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Ils ont été trop clairsemés

Posté le Mercredi 30 avril 2008 par Letel

Je crois le vent les a ôtés
L’amour est morte

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Que sont nos amis (maoïstes) devenus ?

Ils s’appellent Alain Badiou, Benny Lévy, Jean-Claude Milner ou Guy Lardreau. A l’époque des manifs et des barricades, ils étaient militants maoïstes. Depuis, ces intellectuels ont, chacun à sa manière, emprunté un même chemin : en mai 1968, ils se mobilisaient sur une scène où le mot-clef était révolution ; aujourd’hui, ils continuent de ferrailler avec une ferveur et un enthousiasme intacts, mais leur vocabulaire est celui de la religion. De mai 1968 à mai 2008, ils sont passés d’un absolu à l’autre, entre engagement politique et quête spirituelle. Dans une série en cinq volets intitulée « De la lutte des classes à la guerre des anges », Le Monde brosse le portrait d’une génération passée de Mao à Mahomet, à Moïse ou à saint Paul.

1) Le dispositif est familier, et pourtant quelque chose détonne par rapport aux meetings traditionnels. Certes, nous sommes rue des Ecoles, à Paris, en plein Quartier latin. Comme dans toute réunion gauchiste digne de ce nom, la tribune est recouverte d’un tissu rouge et surmontée d’une sono crachotante - que l’exiguïté de la salle rend parfaitement inutile. Toujours selon l’usage, l’orateur se fait attendre. Lorsqu’il paraît enfin, avec ses immenses lunettes, son gilet à rayures et son pantalon de velours, chacun retient son souffle, le regard calé sur ces longues mains juvéniles, qui n’en finissent plus de caresser le texte à proférer. Jusqu’ici, rien que de très banal, dira-t-on. A ceci près que la scène ne se déroule pas en mai 1968, mais en décembre 2007, et que l’homme du jour s’appelle Jean-Claude Milner, 66 ans, brillant linguiste, auteur d’essais au style implacable et ravageur, dont le dernier en date s’intitule Le Juif de savoir (Grasset, 2006). Il y a quarante ans, ce théoricien glacial intimidait ses camarades de la Gauche prolétarienne (GP), principale organisation maoïste en France dans l’après-68. Désormais, il (lire plus…)

2) Paris s’embrase, mais il n’en croit pas ses yeux. Un peu partout les barricades se dressent, et Jean-Claude Milner tombe des nues. En ces jours de mai 1968, il est pourtant aux premières loges, lui qui habite au cœur du Quartier latin. Mais rien n’y fait : le grammairien de 27 ans assiste à l’insurrection en spectateur dégagé. Deux raisons expliquent sa perplexité. D’abord, Milner revient des Etats-Unis, où il a été impressionné par les mobilisations contre la guerre du Vietnam, et il est rentré en France avec la certitude que plus rien d’intéressant ne pouvait s’y passer. Ensuite, ce militant maoïste croit si fort à la révolution prolétarienne qu’il est incapable de prendre au sérieux la rébellion des étudiants, leurs revendications libertaires, féministes, bref “petites-bourgeoises”, voire réactionnaires… “Je raisonnais de la façon marxiste-léniniste la plus sotte, et j’ai vécu Mai 68 comme une contradiction directe avec tout ce que je pensais”, constate Milner aujourd’hui. Certes, dans la Sorbonne occupée, le jeune normalien peut encore s’en remettre à ses auteurs préférés : “Le premier soir, je regarde, je me dis : “Bon, raccroche-toi à la Révolution française, à Jules Michelet…”" Mais quand, à deux pas de l’université, il arrive enfin au (lire plus…)

Letel @ 10:38
Catégorie(s): Pendant ce temps-là, en France


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77 réponses à “Ils ont été trop clairsemés”

  • 77
    Say No More:

    Je crois qu’Aron rappelle dans “la révolution introuvable” qu’une des premières mesures prises par les étudiants de 68 quand ils ont pu exercer un vague pouvoir a été d’empêcher la publication de je ne sais plus quelle publication conservatrice. Personnellement, je n’ai jamais compris en quoi mai 68 avait bien pu contribuer à libérer les moeurs. La contraception est autorisée avant mai 68, de même que la possibilité pour une femme mariée d’ouvrir un compte en banque sans l’autorisation du mari, donc il devait y avoir une demande pour ce genre de réformes, et même une demande suffisante pour donner lieu à des réformes législatives ; lesquelles ont accessoirement été conduites par un gouvernement conservateur.

