Posté le Jeudi 19 juin 2008 par sil

Voici du 100 % pur jus de cojones. Il s’agit de la tribune « Délit de culte non musulman, faut-il brûler Habiba K. ? »
publiée récemment dans le journal El Watan. Son auteur, le journaliste kabyle Arezki Aït Larbi, correspondant du Figaro et connu pour ses prises de positions démocrates et pour ses déboires avec le régime algérien, nous offre ici un percutant plaidoyer en faveur des Libertés.
Les violations récurrentes des libertés viennent d’atteindre un seuil intolérable. La dernière en date est un procès en sorcellerie qui a eu pour théâtre le palais de justice de Tiaret. La victime, une femme de 37 ans, risque 3 ans de prison ferme pour délit de chrétienté.
C’est la peine requise, le 20 mai, par le procureur de la République (sic), qui l’accuse de « pratiquer un culte non musulman sans autorisation ».
Pour justifier la croisade contre un prétendu prosélytisme évangélique, les autorités invoquent la loi du 28 février 2006. Le procès de Habiba K. a pourtant révélé d’humiliantes persécutions pour délit de culte, sans autre base légale que l’arbitraire officiel béni par des effluves sacrées.
Aux jeux olympiques de la mauvaise foi, le ministre des Affaires religieuses serait médaille d’or. Prônant un discours d’ouverture vers l’étranger, il jure que « la liberté de culte est garantie par la Constitution », omettant toutefois d’ajouter : « A condition de ne pas l’exercer ! » Pour l’opinion nationale, il sort de la naphtaline la bonne vieille théorie du complot.
Plume au garde-à-vous, la presse nationale-islamiste signale, ici et là, des escadrons d’évangélistes américains crapahutant dans les villages de montagne pour convertir de jeunes égarés à coups de dollars et de visas, et préparer ainsi le terrain à l’intervention des GI’s ! Dans les faits, la réalité est plus triviale.
A Tiaret, on a arrêté une frêle jeune femme en possession de redoutables pièces à conviction : des bibles ! N’eut été la perversion qui a transformé des institutions républicaines en bras armé de l’inquisition, cette capture pittoresque des forces de l’ordre aurait prêté à sourire.
Devant le tribunal, le procès tourne à la farce, révélant une nouvelle fois les dessous d’une justice sous influence qui se couche au gré des fantasmes du sérail. Alors que le magistrat a pour rôle de dire le droit, voilà qu’il se métamorphose en directeur de conscience, lançant des fatwas d’indignité et prêchant des conversions à rebours.
Pour empêcher les journalistes de témoigner de cette ignominie, le juge décide, à la demande du procureur, de confisquer leurs carnets de notes ! Pitoyable réaction de notables de province qui réalisent brusquement que leurs dérapages de Pieds Nickelés risquent de plomber une carrière jusque-là prometteuse.
Dans ce climat de reddition idéologique qui a consacré le triomphe de l’obscurantisme au nom d’une réconciliation frelatée, même les « élites éclairées » ont fini par abdiquer leur devoir de vigilance pour se confondre en génuflexions devant les nouvelles règles du jeu. Là où il s’agit de réaffirmer avec force la liberté de conscience, des exégètes de bistrot invoquent la « tolérance de l’Islam envers les gens du livre » pour concéder aux pratiquants de « cultes non musulmans » quelques strapontins de sous-citoyens.
Briguant la palme du grotesque, ils présentent Habiba K., sans l’avoir jamais rencontrée, comme une menace… géostratégique (!), une Mata Hari du goupillon émargeant aux caisses noires de la CIA et du Mossad, dont la pratique spirituelle ne serait qu’une tenue de camouflage pour ébranler les peuples musulmans.
Vingt ans après la tragédie d’octobre 1988, le pays peine à exorciser ses vieux démons, et consacrer les libertés écrasées par le rouleau compresseur des arrangements claniques et des recompositions de sérail. Au nom de l’état d’urgence qui couvre bien des turpitudes, les institutions sont verrouillées, les manifestations interdites, les partis d’opposition laminés, les journalistes libres bâillonnés, les syndicalistes autonomes matraqués, la spiritualité soumise à licence.
Cette mise au pas de la société est grosse de risques. Elle a déjà enfanté l’émeute généralisée comme ultime moyen d’expression, la tragédie des « harraga » qui finissent en prison lorsqu’ils échappent à la mort, et plus grave encore, des affrontements communautaires.
Pour conjurer « l’ordre nouveau » des cagoulards, qui préparent dans l’ombre de terribles guerres ethniques, tribales et religieuses, il n’y a aucun miracle à attendre de l’Occident, ni des « segments modernistes » du sérail. L’heure est à la mobilisation, autonome et déterminée, pour imposer les libertés fondamentales aux tentations fascisantes, la pluralité de nos convictions à l’unicité de pensée, et le respect de nos différences à l’uniformisation sclérosante.
