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	<title>Commentaires sur : Revokethegames.com</title>
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	<description>Contre l'extrême droite et l'extrême gauche, il y a l'extrême centre</description>
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		<title>Par : Galahad</title>
		<link>http://extremecentre.org/2008/08/19/revokethegamescom/comment-page-1/#comment-204482</link>
		<dc:creator>Galahad</dc:creator>
		<pubDate>Wed, 20 Aug 2008 18:16:00 +0000</pubDate>
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		<description>Dans le même esprit que l&#039;excellent article de Françoise Thom :

&lt;strong&gt;À l&#039;Est, rien de nouveau&lt;/strong&gt;
 
Par Alain Besançon, historien.

C&#039;est toujours la même chose. La Russie prépare longuement le terrain par une campagne de propagande. Elle se démocratise, fait-elle savoir, progresse à pas de géant vers l&#039;État de droit. Elle se développe à toute allure et se présente comme un terrain d&#039;investissements pour les entreprises occidentales. Une occasion à saisir !

En politique extérieure, la stratégie est simple et constante. Elle est de séparer l&#039;Europe de l&#039;alliance avec les États-Unis. De séparer l&#039;Allemagne de ses partenaires, en lui promettant certains avantages en échange d&#039;une position plus «amicale». De neutraliser la France en lui offrant les satisfactions de vanité dont elle est friande. De profiter de l&#039;indifférence italienne, espagnole, des complaisances serbes, hongroises, bulgares. De pousser à la dissolution de ce qui reste de l&#039;Union européenne en préférant systématiquement les accords bilatéraux avec ses membres.

La tactique est de choisir le moment opportun, le mois d&#039;août, par exemple, quand elle sent les États-Unis affaiblis, embarrassés ailleurs, les Européens particulièrement divisés. C&#039;est alors la frappe surprise. Alors nous nous apercevons soudain que nous sommes mat.

La Russie se présente comme faible : il faut l&#039;aider, se garder de l&#039;humilier, consolider ses progrès. Elle se présente en même temps comme redoutable par son immensité, son armée, son arsenal atomique, son pétrole. Elle fait planer une vague menace. Elle pourrait être encore pire. Apaisons-la.

Cela a commencé depuis Khrouchtchev. Et cela continue : Brejnev et la détente, Gorbatchev et la perestroïka, Poutine et la remise en ordre. Cette répétition est lassante. Mais moins encore que la répétition de nos réactions à nous, les Occidentaux. Le mensonge russe est si gros qu&#039;il est toujours à moitié cru.

Nos diplomates, à qui la diplomatie russe ment en pleine figure, en subissent la sidération. Ils n&#039;osent pas dire : «Vous mentez. Vous êtes au fond un tigre de papier. Votre économie est misérable, votre démographie en ruine. Retirez-vous tout de suite et rentrez chez vous.» Au lieu, nous élevons des protestations feutrées, nous appelons au dialogue, à la négociation.

La Russie garde sa proie. Et puis, c&#039;est oublié jusqu&#039;à la prochaine fois. «Nous n&#039;allons pas revenir à la guerre froide», dit-on, comme si elle avait jamais cessé.

En effet, que veut la Russie de Poutine ? Pour commencer, re­constituer l&#039;URSS. Elle est en contentieux de frontières avec l&#039;Ukraine, l&#039;Estonie, la Lettonie, la Moldavie, le Kazakhstan, la Géorgie. Elle a soin d&#039;entretenir ce contentieux, de le faire suppurer et quand l&#039;occasion se présente, de l&#039;enflammer, comme aujourd&#039;hui. Au lieu de s&#039;occuper de l&#039;épouvantable niveau sanitaire, de l&#039;école à la dérive, elle construit des sous-marins, des porte-avions, développe des systèmes d&#039;armes, pratique la menace et le chantage tous azimuts. Nous saluons : «La Russie a retrouvé sa fierté.» En fait elle court à sa ruine. Elle ne peut concevoir la négociation qu&#039;en termes de victoire. Qui aura qui ? Qui dominera sur qui ?

Ce sont de fausses victoires, autant d&#039;obstacles au développement sain et normal de ce malheureux pays, malade depuis si longtemps et que nos complaisances enfoncent dans sa maladie. La domination plutôt que la liberté, la domination plutôt que la prospérité : le peuple russe, hélas, en est intoxiqué.