    Du coup, je soupçonne un peu les anciens soixante-huitards de se prévaloir d’une libéralisation dont ils ne sont pas aussi responsables qu’ils aimeraient bien le croire. Je n’ai jamais très bien compris ce qu’il pouvait y avoir de libéral dans le fait d’admirer Che Guevara ou Mao. Si j’avais été hitlérien en 1934, par exemple (pour prendre un exemple pas du tout polémique), je pourrais à la limite assumer le fait que j’étais jeune et pas très malin, mais je ne crois pas que j’irais raconter que je suis à l’origine du renouveau démocratique de 1945. A la limite, je veux bien me prévaloir d’excellentes intentions pour avoir voté Chirac, et le rouge me monte quand même au front, mais franchement, mai 68, je trouve que ça va un peu loin.

    Je veux bien croire que les jeunes se sont amusés en mai 68, qu’ils ont joué à la guerre et qu’ils ont baisé dans les amphis, mais quand je vois des reportages ou que je lis des témoignages, disons que le reste du programme ne me fait pas très envie. Les meetings dans les amphis où des petites frappes prennent la parole pendant des plombes pour parler de la lutte des classes, comment dirais-je, ça devait quand même être un peu gonflant sur les bords, non ? Or, les gens y allaient apparemment volontairement, donc il y a définitvement quelque chose que je n’ai pas et que je n’ai jamais eu en commun avec les étudiants de cette époque.

    Pour ma part, je n’ai connu comme expérience vaguement approchante que les manifestations étudiantes de décembre 1986 et j’en ai conçu une aversion durable pour l’activité politique et les jeunes en train de devenir adultes. Plus tard, en 1988, j’ai vu dans mon école une conférence de Rocard (alors candidat virtuel à la présidentielle) qui s’est très bien passée, puis une autre de Barre qui a été interrompue par l’UNEF, les jeunes sympas et antiracistes dont la mentalité était assez proche de celle des chemises brunes.

    J’étais un peu jeune pour assister à mai 68 mais pour autant que je sache, ce mouvement, mis à part la manifestations des Champs Elysées, était pour l’essentiel un mouvement d’inspiration fasciste, violent et autoritaire. Si le gouvernement avait vraiment paniqué et si la “révolution” avait réussi à le chasser, on aurait eu droit soit à un coup d’Etat militaire, soit à une prise du pouvoir par des militants, et je crois que la première solution aurait été préférable parce que même si l’on admet que les étudiants étaient en fait très rigolos et bon enfant (ce sur quoi j’ai des doutes), ce sont toujours les pires qui se retrouvent au sommet dans les situations de ce genre.

    Voilà, je ne dis pas ça pour agresser les anciens soixante-huitards présents ici, je trouve juste que le discours dominant sur mai 68, mouvement rigolo-et-en-fait-à-l’origine-du-libéralisme est complètement cousu de fil blanc et ressemble très fort à de l’auto-absolution.

  • 76
    Letel:

    Après le coup des 35h (et le coût), qu’un clown comme ça ait encore le moindre crédit dans ce pays dit tout sur les handicaps qu’on traîne.

  • 75
    Letel:

    Mdr, elle va nous proposer 29 heures, sûr qu’elle sera élue…

  • 74
    Letel:

    > j’aimerais bien de Letel une revue de detail des differents atouts et handicaps de l’economie francaise

    J’en serais bien incapable, à part dire des banalités. Mon domaine, c’est le passé, l’histoire économique. En tant que macroéconomiste ou conjoncturiste, ou analyste économique, je suis tout à fait incompétent. Par contre, je pourrais vous parler pendant des heures de Newcomen, Watt ou Arkwright, mais bon, ce serait de peu d’utilité…

  • 73
    Letel:

    > est-il intéressant de chercher une corrélation entre le taux de chomâge et le rapport productivité/coût du travail

