Posted on Vendredi 22 août 2008
Choses vues dans la Géorgie en guerre, par Bernard-Henri Lévy
LEMONDE.FR | 19.08.08 | 14h21

.La première chose qui frappe dès qu’on sort de Tbilissi, c’est l’inquiétante absence de toute force militaire. J’avais lu que l’armée géorgienne, défaite en Ossétie, puis mise en déroute à Gori, s’était repliée sur la capitale pour la défendre. Or j’arrive aux faubourgs de la ville. J’avance de quarante kilomètres sur l’autoroute qui coupe le pays d’est en ouest. Et, de cette armée censée s’être regroupée pour opposer une résistance acharnée à l’invasion, on ne voit quasi pas de trace. Ici, un poste de police. Plus loin, un quarteron de soldats aux uniformes trop neufs. Mais pas une unité combattante. Pas une pièce de défense antiaérienne. Même pas ce paysage de herses et de chicanes qui, dans toutes les villes assiégées du monde, sont censées retarder la progression de l’ennemi. Une dépêche, pendant que nous roulons, annonce que les chars russes se dirigent vers la capitale. L’information, relayée par les radios et, finalement, démentie, crée un désordre sans nom et fait que rebroussent chemin les rares automobiles qui s’étaient aventurées hors de la ville. Mais le pouvoir, lui, semble avoir étrangement baissé les bras.