Qu&#039;au moins nous ne soyons pas intoxiqués pareillement ! À force de répétition, de crise en crise, cet appétit pour l&#039;agrandissement finit par nous paraître naturel. C&#039;est comme un vieux travers de la Russie, presque un élément du folklore, comme le samovar. C&#039;est leur habitude et nous nous y habituons. Notre jobardise, notre crédulité, notre naïveté sont, avec la domination, l&#039;autre grande satisfaction de l&#039;État russe.</description>
		<content:encoded><![CDATA[<p>Dans le même esprit que l&#8217;excellent article de Françoise Thom :</p>
<p><strong>À l&#8217;Est, rien de nouveau</strong></p>
<p>Par Alain Besançon, historien.</p>
<p>C&#8217;est toujours la même chose. La Russie prépare longuement le terrain par une campagne de propagande. Elle se démocratise, fait-elle savoir, progresse à pas de géant vers l&#8217;État de droit. Elle se développe à toute allure et se présente comme un terrain d&#8217;investissements pour les entreprises occidentales. Une occasion à saisir !</p>
<p>En politique extérieure, la stratégie est simple et constante. Elle est de séparer l&#8217;Europe de l&#8217;alliance avec les États-Unis. De séparer l&#8217;Allemagne de ses partenaires, en lui promettant certains avantages en échange d&#8217;une position plus «amicale». De neutraliser la France en lui offrant les satisfactions de vanité dont elle est friande. De profiter de l&#8217;indifférence italienne, espagnole, des complaisances serbes, hongroises, bulgares. De pousser à la dissolution de ce qui reste de l&#8217;Union européenne en préférant systématiquement les accords bilatéraux avec ses membres.</p>
<p>La tactique est de choisir le moment opportun, le mois d&#8217;août, par exemple, quand elle sent les États-Unis affaiblis, embarrassés ailleurs, les Européens particulièrement divisés. C&#8217;est alors la frappe surprise. Alors nous nous apercevons soudain que nous sommes mat.</p>
<p>La Russie se présente comme faible : il faut l&#8217;aider, se garder de l&#8217;humilier, consolider ses progrès. Elle se présente en même temps comme redoutable par son immensité, son armée, son arsenal atomique, son pétrole. Elle fait planer une vague menace. Elle pourrait être encore pire. Apaisons-la.</p>
<p>Cela a commencé depuis Khrouchtchev. Et cela continue : Brejnev et la détente, Gorbatchev et la perestroïka, Poutine et la remise en ordre. Cette répétition est lassante. Mais moins encore que la répétition de nos réactions à nous, les Occidentaux. Le mensonge russe est si gros qu&#8217;il est toujours à moitié cru.</p>
<p>Nos diplomates, à qui la diplomatie russe ment en pleine figure, en subissent la sidération. Ils n&#8217;osent pas dire : «Vous mentez. Vous êtes au fond un tigre de papier. Votre économie est misérable, votre démographie en ruine. Retirez-vous tout de suite et rentrez chez vous.» Au lieu, nous élevons des protestations feutrées, nous appelons au dialogue, à la négociation.</p>
<p>La Russie garde sa proie. Et puis, c&#8217;est oublié jusqu&#8217;à la prochaine fois. «Nous n&#8217;allons pas revenir à la guerre froide», dit-on, comme si elle avait jamais cessé.</p>
<p>En effet, que veut la Russie de Poutine ? Pour commencer, re­constituer l&#8217;URSS. Elle est en contentieux de frontières avec l&#8217;Ukraine, l&#8217;Estonie, la Lettonie, la Moldavie, le Kazakhstan, la Géorgie. Elle a soin d&#8217;entretenir ce contentieux, de le faire suppurer et quand l&#8217;occasion se présente, de l&#8217;enflammer, comme aujourd&#8217;hui. Au lieu de s&#8217;occuper de l&#8217;épouvantable niveau sanitaire, de l&#8217;école à la dérive, elle construit des sous-marins, des porte-avions, développe des systèmes d&#8217;armes, pratique la menace et le chantage tous azimuts. Nous saluons : «La Russie a retrouvé sa fierté.» En fait elle court à sa ruine. Elle ne peut concevoir la négociation qu&#8217;en termes de victoire. Qui aura qui ? Qui dominera sur qui ?</p>
<p>Ce sont de fausses victoires, autant d&#8217;obstacles au développement sain et normal de ce malheureux pays, malade depuis si longtemps et que nos complaisances enfoncent dans sa maladie. La domination plutôt que la liberté, la domination plutôt que la prospérité : le peuple russe, hélas, en est intoxiqué.</p>
<p>Qu&#8217;au moins nous ne soyons pas intoxiqués pareillement ! À force de répétition, de crise en crise, cet appétit pour l&#8217;agrandissement finit par nous paraître naturel. C&#8217;est comme un vieux travers de la Russie, presque un élément du folklore, comme le samovar. C&#8217;est leur habitude et nous nous y habituons. Notre jobardise, notre crédulité, notre naïveté sont, avec la domination, l&#8217;autre grande satisfaction de l&#8217;État russe.</p>
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		<title>Par : Claurila</title>
		<link>http://extremecentre.org/2008/08/19/revokethegamescom/comment-page-1/#comment-204478</link>
		<dc:creator>Claurila</dc:creator>
		<pubDate>Wed, 20 Aug 2008 17:24:14 +0000</pubDate>
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		<description>http://www.lemonde.fr/opinions/article/2008/08/20/pusillanimite-occidentale-face-a-la-russie-par-francoise-thom_1085832_3232.html
Point de vue
Pusillanimité occidentale face à la Russie
par Françoise Thom,  Le Monde,  20 août 2008

L&#039;invasion de la Géorgie par la Russie a révélé la démoralisation profonde dans laquelle se trouvent les Occidentaux. C&#039;est d&#039;ailleurs la conscience de cette démoralisation qui a enhardi Moscou et a poussé les dirigeants du Kremlin à agir avec un total mépris de la communauté internationale.

Or les nuages qui s&#039;amoncellent sur la scène internationale laissent présager que bientôt nous pouvons être acculés à l&#039;action, à moins d&#039;accepter une vassalisation complète, au moins pour ce qui nous concerne, nous autres Européens. Quoi qu&#039;il nous en coûte, nous allons devoir sortir du cocon politiquement correct dans lequel nous avons vécu tant d&#039;années, retrouver la lucidité et le courage dont les générations post-soixante-huitardes croyaient pouvoir faire l&#039;économie à jamais. Nous devons cesser d&#039;être pleutres, et pour cela nous avons d&#039;abord besoin d&#039;appliquer une claire intelligence aux événements qui nous ont mis KO. Car le doute et la confusion nous paralysent.

L&#039;une des causes de ce désarroi doit être cherchée dans la guerre psychologique que Moscou mène contre les Occidentaux depuis l&#039;arrivée au pouvoir de Vladimir Poutine.  La Russie a su nous instiller une culpabilité corrosive  pour avoir gagné la guerre froide.  Elle s&#039;est constamment posée en victime,  au point que le refrain de la diplomatie française a été pendant des années  qu&#039;&quot;il ne fallait pas humilier la Russie&quot;.  Au nom de ce principe,  cette dernière a bénéficié d&#039;une indulgence exceptionnelle,  dont elle a usé et abusé.  Quel autre pays au monde peut en effet se permettre de raser des villes, de spolier les étrangers, d&#039;assassiner les opposants hors de ses frontières, de harceler les diplomates étrangers, de menacer ses voisins, sans provoquer autre chose que de faibles protestations ?

La raison en est  que la Russie se pose constamment en victime,   et elle a réussi à persuader les Occidentaux qu&#039;ils étaient responsables de la débâcle des premières années de l&#039;après-communisme, alors que la cause de ce fiasco tenait à l&#039;héritage du communisme et aux caractéristiques de la nouvelle élite qui a émergé sur les ruines de l&#039;Etat soviétique. De même que Hitler jouait à fond sur la culpabilité suscitée en Europe par le traité de Versailles, de même les Russes paralysent notre volonté en nous faisant endosser la faute de leurs déboires pendant les années Eltsine. Ainsi tout est bon : nous avons élargi l&#039;OTAN, nous avons fait la guerre à la Yougoslavie,  nous avons organisé l&#039;indépendance du Kosovo. En réalité, le tournant de la Russie vers ce qui allait devenir la dictature poutinienne a été pris avant ces événements. Il remonte à la crise de l&#039;automne 1993, lorsque Boris Eltsine a donné la troupe contre la Douma et fait adopter une nouvelle Constitution qui mettait un terme à la séparation des pouvoirs et fermait à la Russie la voie de la démocratie libérale à l&#039;européenne, - et cela, dès cette époque, au nom d&#039;un renouveau impérial.