    Les entreprises embauchent tant que la productivité marginale est supérieure au salaire. Ainsi si les salaires augmentent trop vite, l’embauche diminue. Si la productivité augmente, le chômage diminue. La productivité en France est assez élevée, les salaires dans la moyenne, aussi ce n’est pas à mon sens le problème. Le problème est pour la main d’oeuvre moins ou pas qualifiée, avec une faible productivité. Là les salaires en France sont plus élevés que la moyenne, le SMIC par exemple, et cela décourage l’emploi, ce qui explique le chômage massif dans les cités, formées de gens peu qualifiés. A cela s’ajoute la complexité des licenciements, le peu de flexibilité du marché du travail. Les entreprises sont réticentes à embaucher, parce qu’après elles ne peuvent plus licencier, ou ça leur coûte trop cher.
    C’est pour ça que les syndicats sont irresponsables, en réclamant une augmentation constante du SMIC, ils devraient bien avoir des experts qui leur disent que ça augmente le chômage. Mais bon, si leurs experts sont formés par les Editions sociales… Ou alors, c’est du cynisme, protéger les emplois existants, au détriment de ceux qui sont en dehors, qui sont exclus du marché du travail. C’est un cocktail dangereux, ça veut dire des cités qui vont péter à nouveau, inévitablement. Alors que dans les pays anglo-saxons et germaniques, la souplesse du marché du travail et l’absence de SMIC permettent de mieux intégrer les gens sans qualification, donc souvent les immigrés ou enfants d’immigrés. En France, avec des syndicats rétrogrades et obtus, on s’enferme dans les rigidités et les avantages acquis jusqu’à ce que ça pète. Cf. 1789.

  • 72
    Letel:

    > mais c’est pas le mauvais bougre.

    Justement, c’est ça qui est terrifiant. Le gars pétri de bonnes intentions, qui est généreux, qui sait qu’il a les solutions pour améliorer le sort de l’humanité, mais qui ne comprend pas grand-chose. Vous mettez ce genre de type au pouvoir, vous le laissez appliquer ses solutions si belles, si généreuses, et qu’est-ce que vous avez après un an ou deux, l’appauvrissement, les pénuries, les conflits, bientôt la guerre, les répressions et les famines. Ce sont les pires, ces types là, à la Albert Jacquard, les plus dangereux. Il vaut cenf fois mieux un égoïste froid qui comprend les ressorts de la société, un banquier ou un financier implacable, qu’un crétin animé de bonnes intentions.

  • 71
    michael:

    Pour autant que je sache , la fameuse amelioration de procuctivite , meilleure de la planete , parait il se trouve surtout dans les unites de production appartenant aux grandes societes francaises ………….. a l;etranger !!! ( Alcatel / …) J’ai la faiblesse de croire qu’elle serait une consequence de la delocalisation plutot qu’autre chose mais j’avoue etre un beotien en la matiere !
    D’autre part , il me semble quand meme que nombre d’entreprises privees en France ont fait des efforts consequents dans ce sens ( reduction des couts et modernisation - et pas forcement par destruction d’emplois comme le ressassent les potes a Besancenot …) choses qui ont aussi un rapport avec la productivite . . Mais de toutes facons ,l’argument est utilise sans cesse et a tort par les partisans de l’immobilisme et du statu -quo pour etayer leur arguments ! Pour eux l’economie se resume a un couple biabolique “patronat/Syndicats” engages dans un tango permanent fait de greves et de concessions sous fond de manifs et de gvt omni-impotent ..Sauf qu’ ils oublient que la c’est la piste de danse qui les nourrit !
    Mais je suis comme Cataloun , histoire de mettre de l’ordre , j’aimerais bien de Letel une revue de detail des differents atouts et handicaps de l’economie francaise devant les defis du futur proche . A mon avis , malgre le plombage de ses parasites etatiques ou publics , elle a tout de meme de serieux atouts .et ce dans pas mal de domaines ( Au pif mais je suis un amateur : la tendance a passer a la propulsion electrique dans le secteur auto et la place predominante qu;y occupe la France , son excellence dans la construction nucleaire et le mvt qui se dessine d’un retour a celui ci …
    Et egalement le secteur du luxe ou du tourisme , pas des technologies de pointer certes , mais avec une forte demande et generateur massif d’emplois
    +++++++++++++…
    Pour certains fossiles de Mai 68 , les tenors ont surtout fait un “fade away ” du monde de l’action et seraient plutot du ressort du WWF ! Les seconds couteaux , qui etaient alignes , impassibles derriere l’estrade des meetings , l’oeil dur et les dents longues , m’est avis qu’ils ont pas si mal reussi ..
    Ils encombrent effectivement les studios de tele et ont au moins cree la “pensee unique ” …..

