ce peuple.

    Le Kosovo a été traité comme une colonie jusqu’à son indépendance

    Et le Kosovo n’était pas seulement une colonie parce que c’est ainsi que le perçoit sa population indigène : c’était aussi une colonie parce qu’en octobre 1912, lorsque la soldatesque serbe et monténégrine l’a envahi pour la première fois, les indigènes albanais y étaient majoritaires aux deux tiers : c’était donc une colonie parce qu’il était un territoire conquis, par une puissance culturellement étrangère à la majorité de son peuple laquelle, en décembre, à la Conférence des Ambassadeurs de Londres, le revendiquait néanmoins au nom de sa « civilisation supérieure » – »civilisation supérieure » qu’elle illustrait en massacrant ses indigènes, au minimum 20 000 en deux ans.

    Le Kosovo était aussi une colonie parce que les gouvernements serbes successifs qui en ont eu le pouvoir n’ont cessé de vouloir y installer des colons serbes sur des terres volées à ses indigènes albanais.

    Ensuite, le Kosovo était une colonie parce qu’il l’était au regard de la loi : il a été soumis à un régime policier d’exception au droit commun yougoslave de 1945 à 1966, puis de 1981 à 1999, la police et l’armée suspendant par la force, puis prétendant abolir, en toute illégalité, son statut constitutionnel de quasi-république à partir de mars 1989 ; ensuite, de 1999 à la déclaration d’indépendance de février 2008, il était une colonie de la « communauté internationale ».

    Et en 1913, c’est expressément que les dirigeants politiques de Belgrade avaient refusé d’y appliquer le droit commun de la Serbie en annexant à l’état serbe les territoires conquis lors des guerres balkaniques conformément à l’art. 2 de la Constitution de 1903, sous prétexte que leur population n’était « pas mûre » : en fait parce qu’elle n’était pas serbe, mais à 80 % albanaise et bulgare.

    C’est entre autres pour cela que, malgré ses invasions et occupations successives par la Serbie au XX° siècle, le Kosovo n’a jamais légalement partie d’une Serbie souveraine :

    - il ne lui appartenait pas lorsqu’elle s’est fondue en décembre 1918 dans l’Etat des Serbes, des Croates et des Slovènes et,

    - lorsque la Serbie est devenue indépendante en 2006, le Kosovo avait déjà, en octobre 1991, proclamé son indépendance en cas de dissolution de la Fédération yougoslave, conformément aux dispositions correspondantes de la Constitution du 21 février 1974 alors en vigueur, au même titre et de la même manière que la Slovénie et la Croatie, dont l’indépendance est reconnue depuis seize ans.

    Et c’est la dernière raison pour laquelle l’indépendance du Kosovo est un cas de décolonisation : parce qu’il avait été annexé de force à la soi-disant « République Fédérale de Yougoslavie » créée en avril 1992, alors qu’en vertu de la légalité yougoslave immédiatement antérieure, il était indépendant.

    La seule source de « Droit » qui permettait légalement de nier cette indépendance, ce fut la « reconnaissance » internationale de la soi-disant « République Fédérale de Yougoslavie » à partir des accords de Dayton : c’est-à-dire ni la justice naturelle qui reconnaît évidemment les Droits nationaux des Kosovars, ni la légalité locale qui se trouvait elle aussi reconnaître ces Droits nationaux nonobstant les coups de force successifs du pouvoir de Belgrade, mais les décisions arbitraires de gouvernements étrangers, qui les méconnaissaient provisoirement.
    Provisoirement parce que, la soi-disant « République Fédérale de Yougoslavie » ayant disparu, ce qui est aujourd’hui reconnu par les Etats civilisés qui se soucient de respecter le Droit, c’est la « République du Monténégro », la « République de Serbie », et la « République du Kosovo ».
    En toute légalité internationale.