Les propagandistes du Kremlin ont parfaitement assimilé la phraséologie occidentale et ils la manipulent en maîtres. Encore une fois, le précédent de Hitler, qui sut jusqu&#039;en 1938 dissimuler ses projets de conquêtes sous le slogan du &quot;droit des peuples à disposer d&#039;eux-mêmes&quot; et du &quot;droit du peuple allemand à l&#039;autodétermination&quot;, est particulièrement instructif : les régimes autoritaires savent concentrer le mensonge en un rayon laser dévastateur qu&#039;ils braquent sur les centres nerveux des démocraties pétrifiées.

Aussi devons-nous avant tout nous débarrasser de cette culpabilité débilitante, à tous les sens du terme. Nous devons nous rappeler comment Vladimir Poutine est arrivé au pouvoir, par la provocation   et une guerre menée contre des citoyens de la Russie. Nous devons nous rappeler ce qu&#039;il a réalisé en quelques années : la mise au pas totale du pays, la redistribution de la propriété au profit de son clan, l&#039;organisation d&#039;une propagande systématique de haine contre les Occidentaux, l&#039;occultation des crimes du communisme, la réhabilitation de Staline, un lavage de cerveau quotidien des citoyens russes visant à leur inculquer la paranoïa, le culte de la force et l&#039;esprit de revanche.

La Russie que nous voyons agir aujourd&#039;hui en Géorgie atteste du succès de cette entreprise de création d&#039;un homme nouveau qui n&#039;a rien à envier à son précédent bolchevik. C&#039;est devant cette Russie dangereuse que nous nous trouvons. Cessons de nous accuser et de trouver à la Russie mille excuses, qui ne servent qu&#039;à justifier notre lâcheté. Elle nous dit qu&#039;elle défend ses intérêts légitimes en envahissant un pays indépendant  dans les chancelleries occidentales, nombreux sont ceux qui sont prêts à lui reconnaître implicitement une &quot;sphère d&#039;influence&quot;, pour la &quot;rassurer, apaiser&quot; son complexe d&#039;encerclement (c&#039;est par les mêmes arguments que les Anglo-Saxons ont justifié l&#039;abandon de la Pologne à Staline en 1944-1945).

A ceux-là il faut rappeler que,  une semaine avant de lancer l&#039;opération d&#039;annexion de la Géorgie,  la Russie avait discrètement cédé à la Chine  les territoires contestés  qui avaient failli mener à une guerre entre les deux pays en 1969.  Et dans ce cas les patriotes russes de service, toujours prêts à revendiquer les terres des pays voisins,   sont restés muets  La conclusion est simple : la Russie poursuit de sa vindicte les Occidentaux   et les pays qui s&#039;orientent vers l&#039;Europe et les Etats-Unis.  Elle se prétend encerclée par l&#039;OTAN et ne se soucie nullement d&#039;une Chine autrement agressive, dynamique et dangereuse pour sa &quot;sphère d&#039;influence&quot;. Ce qu&#039;elle hait et redoute, c&#039;est la liberté. Elle guette avidement chez nous les signes de faiblesse, d&#039;aveuglement, de corruption et de capitulation préventive - et elle n&#039;a que trop d&#039;occasions de se réjouir. Or chaque démission en appellera d&#039;autres plus grandes.

Tant que demeurera une Europe indépendante alliée aux Etats-Unis, la Russie se sentira encerclée. La réalisation des prétendus intérêts de sécurité russes  passe par l&#039;asservissement par cercles successifs de tous ses voisins occidentaux et méridionaux. Le plus tôt nous verrons clair dans cette logique paranoïaque de Moscou, le plus tôt nous pourrons imaginer des remèdes. Mais encourager le malade dans sa folie ne sert à rien. Et croire qu&#039;il guérira sans une épreuve de réalité est illusoire.