  • 70
    Cataloun:

    Letel, je voulais vous poser une question. On entend souvent affirmer que c’est le coût du Travail qui dissuade l’embauche. D’autrepart, on entend aussi souvent que la productivité - je suppose qu’il s’agit de la productivité du Travail - a significativement augmenté dans le secteur privé en France. Ce qui aurait tendance à pousser au dégraissage ( au Royaume Uni, on appelle ça des redundancies, justement ).

    Ma question : est-il intéressant de chercher une corrélation entre le taux de chomâge et le rapport productivité/coût du travail, sachant bien entendu qu’il est probable que d’autres facteurs entrent en jeu dans le taux d’emploi ? À priori, selon les prémisses que j’ai posées, on pourrait penser que ce n’est pas le cas, puisque les deux facteurs joueraient tous les deux dans le sens d’une diminution du nombre d’employés.

  • 69
    Cataloun:

    Bah, il parle avec le cœur. Il me casse les burnes, à moi aussi, mais c’est pas le mauvais bougre. C’est comme dans le théâtre antique, faut bien un choryphée.

  • 68
    Letel:

    Les hommes sont terribles avec leurs faiblesses, et Albert Jacquard illustre bien ça. Le gars est un grand savant dans son domaine, récompensé par mille prix et mille honneurs, et parce qu’il reçoit tout ça, ça lui monte à la tête et il se croit savant dans tous les domaines, pas seulement dans le sien. Le résultat est désastreux, il veut savoir et expliquer dans les autres domaines, là où il n’a pas la formation nécessaire, et il ne sort que des conneries. Et on le fait parler comme un oracle à la radio.

  • 67
    Letel:

    > Ce que j’ai cru comprendre, c’est qu’il ne considérait comme richesse réelle que la production industrielle, et non les secteurs tertiaires ou primaires. C’est pour cela qu’il estime que la délocalisation de l’industrie, source du déficit commercial avec la Chine, revenait à faire fabriquer par le prolétariat chinois ce que la classe ouvrière américaine était devenue incapable de faire. D’où le terme de Plèbe qu’il emploie pour parler du Peuple américain.

    Exactement, le gars se saoule de comparaisons fumeuses avec l’Empire romain, qui ne fabriquait plus rien et importait tout, sans comprendre que les TI et les services en tout genre aux US, c’est de la production bien réelle. En plus, comparer une économie en pleine révolution technologique, avec une économie stagnante au plan technique comme Rome ou l’URSS n’a aucun sens. Un crétin imbu de lui-même.

  • 66
    Letel:

    > il évoquait l’affaire Enron et suggérait une économie américaine moribonde, qui ne tenait qu’en trafiquant ses bilans - ce qui était et probablement reste la caractéristique des bureaucraties communistes

    Un exemple de débilité de quelqu’un qui n’a pas la dimension historique : des magouilles, des tricheries, des fraudes, il y en avait bien plus à l’époque des Robber Barons, à la fin du XIXe, en pleine époque d’ascension de l’industrie américaine, sous Rockefeller, Carnegie, Vanderbilt et Morgan. En plus, les fraudeurs d’Enron sont en tôle.

  • 65
    Letel:

    A mon avis, il n’y a rien à capter à son bouquin, il n’y a rien de plus dévastateur que les rigolos qui sont dans des domaines qui tournent autour de l’économie (démographes, philosophes, sociologues, biologistes) et s’en mêlent. Il leur manque la formation, la compréhension des mécanismes, l’humilité devant sa complexité. Bourdieu était un bon exemple, ses points de vue et jugements abrupts sur l’économie étaient grotesques. Actuellement, il y a un autre exemple de crétin diplômé qui pontifie sur l’économie sans y rien comprendre, Albert Jacquard, qui intervient tous les jours à France Culture à six heures moins dix, dès qu’il commence à parler, je ferme le poste.

  • 64
    Cataloun:

    “L’histoire du déficit américain est du même tonneau, en fait il aide les pays en développement, en leur permettant d’exporter massivement, ce qui fait tourner leur machine industrielle à plein régime, voir la Chine.”