    L’indépendance du Kosovo ne fait que rétablir les Droits que possédait son peuple aux termes de la Constitution yougoslave du 21 février 1974

    Dans la Constitution fédérale yougoslave du 21 février 1974, le Kosovo avait les mêmes institution que les républiques, et il était directement représenté, à parité complète dans les instances fédérales : du 15 mai 1986 au 15 mai 1987 c’est un Kosovar, Sinan Hasani, qui a présidé la Fédération tout entière. Et c’est à titre purement nominal qu’il « appartenait » à la Serbie. Celle-ci n’avait absolument aucun Droit de regard d’aucune sorte sur ce qui s’y passait, comme s’en plaignait alors le juriste serbe Kosta Čavoški –pseudo-nationaliste qui défend aujourd’hui Radovan Karadžić :

    « les provinces autonomes, chacune prise séparément, et la Serbie, réduite à une superficie restreinte, sont égales entre elles et pratiquement indépendantes les unes des autres, de la même façon que la Macédoine est indépendante du Monténégro et vice-versa. »

    En outre la Constitution reconnaissait aux Kosovars, en tant que « nationalité », le « Droit d’autodétermination, y compris la sécession », dans le cadre de leur « province autonome » au même titre qu’aux « peuples » dans leurs « Républiques fédérées ».

    Et lorsque le pouvoir serbe, à partir de mars 1989, a prétendu abolir ce statut constitutionnel par une violence illégale, il a de facto mis la main sur le territoire pour une dizaine d’années, mais ce faisant il détruisait de jure la Constitution fédérale yougoslave, donc la Fédération, et avec cette Constitution et cette Fédération toutes les prétentions juridiques de la Serbie sur ce territoire, puisque celles-ci n’existaient que par elles.
    http://docs.google.com/Doc?id=dc2m8p62_258gfsbt9ch

    C’est pourquoi Noel Malcolm, Senior Research Fellow à Oxford et historien du Kosovo, interprète ainsi la déclaration d’indépendance du 17 avril 2008 :

    « Jusqu’à la destruction de l’ancienne Yougoslavie fédérale par Milošević, le Kosovo avait un double statut. Il était censé appartenir à la Serbie, mais il était aussi une entité constitutive de la Fédération. Et à tous égards dans la pratique, c’est ce dernier sens qui l’emportait : le Kosovo avait son propre parlement, son propre gouvernement, et il était directement représenté au niveau fédéral, à côté de la Serbie. C’était, en fait, l’une des huit entités du système fédéral.

    « Presque toutes les autres entités sont aujourd’hui devenues des états indépendants. Historiquement, l’indépendance du Kosovo ne fait que compléter le processus. C’est pourquoi le Kosovo est simplement devenu un état ex-yougoslave de plus, comme n’importe quel historien pourrait vous le dire »
    http://docs.google.com/Doc?id=dc2m8p62_275d8xcqcpk

  • 1
    Sebaneau:

    http://www.civil.ge/eng/article.php?id=19282#
    Saakashvili’s Account of Events that Led to Conflict
    Civil Georgia, Tbilisi / 25 Aug.’08 / 03:30

    President Saakashvili said in a lengthy televised speech that Russia and the west’s muted reaction were to blame for the current crisis.

    Saakashvili was speaking at a meeting with a group of lawmakers, both those from his ruling National Movement Party and the parliamentary minority, late on August 24.

    His speech, which lasted for over an hour and was aired live by on Georgian television, was an attempt to explain to the Georgian public what led to the armed conflict with Russia.

    For the past two weeks President Saakashvili has used western media extensively, appearing almost daily on international TV networks to shape public opinion abroad. His extensive televised speech at the meeting with the lawmakers was his first comprehensive attempt to shape domestic opinion. The speech comes in the face of expected “tough questions” that some politicians, including ex-parliamentary speaker Nino Burjanadze, have warned they will raise.

    He started his speech by thanking lawmakers, including those from the parliamentary minority, for demonstrating unity against the background of Russian occupation.

    “It was the moment when lustration happened,” he said.

    “There is no need for a law on lustration any more. Just look at what was said by whom [referring to politicians’ statements] and who was giving interviews to the Russian media in recent days and everything will become clear…. Our unity is a gallows for our enemy… We will overcome this misfortune if we remain united.”

    Saakashvili then recounted major events in the relationship with Russia, starting from the very first days of his presidency in early 2004, when, he said, he tried to build constructive relations with Russia.

    “From the very first day of my presidency I paid a visit to Russia. I thought it was a very good meeting with Putin and we had very frank talks. The first thing he asked me was to strengthen the border.”