Françoise Thom, historienne, maître de conférences en histoire contemporaine à l&#039;université Paris-IV-Sorbonne</description>
		<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.lemonde.fr/opinions/article/2008/08/20/pusillanimite-occidentale-face-a-la-russie-par-francoise-thom_1085832_3232.html" rel="nofollow">http://www.lemonde.fr/opinions/article/2008/08/20/pusillanimite-occidentale-face-a-la-russie-par-francoise-thom_1085832_3232.html</a><br />
Point de vue<br />
Pusillanimité occidentale face à la Russie<br />
par Françoise Thom,  Le Monde,  20 août 2008</p>
<p>L&#8217;invasion de la Géorgie par la Russie a révélé la démoralisation profonde dans laquelle se trouvent les Occidentaux. C&#8217;est d&#8217;ailleurs la conscience de cette démoralisation qui a enhardi Moscou et a poussé les dirigeants du Kremlin à agir avec un total mépris de la communauté internationale.</p>
<p>Or les nuages qui s&#8217;amoncellent sur la scène internationale laissent présager que bientôt nous pouvons être acculés à l&#8217;action, à moins d&#8217;accepter une vassalisation complète, au moins pour ce qui nous concerne, nous autres Européens. Quoi qu&#8217;il nous en coûte, nous allons devoir sortir du cocon politiquement correct dans lequel nous avons vécu tant d&#8217;années, retrouver la lucidité et le courage dont les générations post-soixante-huitardes croyaient pouvoir faire l&#8217;économie à jamais. Nous devons cesser d&#8217;être pleutres, et pour cela nous avons d&#8217;abord besoin d&#8217;appliquer une claire intelligence aux événements qui nous ont mis KO. Car le doute et la confusion nous paralysent.</p>
<p>L&#8217;une des causes de ce désarroi doit être cherchée dans la guerre psychologique que Moscou mène contre les Occidentaux depuis l&#8217;arrivée au pouvoir de Vladimir Poutine.  La Russie a su nous instiller une culpabilité corrosive  pour avoir gagné la guerre froide.  Elle s&#8217;est constamment posée en victime,  au point que le refrain de la diplomatie française a été pendant des années  qu&#8217;&nbsp;&raquo;il ne fallait pas humilier la Russie&nbsp;&raquo;.  Au nom de ce principe,  cette dernière a bénéficié d&#8217;une indulgence exceptionnelle,  dont elle a usé et abusé.  Quel autre pays au monde peut en effet se permettre de raser des villes, de spolier les étrangers, d&#8217;assassiner les opposants hors de ses frontières, de harceler les diplomates étrangers, de menacer ses voisins, sans provoquer autre chose que de faibles protestations ?</p>
<p>La raison en est  que la Russie se pose constamment en victime,   et elle a réussi à persuader les Occidentaux qu&#8217;ils étaient responsables de la débâcle des premières années de l&#8217;après-communisme, alors que la cause de ce fiasco tenait à l&#8217;héritage du communisme et aux caractéristiques de la nouvelle élite qui a émergé sur les ruines de l&#8217;Etat soviétique. De même que Hitler jouait à fond sur la culpabilité suscitée en Europe par le traité de Versailles, de même les Russes paralysent notre volonté en nous faisant endosser la faute de leurs déboires pendant les années Eltsine. Ainsi tout est bon : nous avons élargi l&#8217;OTAN, nous avons fait la guerre à la Yougoslavie,  nous avons organisé l&#8217;indépendance du Kosovo. En réalité, le tournant de la Russie vers ce qui allait devenir la dictature poutinienne a été pris avant ces événements. Il remonte à la crise de l&#8217;automne 1993, lorsque Boris Eltsine a donné la troupe contre la Douma et fait adopter une nouvelle Constitution qui mettait un terme à la séparation des pouvoirs et fermait à la Russie la voie de la démocratie libérale à l&#8217;européenne, &#8211; et cela, dès cette époque, au nom d&#8217;un renouveau impérial.</p>
<p>Les propagandistes du Kremlin ont parfaitement assimilé la phraséologie occidentale et ils la manipulent en maîtres. Encore une fois, le précédent de Hitler, qui sut jusqu&#8217;en 1938 dissimuler ses projets de conquêtes sous le slogan du &laquo;&nbsp;droit des peuples à disposer d&#8217;eux-mêmes&nbsp;&raquo; et du &laquo;&nbsp;droit du peuple allemand à l&#8217;autodétermination&nbsp;&raquo;, est particulièrement instructif : les régimes autoritaires savent concentrer le mensonge en un rayon laser dévastateur qu&#8217;ils braquent sur les centres nerveux des démocraties pétrifiées.</p>
<p>Aussi devons-nous avant tout nous débarrasser de cette culpabilité débilitante, à tous les sens du terme. Nous devons nous rappeler comment Vladimir Poutine est arrivé au pouvoir, par la provocation   et une guerre menée contre des citoyens de la Russie. Nous devons nous rappeler ce qu&#8217;il a réalisé en quelques années : la mise au pas totale du pays, la redistribution de la propriété au profit de son clan, l&#8217;organisation d&#8217;une propagande systématique de haine contre les Occidentaux, l&#8217;occultation des crimes du communisme, la réhabilitation de Staline, un lavage de cerveau quotidien des citoyens russes visant à leur inculquer la paranoïa, le culte de la force et l&#8217;esprit de revanche.</p>
<p>La Russie que nous voyons agir aujourd&#8217;hui en Géorgie atteste du succès de cette entreprise de création d&#8217;un homme nouveau qui n&#8217;a rien à envier à son précédent bolchevik. C&#8217;est devant cette Russie dangereuse que nous nous trouvons. Cessons de nous accuser et de trouver à la Russie mille excuses, qui ne servent qu&#8217;à justifier notre lâcheté. Elle nous dit qu&#8217;elle défend ses intérêts légitimes en envahissant un pays indépendant  dans les chancelleries occidentales, nombreux sont ceux qui sont prêts à lui reconnaître implicitement une &laquo;&nbsp;sphère d&#8217;influence&nbsp;&raquo;, pour la &laquo;&nbsp;rassurer, apaiser&nbsp;&raquo; son complexe d&#8217;encerclement (c&#8217;est par les mêmes arguments que les Anglo-Saxons ont justifié l&#8217;abandon de la Pologne à Staline en 1944-1945).</p>
<p>A ceux-là il faut rappeler que,  une semaine avant de lancer l&#8217;opération d&#8217;annexion de la Géorgie,  la Russie avait discrètement cédé à la Chine  les territoires contestés  qui avaient failli mener à une guerre entre les deux pays en 1969.  Et dans ce cas les patriotes russes de service, toujours prêts à revendiquer les terres des pays voisins,   sont restés muets  La conclusion est simple : la Russie poursuit de sa vindicte les Occidentaux   et les pays qui s&#8217;orientent vers l&#8217;Europe et les Etats-Unis.  Elle se prétend encerclée par l&#8217;OTAN et ne se soucie nullement d&#8217;une Chine autrement agressive, dynamique et dangereuse pour sa &laquo;&nbsp;sphère d&#8217;influence&nbsp;&raquo;. Ce qu&#8217;elle hait et redoute, c&#8217;est la liberté. Elle guette avidement chez nous les signes de faiblesse, d&#8217;aveuglement, de corruption et de capitulation préventive &#8211; et elle n&#8217;a que trop d&#8217;occasions de se réjouir. Or chaque démission en appellera d&#8217;autres plus grandes.</p>
<p>Tant que demeurera une Europe indépendante alliée aux Etats-Unis, la Russie se sentira encerclée. La réalisation des prétendus intérêts de sécurité russes  passe par l&#8217;asservissement par cercles successifs de tous ses voisins occidentaux et méridionaux. Le plus tôt nous verrons clair dans cette logique paranoïaque de Moscou, le plus tôt nous pourrons imaginer des remèdes. Mais encourager le malade dans sa folie ne sert à rien. Et croire qu&#8217;il guérira sans une épreuve de réalité est illusoire.</p>
<p>Françoise Thom, historienne, maître de conférences en histoire contemporaine à l&#8217;université Paris-IV-Sorbonne</p>
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		<title>Par : Sebaneau</title>
		<link>http://extremecentre.org/2008/08/19/revokethegamescom/comment-page-1/#comment-204448</link>
		<dc:creator>Sebaneau</dc:creator>
		<pubDate>Wed, 20 Aug 2008 06:18:47 +0000</pubDate>
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		<description>http://docs.google.com/Doc?id=dc2m8p62_278ckbhjffk
http://pasta.cantbedone.org/pages/ciEQCu.htm
http://www.weeklystandard.com/Check.asp?idArticle=15410&amp;r=pebgo
Faire souffrir l&#039;agresseur
Par Stuart Koehl, Weekly Standard,  14 août 2008

Voir aussi : La Russie : un tigre de papier
http://docs.google.com/Doc?id=dc2m8p62_277hk89gmd2

L&#039;opinion reçue s&#039;est rapidement consolidée  autour de l&#039;idée comme quoi il n&#039;existerait aucune riposte militaire pratique à l&#039;invasion russe de la Géorgie.  En fait,  si les Géorgiens étaient disposés à se battre,  il y a énormément de choses qu&#039;ils pourraient entreprendre du point de vue militaire,  et d&#039;une manière qui ne mettrait pas directement en oeuvre les forces des États-unis et de l&#039;OTAN.  Pour comprendre comment fonctionnerait cette option militaire,  il faut un peu mettre les choses en perspective. 