    C’est ce qui me semblait aussi. Pour s’en sortir, il évoquait l’affaire Enron et suggérait une économie américaine moribonde, qui ne tenait qu’en trafiquant ses bilans - ce qui était et probablement reste la caractéristique des bureaucraties communistes - et en imposant au reste du monde l’emprise de ce qu’il appelle ses “signes monétaires” c’est- à dire les dollars.

    Ce que j’ai cru comprendre, c’est qu’il ne considérait comme richesse réelle que la production industrielle, et non les secteurs tertiaires ou primaires. C’est pour cela qu’il estime que la délocalisation de l’industrie, source du déficit commercial avec la Chine, revenait à faire fabriquer par le prolétariat chinois ce que la classe ouvrière américaine était devenue incapable de faire. D’où le terme de Plèbe qu’il emploie pour parler du Peuple américain.

    Bizarrement, il ne l’emploie pas pour l’Europe qui se désindustrialise à la suite des USA, et pour laquelle il réclame un protectionisme à l’échelle continentale. Une sorte de mur d’Hadrien en quelque sorte…ou une Ligne Maginot économique.

    Enfin…j’ai peut-être rien capté à son petit bouquin.

  • 63
    Letel:

    Tout jeune assistant, j’ai enseigné à l’université de Vincennes, dans les années 1970. Une note au-dessous de la moyenne à l’examen était inimaginable, j’en ai donné un paquet, ça a été un tollé, évidemment c’était plus simple de faire comme Badiou :
    “En philosophie, le maoïste Alain Badiou promet l’UV “La science dans la lutte des classes” à “ceux qui auront condensé leur pensée philosophique dans un bombage ou dans une inscription murale, ceux qui ne sont jamais venus mais qui ont ainsi montré par leur absence un détachement louable des choses de ce monde et une méditation profonde“.”

  • 62
    Letel:

    Vincennes et Dauphine

  • 61
    jc durbant:

    “Tous ces singes savants de Normale Sup et de la gauche prolétarienne ont un problème très simple, le même que celui de Sartre d’ailleurs.(…) le problème de l’enseignement français, on apprend les humanités, les lettres, la philo, d’un côté, et les sciences exactes de l’autre, mais on néglige comme méprisables l’économie ” …

    Oui, c’est probablement ça qui a permis à un condisciple de Sartre comme Aron (ou longtemps son assistant Bourdieu) de résister aux dérives.

    Car que ce soit au Parti ou dans ses diverses sous-sectes, il s’agit toujours, comme disait Bourdieu, de “tenir le monde social à distance” ou, comme disait quelqu’un dans les articles du Monde, de “court-circuiter le réel” …

  • 60
    madimaxi:

    On a crédité le gars d’avoir annoncé la chute de l’URSS au début des années 1980, par une analyse démographique,

    Un vaste malentendu. E. Todd a profité d’un heureux concours de circonstances. Tous les indicateurs démographiques dans l’ex-URSS sur lesquels il a bâti son argumentation ont empiré depuis sa dislocation : effondrement démographique, alcoolisme ravageur, espérance de vie en berne. Faut-il en déduire que la fin de la Russie actuelle c’est pour demain ? Et le dernier pays stalinien de la planète luttant désespérément contre la malnutrition n’aurait-il pas dû, lui aussi, disparaître depuis belle lurette ? Au contraire, le communisme s’accommode assez bien des catastrophes humaines. Ce sont elles qui le font naître, c’est d’elles qu’il se nourrit la plupart du temps.

    L’ex-URSS subissait déjà à sa cadence, et pas pire qu’ailleurs, l’évolution démographique propre à l’ensemble du continent européen et qui perdure de nos jours.

  • 59
    Letel:

    Son pamphlet sur l’empire américain qui va s’effondrer est une autre imbécillité notoire. On a crédité le gars d’avoir annoncé la chute de l’URSS au début des années 1980, par une analyse démographique, il s’est mis à avoir les chevilles enflées, et s’est dit pourquoi pas passer aux US maintenant, en annonçant leur chute prochaine ? Plus con, tu meurs.
    L’histoire du déficit américain est du même tonneau, en fait il aide les pays en développement, en leur permettant d’exporter massivement, ce qui fait tourner leur machine industrielle à plein régime, voir la Chine.