    He said that Russians were especially concerned about the situation in Pankisi gorge, a north-eastern mountainous area in Georgia close to the Russian border, and about illegal cross-border movement at the Chechen section of the border.

    “I want to acknowledge that we really helped Russians in this. We stopped arms trafficking and [illegal] cross-border movements,” Saakashvili said. “We put in place a key element required [for the Russians] to establish order »
    [Also on this matter: http://www.civil.ge/eng/article.php?id=6258

    Saakashvili then recalled 2004 events in Adjara, when Aslan Abashidze, ex-leader of the Autonomous Republic, was forced to flee to Russia. Saakashvili said that Russia, and in particular then Secretary of the Russian National Security Council, Igor Ivanov, had failed to play a positive role.

    “But despite this, next day [after Abashidze had fled overnight on May 6] I phoned President Putin – out of politeness – and thanked him for accepting developments in Adjara with understanding,”

    Saakashvili said.

    “I remember that conversation very well; in response to my polite remarks, he said roughly: ‘Now remember, in Adjara we did not intervene, but you won’t have any gifts from us in South Ossetia or Abkhazia.’ That’s what he said to me.”

    Saakashvili continued, talking about “a series of provocations” in breakaway South Ossetia, leading to the clashes in summer, 2004.

    He said that since then, Russia, which was in direct control of the situation on the ground in Tskhinvali, was preventing any attempt at direct talks with the local community in South Ossetia.

    “The first major blow for Georgia came in January 2006 when a power line and gas pipelines were exploded,” Saakashvili said.

    He said that in the course of 2006 Russian intelligence “started getting very active,” by, among other things, he said, financing “Giorgadze’s groups,” and staging a series of terrorist acts. one of which happened in the town of Gori, when a blast killed three policemen and injured 27 other people.

    Saakashvili recalled that Georgia arrested Roman Boiko, a Russian military intelligence operative, according to the president, for masterminding the Gori blast.

    “But the Russians asked us to quietly release him [Boiko] and to forget the incident… We handed him over to Russia, hoping that Russia would appreciate it,”

    Saakashvili said. “Now I think it was a mistake.”

    After that incident, Russian intelligence, Saakashvili said, stepped up their activities in Georgia.

    “And as a result we were forced to demonstratively arrest several of their military intelligence operatives,” he said, adding that Russia responded by extending an already existing economic embargo on Georgia.

    “But they failed to achieve their goal through this economic embargo; people did not come out onto the streets and did not overthrow the government,”

    Saakashvili said.

    Then he recalled the November 2007 events, but only spoke briefly about them, saying that he did not think that “every participant in those events was cooperating” with Russia.

    He, however, said that the Georgian authorities possessed information passed on by “western intelligence services,” according to which, he said, just before the November events two Russian criminal bosses, one of them Vyacheslav Ivankov, with the nickname Yaponchik, “who has close links with the Russian leadership,” visited Georgia and Armenia. “They were discussing various scenarios of regime change in Georgia,” Saakashvili said.

    A military intervention was the only option left for Russia to overthrow the government in Georgia, after all other options had failed to produce results, Saakashvili said.

    “I suppose that Russia started thinking about military intervention in Georgia sometime in 2007,” he said.

    “[In July 2007] Russia announced a withdrawal from the Conventional Forces in Europe Treaty, limiting military forces in [Europe] and the Caucasus.”

    Up to 3,000 Russian armored vehicles of various types had rolled into Georgia, he said.

    “We had only 200 tanks, because we had no right to have more, in accordance with the treaty; Russia brushed off its commitments by withdrawing from the treaty,”

    Saakashvili said.

    He then once again criticized “western partners” for not paying enough attention to this move by Russia.

    “It was obvious that they would not need 3,000 tanks for Chechnya in 2007. I was telling this to many western partners: just look what Russia is doing; it is simply concentrating military hardware on the Georgian border. Was that not a signal that something was being prepared?”

    he said.

    Saakashvili then recalled then-President Putin’s visit to Dagestan in the North Caucasus in February 2008 and his remarks made there, when he instructed the Russian authorities to reconstruct the road leading from Dagestan to Georgia’s Kakheti region. The only legal land road between Georgia and Russia was closed by Moscow in 2006.