La plupart des gens ont grossièrement exagéré  la capacité militaire  et l&#039;efficacité  de l&#039;armée russe dans cet exercice,  évidemment planifié  depuis longtemps  et impliquant en fait des forces relativement peu nombreuses.  D&#039;après tous les rapports, la &quot;58° armée&quot; russe a envahi le territoire de la Géorgie  avec quelques 500 chars et un nombre égal de Véhicules de Combat d&#039;Infanterie  --l&#039;équivalent d&#039;à peu près  deux divisions blindées.  C&#039;est de la petite bière,  en réalité, mais suffisant pour traiter une armée géorgienne plus petite, largement dispersée  pour mener des opérations de contre-guérilla.

Un examen approfondi des vidéos et des photos de la force russe révèle aussi de l&#039;équipement de pointe  --des chars récents T-80 and T-90,  et des VCI BMP-2.  Or, le District Militaire du Caucase  est une espèce de trou perdu,  où logent des divisions de Catégories II et III, dont la plupart restent en sous-capacité  et sont équipées d&#039;anciens systèmes  tels que le char T-72.  En revanche, on garde les divisions de Catégorie I proches de Moscou et des districts militaires de l&#039;Ouest,  parce que c&#039;est là que l&#039;on perçoit la menace principale,  et aussi parce que c&#039;est un bien meilleur terrain pour les batailles de chars. 
Il est évident que l&#039;armée russe a soigneusement transféré  les forces pour cette opération de Russie centrale jusqu&#039;au Caucase --en secret—et qu&#039;elle a aussi accompagné cette manoeuvre d&#039;une maskirovka complète destinée  à nous mettre à l&#039;aise  (par exemple,  Putin est bien allé  à la cérémonie d&#039;ouverture des Jeux Olympiques).

Nous pouvions déduire de cela ce que savent déjà la plupart des experts –que l&#039;armée russe,  quoique  toujours numériquement importante,  a relativement peu de formations compétentes, que l&#039;on peut déployer  --il y a les divisions et les brigades d&#039;assaut aéroportées,  et quelques  divisions de chars et d&#039;infanterie motorisée, mais pas grand-chose d&#039;autre. 
De même, l&#039;armée de l&#039;air russe n&#039;a pas beaucoup  d&#039;avions complètement opérationnels ni de grandes réserves de carburant,  de pièce de rechange ou de munition. Cette invasion a probablement profondément entamé  le financement des opérations et de l&#039;entretien,  pour ne rien dire de ses réserves en matériel et en équipement.  
La Russie doit avoir parié  sur une guerre courte et relativement peu sanglante, parce qu&#039;elle ne peut pas se permettre  --ni militairement ni politiquement— une guerre prolongée. Non seulement elle n&#039;a pas l&#039;équipement pour cela,  mais elle n&#039;a pas assez de troupes hautement entraînées pour supporter des pertes importantes.  L&#039;armée  russe consiste  en une petite pointe dure  comme du diamant au bout d&#039;un bâton de bois.  Si la pointe se casse ou s&#039;use,  il ne vous reste plus que le bâton pour vous battre.  
(Il faut remarquer que Ralph Peters, dans le New York Post  a fait une critique impitoyable de l&#039;efficacité de l&#039;armée russe en Géorgie,  de sorte que, d&#039;après les critères occidentaux, même ce que l&#039;armée russe a de mieux  serait considéré comme plutôt médiocre).

Et la question est donc de savoir comment l&#039;épuiser.  La Géorgie est un pays montagneux, avec peu de routes et beaucoup de goulots d&#039;étranglement.  Une guérilla à pied  ou une force d&#039;infanterie légère,  peut arrêter une force blindée forcée de rester sur les routes,  et lui infliger des pertes disproportionnées,  si on l&#039;équipe et la dirige convenablement. 
Malheureusement,  à cette occasion-ci,   l&#039;armée géorgienne  n&#039;était ni l&#039;un ni l&#039;autre.  Au lieu de cela,  elle était entraînée et équipée pour mener la guerre à laquelle elle avait eu affaire –une insurrection menée par des irréguliers séparatistes, qui nécessitait principalement de l&#039;infanterie et des armes légères.  Face à des chars,  et à des avions et des hélicoptères d&#039;attaque,  les forces géorgiennes n&#039;avaient guère d&#039;autre choix  que de décamper. 

S&#039;étant retirées d&#039;Ossétie et d&#039;Abkhazie,  les Géorgiens peuvent maintenant se regrouper et se rééquiper. Il y a deux choses dont ils ont désespérément besoin : des armes pour tuer les chars,  et des armes pour abattre,  ou repousser les avions et les hélicoptères.  

Nous pouvons leur fournir les unes et les autres.

Le missile Stinger, la hantise de l&#039;Aviation de Front  en Afghanistan, demeure l&#039;arme d&#039;épaule la plus puissante.  Il forcera les avions russes d&#039;appui aérien à garder leurs distances,  ou à attaquer de plus haut.  Fournissons à la Géorgie des missiles sol-air à moyenne portée qui peuvent être placés sur le territoire géorgien,  et les avions d&#039;attaque  à haute altitude seront d&#039;autant plus dissuadés (par exemple les Tu-22M Backfire ). 

Libérés de l&#039;observation aérienne et de la menace d&#039;attaque venue du ciel,  les forces géorgiennes pourraient manoeuvrer à pied dans les montagnes plus facilement que les forces russes ne peuvent se déplacer  le long des routes.  
Ce qui veut dire que les Géorgiens seraient libres de monter des embuscades pour bloquer les avances ultérieures des Russes et leurs lignes de communication.  

Nous pouvons leur donner de quoi le faire.

Tout d&#039;abord, nous devons donner aux Géorgiens des mines antichars,  et pas n&#039;importe lesquelles, mais  nos miles &quot;intelligentes&quot; placées en-dehors des routes telles que la XM93 Wide Area Mine (WAM). On n&#039;a pas besoin de les placer sur la route même,  mais à proximité  et leurs détecteurs peuvent sentir l&#039;approche des véhicules blindés et leur envoyer des engins explosifs perforants (RFP).