  • 58
    Letel:

    Todd c’est la bienséance politiquement correcte. Comme dit Alceste, quand Arsinoé l’engage à venir à la Cour, où elle peut l’appuyer :

    Et que voudriez−vous, Madame, que j’y fisse ?
    L’humeur dont je me sens veut que je m’en bannisse.
    Le Ciel ne m’a point fait, en me donnant le jour,
    Une âme compatible avec l’air de la cour ;
    Je ne me trouve point les vertus nécessaires
    Pour y bien réussir et faire mes affaires.
    Etre franc et sincère est mon plus grand talent ;
    Je ne sais point jouer les hommes en parlant ;
    Et qui n’a pas le don de cacher ce qu’il pense
    Doit faire en ce pays fort peu de résidence.

    On pourrait dire en paraphrasant Molière :
    Et qui n’a pas le don de grande bienséance
    Doit faire en ce pays fort peu de résidence

  • 57
    Letel:

    Voir ici, l’arrogance imbécile dans toute sa splendeur, vers la minute 50. Sur le protectionnisme, voir les commentaires.

  • 56
    Letel:

    Justement je venais de tomber dessus, Todd parade dans le Figaro, après la télé. Encore un type qui ne comprend rien à l’économie, son idée de protectionnisme régional renforcé est une connerie monstrueuse, on a déjà esssayé ça dans les années 1930 avec les résultats qu’on sait, aggravation de la crise, dépression étendue à une décennie, montée des nationalismes (liée au protectionnisme) débouchant sur la guerre. Todd est un imbécile ignorant, et dans ce pays, les imbéciles plastronnent. On se croirait dans une comédie de Molière, c’est Diafoirus.

  • 55
    Cataloun:

    A propos Letel, je voudrais vous poser une petite question : avez-vous lu le petit bouquin anti-américain d’Emmanuel Todd Après l’Empire. Connaissez-vous son argumentation économique ? Elle me semble complètement farfelue, mais elle retourne ce qui me semble être le classique discours anti-mercantiliste : pour lui le déficit commercial américain signifie l’exploitation des masses du Tiers-Monde au profit de la “Plèbe” américaine, devenue incapable de produire. L’économie américaine serait une illusion basée sur les “signes monétaires”. Vous connaissez ça ?

    À propos du mépris de l’Économie, vous avez bien-sûr raison, et c’est même pire. c’est une haine de l’argent purement déclarative, aussi répandue qu’elle est ridicule et hypocrite.

  • 54
    Letel:

    Tous ces singes savants de Normale Sup et de la gauche prolétarienne ont un problème très simple, le même que celui de Sartre d’ailleurs. Ce problème est le problème de l’enseignement français, on apprend les humanités, les lettres, la philo, d’un côté, et les sciences exactes de l’autre, mais on néglige comme méprisables l’économie et la science économique. Ces imbéciles ne comprennent rien aux mécanismes économiques de base, ils ne comprennent rien à l’évolution économique des sociétés à long terme, et cette bêtise ignorante (masquée sous un jargon savant) - qui n’est pas tant de leur fait mais de celui-ci de la formation qu’ils ont reçue depuis tout gosses - les poussent à embrasser les conneries les plus absurdes du marxisme-léninisme, une solution simple mais séduisante pour des esprits non équipés intellectuellement comme les leurs, une solution pour tout casser dans une société, établir la dictature, la répression, le meurtre de masse, la misère, les famines.
    Les pays anglo-saxons et nordiques - qui ont chez eux une formation économique digne de ce nom - n’ont pas ce genre de problème, les groupes extrémistes, le parti communiste, les partis trotskistes ou maoïstes en tout genre, les crétins des Alpes comme Badiou, Besancenot ou Marchais, n’y existent pratiquement pas. Les gens sont intellectuellement équipés pour résister aux conneries marxistes-léninistes, communistes, gauchistes et ultragauchistes.

  • 53
    Letel:

    Benny Lévy

  • 52
    Cataloun:

    Meat loaf. Love it. Never known him, never heard him. Amazing piece of drama : kept wondering if the man was going to reach Home and get it on stage.

    An ode to male procrastination. Is marriage not for losers, what ? I’m sure our friend Islam should love it, too.

  • 51
    Sittingbull:

    Let me sleep on it (Meat Loaf)

  • 50
    Cataloun:

    Merci déjà. Il est tard, so I’ll sleep on it. Have a good day.