Avant d’affronter d’hypothétiques menaces étrangères, rappelons haut et fort que les chrétiens algériens sont d’abord des citoyens. Et dans une République, les citoyens sont tous soumis aux mêmes lois, qu’ils soient musulmans malékites, ibadites, chiites, agnostiques, catholiques, protestants, juifs, bouddhistes, ou athées…
Tout comme ils ont droit au même respect de leurs convictions et à la pratique libre de leur culte, tant qu’ils ne les imposent pas aux autres par la contrainte. La « christianophobie » qui a réduit les néo-convertis à vivre leur foi dans la clandestinité n’est, en fin de compte, qu’une diversion de faux dévots et de vraies canailles visant à occulter la jonction de l’autoritarisme officiel avec l’intégrisme sanguinaire recyclé. D’abord consommée dans les coulisses du sérail, cette sainte alliance s’affiche désormais au grand jour.
Devant le gotha national-islamiste réuni jeudi dernier à la place des Martyrs d’Alger, le Premier ministre en uniforme de grand calife a décrété que le Coran « représente la Constitution de la société algérienne ! » Un coup d’Etat sur tapis de prière qui n’a suscité aucune réaction d’indignation. Dans la sphère privée, toutes les croyances sont respectables.
Instrumentalisée à des fins politiques, toutes les religions sont potentiellement liberticides et peuvent engendrer de terribles drames et des fleuves de sang. Aux persécutions en cours, répondent, outre Méditerranée, les vociférations de l’extrême droite qui exigent, avec une certaine logique il faut le reconnaître, l’application du principe de réciprocité.
Les Algériens ont prohibé la bible ? Interdisons le Coran. Ils ferment des églises ? Détruisons les mosquées. Ils expulsent des prêtres ? Renvoyons Dalil Boubekeur, le recteur de la Mosquée de Paris, à son douar d’origine. En dépit des apparences, « croix et croissant gammés » se rejoignent en fin de compte dans un même combat : celui de l’intolérance, de l’exclusion et de la haine.
Un signe d’espoir, « l’appel à la tolérance et aux respects des libertés », publié en mars dernier par un groupe d’intellectuels algériens, a recueilli plus de 2500 signatures. Dépassant leurs divergences, ils ont dénoncé les violations des libertés démocratiques, réaffirmé le droit de chacun de pratiquer le culte de son choix, ou de ne pas pratiquer, proclamant ainsi cette farouche volonté de vivre ensemble, dans le respect de chacun.
Des dizaines de personnalités maghrébines, françaises et européennes ont soutenu cette initiative. En attendant d’autres formes de lutte plus déterminées, mais toujours pacifiques, les regards sont braqués sur le tribunal de Tiaret, où se joue le sort d’une femme, coupable d’avoir prié sans l’autorisation des gardiens du temple. Quel que soit le verdict qui sera prononcé, Habiba K. est déjà un symbole de courage et de liberté.
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5 réponses à “AREZKI AIT LARBI EST LÁ AUSSI”
19 déc 08 à 13:30
Je goûterais bien moi aussi à quelques brochettes de sauterelles. Il parait que ce parasite constitue un bon apport protéique…
Le tout accompagné d’un petit jus de cojones ou plutôt d’un thé kabyle chargé en vitamine C (comme courage)… après tout, on en a tous besoin d’en reprendre un peu de temps en temps… tiens comment qu’on dit « cojones » en arabe et kabyle ???
16 déc 08 à 20:10
Au vu de ce qu’ils risquent , je n’ai que plus de respect pour ces musulmans qui mettent le respect de l’humanité et de ses valeurs !
(a comparer avec le discours infect des suppots camoufles de l’islamisme le plus retrograde si prompts a accuser le monde entier d’ »islamophobie »pour pouvoir detruire le discours de cette minorite qui comprend bien le tort gigantesque que les fanatiques islamistes , wahabistes ou autres causent aux musulmans avant tout !
- Ces racailles dhimitisees avant l’invasion n’ont meme pas la circonstance atténuante de l’imbécillité ! On les retrouve parmi les intellectuels les plus dévoyés – Mais on a deja eu Pierre Dax , Aragon et Sartre a « contempler …la liste est longue aujourd’hui !
Que eXc serve toujours de caisse de résonances a leur combat ! Quelle difference avec le tout venant des lobotomises pro-kangourou !
Ceux-la ne seraient consomables que sous la forme de sauterelles
parasite inutile qui sevit justement souvent en Dar Al Islam ! Pour Sil , il parait que grillees , ca vaut le pigeon modele 09/11 meme en pastilla avec de la cannelle , des olives vertes et des amandes ….Pas de raisons de renoncer a la gastronomie fine dans ce monde de brutes ! que ces dejantes servent au moins a quelque chose ! Les intellos avec le petit doigt sur la couture des burkas ? Impropre a la consommation ! Trop rances ….
16 déc 08 à 17:10
[...] le courage, il faut aller le chercher du côté des Boualem Sansal, des Arezki Ait Larbi, des Mohamed Sifaoui, des Wafa Sultan et autres qui dénoncent le despotisme, la tyrannie et les [...]
2 nov 08 à 04:38
Bonjour,
Juste pour vous signaler cet appel à a désobeissance civique, nouvel article d’Arezki Aït-Larbi dans El Watan du 25 octobre 2008.
Lien: http://www.elwatan.com/Le-devoir-de-desobeissance-civique
Cordialement.
Le Collectif SOS LIBERTES
20 juin 08 à 11:45
Magistrale leçon d’intelligence…je dis pas ça parce que je suis Kabyle aussi ;o)