Deuxièmement,  nous devons leur donner notre meilleur missile guidé antichars,  le FGM-148 Javelin.  C&#039;est une arme &quot;tire et oublie&quot; : une fois que le tireur  a placé  la cible dans son viseur et l&#039;a accrochée, il peut tirer le missile  et s&#039;en aller,  tandis que le missile vole de façon autonome vers son objectif.  Avec une portée d&#039;environ deux kilomètres,  le Javelin pratique aussi une &quot;attaque par le haut&quot;,  piquant vers le toit du char là où le blindage est le plus mince.  Utilisés  dans l&#039;Opération Iraqi Freedom,  les Javelins  ont eu un effet dévastateur sur les chars de conception russe.  Et démolir quelques chars  ou véhicules blindés sur une étroite route de montagne oppose  une barrière  au mouvement derrière laquelle toute la circulation s&#039;empile,  immobile et d&#039;autant plus vulnérable aux attaques.  

La plupart de cette circulation sera constituée de camions et autres véhicules &quot;mous&quot;.  C&#039;est un gaspillage  que de s&#039;en prendre à eux  avec des missiles coûteux, mais des mortiers bon marché marchent très bien.  
Il vaudrait encore mieux  avoir des fusils de précision à longue portée, comme le Barrett de 12.7mm (calibre .50),  très apprécié des forces spéciales des États-unis. 
Les Forces Spéciales géorgiennes passent pour être bien entraînées et hautement motivées.  Elles le seraient probablement d&#039;autant plus qu&#039;elles combattraient les Russes sur leur propre sol qu&#039;en combattant al-Qaïda  là-bas en Irak.

Alors très vite,  les forces russes commenceront à subir des pertes sérieuses.  Il leur faudra introduire davantage de troupes pour protéger leurs lignes de communication.  Il leur faudra descendre de leurs transports de troupes  et grimper sur les montagnes,  où ils se feront encore descendre par un ennemi agile et fuyant.  Ils ne peuvent même pas  s&#039;en remettre à leur bonne vieille tactique  du massacre de la population locale du moins en Ossétie et en Abkhazie, puisqu&#039;ils en ont fait des &quot;citoyens russes&quot;,  le gouvernement russe leur ayant distribué  des passeports  (ils ont fait plus fort que Hitler : parce qu&#039;il y avait réellement des Allemands sur le territoire des Sudètes,  tandis que Putin a dû inventer de toutes pièces sa &quot;minorité russe opprimée&quot;  en Géorgie).

A mesure que les forces russes commenceront à saigner,  il deviendra impossible,  même dans les médias sous contrôle  de la Russie de Putin,  de cacher les pertes au peuple de Russie.  Ils y répondront probablement comme ils l&#039;ont fait au carnage d&#039;Afghanistan comme à celui de Tchétchénie. 
Bien pire pour le gouvernement de Russie,  une guerre prolongée et sanglante  nécessitera un accroissement massif du budget militaire russe,  réduit au minimum pendant la plus grande partie de l&#039;ère Putin.  Cela voudrait dire de faire  des choix douloureux  entre l&#039;armée  et d&#039;autres priorités,  juste au moment où les prix du pétrole ont commencé  à baisser,  amputant les recettes de l&#039;État russe. En outre,  les militaires russes commenceront à s&#039;inquiéter de voir compromis leur plan de réorganisation :  comme les militaires Américains l&#039;ont récemment découvert,  vous pouvez  mener une guerre,  ou vous pouvez  vous réformer,  mais il est presque impossible de faire les deux en même temps.  La guerre va mordre dans les budgets déjà minces pour l&#039;entraînement, l&#039;équipement, la recherche et le développement,  de sorte que l&#039;État-major russe va hurler à son tour. 

Alors,  que fera la Russie  dans une telle circonstance ?  Ils pourraient faire monter les enchères,  mais ils pourraient préférer un retrait qui sauve la face,  laissant l&#039;Ossétie et l&#039;Abkhazie  à une force internationale de maintien de la paix,  et laissant le territoire géorgien libre  de troupes russes.  La Géorgie devrait alors  négocier sa propre paix avec les séparatistes,  mais avec un tampon entre celle-ci et l&#039;armée russe,  les Géorgiens pourraient avoir  une plus grande influence sur leurs minorités intransigeantes. 

Deux choses sont nécessaires  pour que cela arrive : de la part des États-unis,  la volonté politique  de fournir à l&#039;armée géorgienne l&#039;équipement et la formation nécessaires  (nos Forces Spéciales ont déjà une relation étroite avec l&#039;armée de Géorgie),  et,  plus important, une volonté politique de la part du gouvernement géorgien  de continuer le combat jusqu&#039;à ce que les Russes aient quitté leur sol.  
Il est difficile de dire si les Géorgiens seraient prêts  à mener ce qui serait une guerre longue et difficile ;  cela dépend certainement dans une large mesure  de la question de savoir s&#039;ils nous pensent prêts  à les soutenir  jusqu&#039;au bout.  Les guérillas sont toujours de sales guerres,  et en l&#039;absence de soutien extérieur,  ce sont le plus souvent  les guérilleros qui perdent.  Mais il est prématuré,  et plus qu&#039;un peu défaitiste,  d&#039;écarter les chances que les Géorgiens ont  de bourrer le pif de l&#039;ours russe ressorti de sa tanière.  