  • 49
    Sittingbull:

    Badiou est fort. Son Saint Paul est fort, d’autres bouquins aussi. Son totalitarisme découle du fait qu’il est philosophe, et que la philosophie s’obstine à faire des touts (discours du maître selon l’autre Big Chief Lacan). Heidegger est l’exemple parfait, son nazisme est conséquence logique de sa philosophie (il le savait, il ne s’en est jamais excusé). Bon, il y aurait beaucoup à écrire, mais ce qui est bien quand on est Big Chief, c’est qu’on peut paresser à sa guise…

  • 48
    Cataloun:

    De Chabrol aussi : Les Bonnes femmes, sans Yanne, mais avec Stéphane Audran., je crois, et Mario David. Mais vous avez dû le voir, vous avez tout vu.

  • 47
    Cataloun:

    Letel

    Oui, oui. “Nous ne vieillirons pas ensemble”, aussi. Grand acteur, peu de bons rôles.

  • 46
    Cataloun:

    Oui, c’est vous et le sujet c’est Badiou, Chief.

  • 45
    Sittingbull:

    Le Grand Chef, c’est moi? Sur mai 68, que les morts ensevelissent les morts. C’est ce qu’un ancien mao comme moi devrait dire…

  • 44
    Letel:

    Oui, le Boucher et Que la bête meure, c’est la classe au-dessus, des grands films, avec un grand acteur, Yanne. Mais Yanne metteur en scène, ce sont des pochades, les Chinois à Paris, c’est marrant, mais ça va pas loin. Ce qui rend encore plus grotesque le dogmatisme imbécile de Badiou, supportant pas les critiques à un régime totalitaire.

  • 43
    Cataloun:

    Letel, je ne m’étais même pas aperçu que vous aviez écrit 4 commentaires, le temps que j’écrive le mien. J’ai jamais vu Les Chinois, mais j’ai toujours aimé le jeu de Jean Yanne. Me suis aperçu aujourd’hui que j’ai les DVD du Boucher et de Que la bête meure. Vais me régaler.

  • 42
    Cataloun:

    “resté dans sa secte.”

    C’est l’Organisation Politique, dont il est l’un des trois secrétaires. Il y a aussi sa copine et sans doute deux ou trois autres membres.
    Tiens, dans le wiki anglais, ils disent qu’il n’est plus à l’ENS. Si c’est vrai, il n’est pas resté longtemps. Aurait-il démissionné par protestation, sans que quiconque s’en soit aperçu ?

  • 41
    Letel:

    > Quant à la radicalité, c’est aussi un truc d’ado : qui a la plus grosse, quoi.
    Qu’en pensez-vous ?

    Tout à fait, c’est le type qu’est jamais sorti de son école, qu’a jamais grandi, entré dans une secte, resté dans sa secte.

  • 40
    Cataloun:

    Une erreur s’est glissée dans le commentaire précédent : j’ai oublié le point après la première strophe. ( Oui, c’est une forme de poésie expérimentale ).

  • 39
    Cataloun:

    Letel

    Vous savez peut-être que Birnbaum a publié un bouquin il y a une vingtaine de mois qui s’appelle “leur jeunesse et la nôtre”. C’est basé sur des entretiens Letel

    Vous savez peut-être que Birnbaum a publié un bouquin il y a une vingtaine de mois qui s’appelle “leur jeunesse et la nôtre”. C’est basé sur des entretiens effectués pour une série d’émissions passées sur France-Culture. Quite enlightening.

    Cela fait longtemps que j’ai noté l’étrange coïncidence que trois des icônes de Badiou : Saül, Spinoza et Marx, peuvent être considérés comme des juifs sortis du particularisme juif pour aller à l’universel. Peut-être imagine-t-il Mao comme une sorte de marrane 犹太 ?

    En tout cas je souscris à la formule de Bensaïd. Pour l’avoir entendu - mais pas lu - depuis quelques années, j’ai été frappé par cette transcendance révolutionnaire de Badiou. C’est un fidéiste, sans doute plus de lui même que du maoïsme, dans une perspective purement opératoire - c’est à dire d’une œuvre à construire. Ça m’étonnerait que ce soit tout à fait inconscient.

    Cela fait aussi des années que je note la christianisation discursive du communisme. Je ne sais pas si c’est l’effet de la Révolution iranienne, qui est après tout le seul événement politique porteur d’espérance pour un anti-capitaliste, un retour aux sources profondes du communisme qui serait aussi et surtout le concurrent spirituel des religions organisées, ou un simple processus de repli réactionnaire.