    “Shouldn’t these remarks by Putin have been a wake-up call for the world?” Saakashvili asked.

    “–These remarks were aired by strictly censored Russian television, meaning that he [Putin] wanted the world to hear this.”

    “But there was zero reaction from the world,” he said.

    He also slammed the EU’s reaction to Russia’s admission of violating Georgian airspace in July.

    “This admission by Russia was a clear sign that they were testing western reaction,” Saakashvili said.

    “It took six days for the EU to make a statement about it and the statement was just saying: we call on both sides to refrain from provocations. It was in fact inviting Russia to do something else, because [the EU statement] amounted to saying: we are not interfering in this matter. That was a very alarming reaction that led to what then happened.”

    Saakashvili also said that there was again international silence when Russian forces started military exercises in the North Caucasus, practicing “peace enforcement in Georgia.”

    “They [Russia] were saying it publicly, deliberately to see what kind of reaction it would have; but it was silence again; zero [international] reaction,”

    Saakashvili said.

    He also said that when he warned western leaders about possible Russian military intervention, they, he said, “thought I was exaggerating.”

    In February 2008, Saakashvili said, he met Putin. The president said he came away from the meeting with the impression that “Russia was threatening us with war.”

    Then came the NATO summit in Bucharest in April, he said, “which made a strategic mistake.”

    “Instead of giving us NATO membership action plan [MAP], they [NATO] said: we are not giving MAP to Georgia because there are conflicts, but we will get return to this issue in December,” Saakashvili said. “Saying this amounted to telling Russia: do something before December, otherwise in December Georgia may get MAP.”

    He said that Georgia was limited in options. “Saying no to NATO would not have given us any guarantee,” he said.

    Saakashvili said that he had explained to western leaders, including German Chancellor Angela Merkel and U.S. President George W. Bush, that Russia’s decision to repair railway infrastructure in breakaway Abkhazia’s Ochamchire district was designed to facilitate the the movement of troops and military hardware for intervention in Georgia.

    He then confirmed for the first time reports that he had proposed to Russia to divide Abkhazia into spheres of influence.

    “I tried to somehow negotiate with Russia,” Saakashvili said.

    “I sent a letter to the Russian president [Dmitry Medvedev] telling him: let’s negotiate; your peacekeepers are clearly illegitimate and let’s agree on the following: the area up to Kodori river, incorporating Gali and Ochamchire districts [of Abkhazia] are almost empty and people don’t live there; let’s return displaced persons in the first stage to those areas; move your peacekeepers to the Kodori river and we are ready to sign a new agreement through which Georgia’s territorial integrity will be protected, but your interests will also be taken into account.”

    “If Russia really wanted to avert war, they would have agreed to such a good proposal for them; they in fact, with this proposal, were getting protection for their economic interests and somehow legalizing their presence [in Abkhazia] with our consent, and on the other hand, we also were benefiting, because we would have begun the return of people and economic projects,”

    Saakashvili said.

    Russia’s response, he continued, apparently written by the Foreign Ministry, however, amounted “to making fun of us.”

    “The response said that at this stage it was too early to speak about the return of displaced persons to Abkhazia,”

    he said.

    Saakashvili also said that his first meeting with Medvedev in June in St. Petersburg was “very good.”

    At the next meeting with Medvedev in Astana in July, however, he said, the Russian president’s “stance was totally changed.”

    “It was clear that some other forces had come into play,” he said.

    “He [Medvedev] started to push for new conditions, like an immediate pull-back from upper Kodori gorge – a demand that was totally impossible to fulfill. So it was clear that they were not willing to negotiate. So I had the impression after that meeting that he [Medvedev] knew something, which I did not know… I was in a gloomy mood after that meeting, because it was clear that they [Russia] were preparing for something bad.”

    Saakashvili said that the Georgian authorities had expected a Russia’s attack from Abkhazia, rather than from South Ossetia, “so major forces” of the Georgian army were deployed in the west.

    He said that as the situation started to deteriorate on August 7, “we moved one brigade [of the Georgian armed forces] closer to South Ossetia, and later another [brigade] as well.”

    “But our major forces were still deployed in the west; there was a brigade at Senaki [a military base] and we did not call back our brigade from Iraq, because I was deeply convinced up to the last minute that Russia would not engage in such a large-scale provocation,”

    Saakashvili said.