Stuart Koehl écrit souvent dans le WEEKLY STANDARD Online.</description>
		<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://docs.google.com/Doc?id=dc2m8p62_278ckbhjffk" rel="nofollow">http://docs.google.com/Doc?id=dc2m8p62_278ckbhjffk</a><br />
<a href="http://pasta.cantbedone.org/pages/ciEQCu.htm" rel="nofollow">http://pasta.cantbedone.org/pages/ciEQCu.htm</a><br />
<a href="http://www.weeklystandard.com/Check.asp?idArticle=15410&#038;r=pebgo" rel="nofollow">http://www.weeklystandard.com/Check.asp?idArticle=15410&#038;r=pebgo</a><br />
Faire souffrir l&#8217;agresseur<br />
Par Stuart Koehl, Weekly Standard,  14 août 2008</p>
<p>Voir aussi : La Russie : un tigre de papier<br />
<a href="http://docs.google.com/Doc?id=dc2m8p62_277hk89gmd2" rel="nofollow">http://docs.google.com/Doc?id=dc2m8p62_277hk89gmd2</a></p>
<p>L&#8217;opinion reçue s&#8217;est rapidement consolidée  autour de l&#8217;idée comme quoi il n&#8217;existerait aucune riposte militaire pratique à l&#8217;invasion russe de la Géorgie.  En fait,  si les Géorgiens étaient disposés à se battre,  il y a énormément de choses qu&#8217;ils pourraient entreprendre du point de vue militaire,  et d&#8217;une manière qui ne mettrait pas directement en oeuvre les forces des États-unis et de l&#8217;OTAN.  Pour comprendre comment fonctionnerait cette option militaire,  il faut un peu mettre les choses en perspective. </p>
<p>La plupart des gens ont grossièrement exagéré  la capacité militaire  et l&#8217;efficacité  de l&#8217;armée russe dans cet exercice,  évidemment planifié  depuis longtemps  et impliquant en fait des forces relativement peu nombreuses.  D&#8217;après tous les rapports, la &laquo;&nbsp;58° armée&nbsp;&raquo; russe a envahi le territoire de la Géorgie  avec quelques 500 chars et un nombre égal de Véhicules de Combat d&#8217;Infanterie  &#8211;l&#8217;équivalent d&#8217;à peu près  deux divisions blindées.  C&#8217;est de la petite bière,  en réalité, mais suffisant pour traiter une armée géorgienne plus petite, largement dispersée  pour mener des opérations de contre-guérilla.</p>
<p>Un examen approfondi des vidéos et des photos de la force russe révèle aussi de l&#8217;équipement de pointe  &#8211;des chars récents T-80 and T-90,  et des VCI BMP-2.  Or, le District Militaire du Caucase  est une espèce de trou perdu,  où logent des divisions de Catégories II et III, dont la plupart restent en sous-capacité  et sont équipées d&#8217;anciens systèmes  tels que le char T-72.  En revanche, on garde les divisions de Catégorie I proches de Moscou et des districts militaires de l&#8217;Ouest,  parce que c&#8217;est là que l&#8217;on perçoit la menace principale,  et aussi parce que c&#8217;est un bien meilleur terrain pour les batailles de chars.<br />
Il est évident que l&#8217;armée russe a soigneusement transféré  les forces pour cette opération de Russie centrale jusqu&#8217;au Caucase &#8211;en secret—et qu&#8217;elle a aussi accompagné cette manoeuvre d&#8217;une maskirovka complète destinée  à nous mettre à l&#8217;aise  (par exemple,  Putin est bien allé  à la cérémonie d&#8217;ouverture des Jeux Olympiques).</p>
<p>Nous pouvions déduire de cela ce que savent déjà la plupart des experts –que l&#8217;armée russe,  quoique  toujours numériquement importante,  a relativement peu de formations compétentes, que l&#8217;on peut déployer  &#8211;il y a les divisions et les brigades d&#8217;assaut aéroportées,  et quelques  divisions de chars et d&#8217;infanterie motorisée, mais pas grand-chose d&#8217;autre.<br />
De même, l&#8217;armée de l&#8217;air russe n&#8217;a pas beaucoup  d&#8217;avions complètement opérationnels ni de grandes réserves de carburant,  de pièce de rechange ou de munition. Cette invasion a probablement profondément entamé  le financement des opérations et de l&#8217;entretien,  pour ne rien dire de ses réserves en matériel et en équipement.<br />
La Russie doit avoir parié  sur une guerre courte et relativement peu sanglante, parce qu&#8217;elle ne peut pas se permettre  &#8211;ni militairement ni politiquement— une guerre prolongée. Non seulement elle n&#8217;a pas l&#8217;équipement pour cela,  mais elle n&#8217;a pas assez de troupes hautement entraînées pour supporter des pertes importantes.  L&#8217;armée  russe consiste  en une petite pointe dure  comme du diamant au bout d&#8217;un bâton de bois.  Si la pointe se casse ou s&#8217;use,  il ne vous reste plus que le bâton pour vous battre.<br />
(Il faut remarquer que Ralph Peters, dans le New York Post  a fait une critique impitoyable de l&#8217;efficacité de l&#8217;armée russe en Géorgie,  de sorte que, d&#8217;après les critères occidentaux, même ce que l&#8217;armée russe a de mieux  serait considéré comme plutôt médiocre).</p>
<p>Et la question est donc de savoir comment l&#8217;épuiser.  La Géorgie est un pays montagneux, avec peu de routes et beaucoup de goulots d&#8217;étranglement.  Une guérilla à pied  ou une force d&#8217;infanterie légère,  peut arrêter une force blindée forcée de rester sur les routes,  et lui infliger des pertes disproportionnées,  si on l&#8217;équipe et la dirige convenablement.<br />
Malheureusement,  à cette occasion-ci,   l&#8217;armée géorgienne  n&#8217;était ni l&#8217;un ni l&#8217;autre.  Au lieu de cela,  elle était entraînée et équipée pour mener la guerre à laquelle elle avait eu affaire –une insurrection menée par des irréguliers séparatistes, qui nécessitait principalement de l&#8217;infanterie et des armes légères.  Face à des chars,  et à des avions et des hélicoptères d&#8217;attaque,  les forces géorgiennes n&#8217;avaient guère d&#8217;autre choix  que de décamper. </p>
<p>S&#8217;étant retirées d&#8217;Ossétie et d&#8217;Abkhazie,  les Géorgiens peuvent maintenant se regrouper et se rééquiper. Il y a deux choses dont ils ont désespérément besoin : des armes pour tuer les chars,  et des armes pour abattre,  ou repousser les avions et les hélicoptères.  </p>
<p>Nous pouvons leur fournir les unes et les autres.</p>
<p>Le missile Stinger, la hantise de l&#8217;Aviation de Front  en Afghanistan, demeure l&#8217;arme d&#8217;épaule la plus puissante.  Il forcera les avions russes d&#8217;appui aérien à garder leurs distances,  ou à attaquer de plus haut.  Fournissons à la Géorgie des missiles sol-air à moyenne portée qui peuvent être placés sur le territoire géorgien,  et les avions d&#8217;attaque  à haute altitude seront d&#8217;autant plus dissuadés (par exemple les Tu-22M Backfire ). </p>
<p>Libérés de l&#8217;observation aérienne et de la menace d&#8217;attaque venue du ciel,  les forces géorgiennes pourraient manoeuvrer à pied dans les montagnes plus facilement que les forces russes ne peuvent se déplacer  le long des routes.<br />
Ce qui veut dire que les Géorgiens seraient libres de monter des embuscades pour bloquer les avances ultérieures des Russes et leurs lignes de communication.  </p>
<p>Nous pouvons leur donner de quoi le faire.</p>
<p>Tout d&#8217;abord, nous devons donner aux Géorgiens des mines antichars,  et pas n&#8217;importe lesquelles, mais  nos miles &laquo;&nbsp;intelligentes&nbsp;&raquo; placées en-dehors des routes telles que la XM93 Wide Area Mine (WAM). On n&#8217;a pas besoin de les placer sur la route même,  mais à proximité  et leurs détecteurs peuvent sentir l&#8217;approche des véhicules blindés et leur envoyer des engins explosifs perforants (RFP).</p>
<p>Deuxièmement,  nous devons leur donner notre meilleur missile guidé antichars,  le FGM-148 Javelin.  C&#8217;est une arme &laquo;&nbsp;tire et oublie&nbsp;&raquo; : une fois que le tireur  a placé  la cible dans son viseur et l&#8217;a accrochée, il peut tirer le missile  et s&#8217;en aller,  tandis que le missile vole de façon autonome vers son objectif.  Avec une portée d&#8217;environ deux kilomètres,  le Javelin pratique aussi une &laquo;&nbsp;attaque par le haut&nbsp;&raquo;,  piquant vers le toit du char là où le blindage est le plus mince.  Utilisés  dans l&#8217;Opération Iraqi Freedom,  les Javelins  ont eu un effet dévastateur sur les chars de conception russe.  Et démolir quelques chars  ou véhicules blindés sur une étroite route de montagne oppose  une barrière  au mouvement derrière laquelle toute la circulation s&#8217;empile,  immobile et d&#8217;autant plus vulnérable aux attaques.  </p>
<p>La plupart de cette circulation sera constituée de camions et autres véhicules &laquo;&nbsp;mous&nbsp;&raquo;.  C&#8217;est un gaspillage  que de s&#8217;en prendre à eux  avec des missiles coûteux, mais des mortiers bon marché marchent très bien.<br />
Il vaudrait encore mieux  avoir des fusils de précision à longue portée, comme le Barrett de 12.7mm (calibre .50),  très apprécié des forces spéciales des États-unis.<br />
Les Forces Spéciales géorgiennes passent pour être bien entraînées et hautement motivées.  Elles le seraient probablement d&#8217;autant plus qu&#8217;elles combattraient les Russes sur leur propre sol qu&#8217;en combattant al-Qaïda  là-bas en Irak.</p>
<p>Alors très vite,  les forces russes commenceront à subir des pertes sérieuses.  Il leur faudra introduire davantage de troupes pour protéger leurs lignes de communication.  Il leur faudra descendre de leurs transports de troupes  et grimper sur les montagnes,  où ils se feront encore descendre par un ennemi agile et fuyant.  Ils ne peuvent même pas  s&#8217;en remettre à leur bonne vieille tactique  du massacre de la population locale du moins en Ossétie et en Abkhazie, puisqu&#8217;ils en ont fait des &laquo;&nbsp;citoyens russes&nbsp;&raquo;,  le gouvernement russe leur ayant distribué  des passeports  (ils ont fait plus fort que Hitler : parce qu&#8217;il y avait réellement des Allemands sur le territoire des Sudètes,  tandis que Putin a dû inventer de toutes pièces sa &laquo;&nbsp;minorité russe opprimée&nbsp;&raquo;  en Géorgie).</p>
<p>A mesure que les forces russes commenceront à saigner,  il deviendra impossible,  même dans les médias sous contrôle  de la Russie de Putin,  de cacher les pertes au peuple de Russie.  Ils y répondront probablement comme ils l&#8217;ont fait au carnage d&#8217;Afghanistan comme à celui de Tchétchénie.<br />
Bien pire pour le gouvernement de Russie,  une guerre prolongée et sanglante  nécessitera un accroissement massif du budget militaire russe,  réduit au minimum pendant la plus grande partie de l&#8217;ère Putin.  Cela voudrait dire de faire  des choix douloureux  entre l&#8217;armée  et d&#8217;autres priorités,  juste au moment où les prix du pétrole ont commencé  à baisser,  amputant les recettes de l&#8217;État russe. En outre,  les militaires russes commenceront à s&#8217;inquiéter de voir compromis leur plan de réorganisation :  comme les militaires Américains l&#8217;ont récemment découvert,  vous pouvez  mener une guerre,  ou vous pouvez  vous réformer,  mais il est presque impossible de faire les deux en même temps.  La guerre va mordre dans les budgets déjà minces pour l&#8217;entraînement, l&#8217;équipement, la recherche et le développement,  de sorte que l&#8217;État-major russe va hurler à son tour. </p>
<p>Alors,  que fera la Russie  dans une telle circonstance ?  Ils pourraient faire monter les enchères,  mais ils pourraient préférer un retrait qui sauve la face,  laissant l&#8217;Ossétie et l&#8217;Abkhazie  à une force internationale de maintien de la paix,  et laissant le territoire géorgien libre  de troupes russes.  La Géorgie devrait alors  négocier sa propre paix avec les séparatistes,  mais avec un tampon entre celle-ci et l&#8217;armée russe,  les Géorgiens pourraient avoir  une plus grande influence sur leurs minorités intransigeantes. </p>
<p>Deux choses sont nécessaires  pour que cela arrive : de la part des États-unis,  la volonté politique  de fournir à l&#8217;armée géorgienne l&#8217;équipement et la formation nécessaires  (nos Forces Spéciales ont déjà une relation étroite avec l&#8217;armée de Géorgie),  et,  plus important, une volonté politique de la part du gouvernement géorgien  de continuer le combat jusqu&#8217;à ce que les Russes aient quitté leur sol.<br />
Il est difficile de dire si les Géorgiens seraient prêts  à mener ce qui serait une guerre longue et difficile ;  cela dépend certainement dans une large mesure  de la question de savoir s&#8217;ils nous pensent prêts  à les soutenir  jusqu&#8217;au bout.  Les guérillas sont toujours de sales guerres,  et en l&#8217;absence de soutien extérieur,  ce sont le plus souvent  les guérilleros qui perdent.  Mais il est prématuré,  et plus qu&#8217;un peu défaitiste,  d&#8217;écarter les chances que les Géorgiens ont  de bourrer le pif de l&#8217;ours russe ressorti de sa tanière.  </p>
<p>Stuart Koehl écrit souvent dans le WEEKLY STANDARD Online.</p>
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