    “Although we were under fire from 120mm mortar launchers, I announced a unilateral ceasefire; at that time we already had one dead soldier in the village of Avnevi and four others were wounded; [Georgian Defense Minister Davit] Kezerashvili was begging me to let him open artillery fire, because, he was telling me, otherwise he was unable to bring [the wounded soldiers] from [the village]. But my response was that we could not open fire whatever happened,”

    Saakashvili said.

    He said that the Georgian side had tried to communicate with the Russian authorities, but they responded by saying they no longer controlled the South Ossetian separatist authorities and their militiamen.

    He said that information came in late on August 7 that Russian military hardware was rolling through Roki Tunnel into South Ossetia. He said that Georgia, in observation of existing agreements, had no heavy arms in the Georgian-controlled areas of the breakaway region.

    “So the only way to stop their [Russian forces and South Ossetian militias] movement into Georgian villages was to use medium-size artillery for blowing up the bridge at Didi Gupta and for [closing] the road coming from Roki Tunnel… So as soon as they [the Russian tanks] started to roll into South Ossetia we started firing on the road [at Roki Tunnel]; at the same time we were responding to fire coming from the South Ossetian positions including from the center of Tskhinvali, their government headquarters and from their Defense Ministry,”

    he said.

    Saakashvili also said that he “strictly ordered” not to fire on the civilian population and “this order was fully observed.”

    “We conducted our first flight [apparently SU-25 warplanes] at dawn [August 8] in the direction of Java and Roki Tunnel and our pilots informed us that the whole area was full of Russian military,”

    he said, adding that it was impossible for such a large number of Russian soldiers to concentrate in the area so quickly overnight.

    The comment is apparently a rebuttal to Russian claims that they had sent troops into South Ossetia only after Georgian forces started to attack Tskhinvali.

    “If someone thinks that it was Georgia that triggered what happened, he should understand how [the Russians] were able to bring in such a large army in a matter of hours; this is unreal,”

    Saakashvili said.

    He also claimed that the Russian army had infiltration into South Ossetia before the conflict had even started. Not noticing it was “a failure of international intelligence services.”

    “When we ask our western partners: didn’t you see them coming, they respond that their satellites were directed mainly on Iraq and that they could not fly over [Georgia], but it was impossible to see what was happening on the ground because it was cloudy. So it was a serious failure of international intelligence services; they would not have hidden this information from us, if they had known it; but they also did not know it,”

    he said.

    He also said that Georgian artillery had destroyed “a large part of this Russian military in Java during the early stage of the conflict.

    “The 4th brigade and the military unit from Kojori destroyed hundreds of soldiers… and Gen. [Anatoly] Khrulev [the commander of Russia’s 58th army] was wounded. After that Putin arrived in Vladikavkaz, mobilized all forces and all Russian forces moved towards Georgia… the Russians conducted 200 combat flights”

    Saakashvili said.

    “We managed to stop them on the first day; on the second day and on the third day 500 more armored vehicles started moving into Georgia [through Roki Tunnel],”

    he added.

    He then justified the withdrawal of Georgian forces from South Ossetia and adjacent areas, saying that it would have been impossible to stop the additional 500 units of Russian armored vehicles, and Georgian troops were at risk of “destruction.”

    “So we took that decision [to pull back]; this was the time when the world started waking up,” Saakashvili said. “One hour after President Bush’s statement, [Russian] tanks stopped rolling [in the direction of Tbilisi].”

    He said that Georgian soldiers “fought hard.” He acknowledged, however, that “there could have been some mistakes in planning.”

    At the end of his speech, Saakashvili said that Russia’s goal was “to collapse the Georgian economy; to trigger chaos and as a result to put an end to Georgian statehood.”

    “Our goal is to overcome [the economic] crisis; it will take three or four months; it won’t be easy, but we will overcome this heavy crisis in three or four months and in the next year or year and a half Georgia’s economy will again start to grow rapidly,”

    Saakashvili said.

    “The main thing we have gained from everything that happened is that our position has been strengthened. Until now, foreigners had been telling us: negotiate yourself [over conflict settlement]; we have no time for you; now it is a problem for the world,”

    he added.




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