    Quant à la radicalité, c’est aussi un truc d’ado : qui a la plus grosse, quoi.
    Qu’en pensez-vous ? Enfin, faudrait demander aussi au Big Chief, qui a l’air d’en savoir beaucoup plus que moi, mais qui demeure aussi bavard qu’un insigne de Cigar Store sur le sujet. Pas bien, ça.

  • 38
    Letel:

    Hilarant le film. Pour faire cesser quelques révoltes, Jean Yanne suggère aux Chinois de faire de la France le mauvais exemple de tous les autres pays, alcool, débauche, bonne bouffe, baise, boîtes, cabarets, etc., comme les Spartiates saoulaient un type pour montrer aux autres le droit chemin.
    Les Chinois sont emballés, on donne l’ordre de rouvrir les bordels, de faire couler le vin à flot, et ainsi de suite, un général suggère :
    - Doublez le nombre de jours de congé !
    Un autre répond :
    - Impossible. Ils en ont déjà 200 par an.

  • 37
    Letel:

    Mentalité totalitaire un jour, mentalité totalitaire toujours. L’amateur de censure, l’amateur d’attaques personnelles (cf. son pamphlet sur Sarko, sa taille, etc.) dans le style fachos des années 1930, une ordure obtuse.

  • 36
    Letel:

    Direct 8 )

  • 35
    Letel:

    Je tombe ce soir à la télé (Direct 8) sur le film de Jean Yanne de 1974, Les Chinois à Paris, comédie sur l’occupation (pardon, libération) de la France par la Chine de Mao. Un film anodin et loufoque se foutant du marxisme-léninisme à la Mao et des Français.
    Le crétin de Badiou est tellement con, qu’à l’époque, il avait manifesté devant les cinémas pour faire interdire le film… Quand on voit le niveau du “penseur” français “le plus connu à l’étranger”, qui continue à pontifier et à écrire, y’a plus grand-chose à dire.

  • 34
    Ali-Baba:

    Créé à l’automne 1968 afin de perpétuer le “miracle” de Mai, ce groupe se saborde dès 1973. A l’origine de cette décision, il y a un événement crucial : les attentats perpétrés aux Jeux olympiques de Munich contre les athlètes israéliens, le 5 septembre 1972.

    Moi je crapahutais sur les montagnes du Carmel, en chantant “Che Guevara” et autres chants de partisans- a ce moment!
    Puis quand Beni Levi et ses copains se masturbaient l’intellect je suis aller passe 6 mois sur le canl de Suez defendre les frontieres israeliennes!
    Avec un fusil FM, 7.62 et un canon francais Hovitser 155:
    ” Le pouvoir est au bout du fusil” diasit Mao
    Les choses etaient claires et nettes; pas besoin de branlette des meninges pour voir clair!

  • 33
    Letel:

    “Depuis la disparition de Jacques Derrida, en 2004, Badiou est sans doute le penseur français le plus lu et le plus commenté à l’étranger.”

    Mdr.

  • 32
    Letel:

    Universel en “extension” contre universel en “intensité”, fraternisation globale contre identités singulières, général contre particulier : à l’horizon de ces débats, il y a bien sûr plus d’un enjeu d’actualité. Mais il y a aussi une dispute autour de l’héritage sartrien, si central dans la conscience des gauches françaises : “Pour Sartre, l’homme n’est rien, il est néant, il ne peut pas exister sur le mode de l’identité, souligne Alain Finkielkraut. Mais Sartre admet que face à l’antisémite, celui qui s’assume comme juif mérite le respect. Si Benny Lévy est fidèle à l’homme Sartre, donc, c’est Badiou qui tire les conséquences de sa philosophie : pour lui, il n’y a rien ni personne, et surtout pas de juifs, car ils fournissent la matrice de toutes les identités à venir. Badiou, c’est Sartre moins la générosité ! Et voilà comment l’extrême gauche prend son tournant théologique : au moment où l’Eglise devient vraiment judéo-chrétienne en invoquant la première Alliance, ce sont les gauchistes qui la révoquent en enrôlant saint Paul !”

    Tournant théologique ? Alain Badiou dément. Et répond à ces critiques de plusieurs façons. Sur le mode du dépit personnel, pour commencer, en confiant sa nostalgie d’une certaine solidarité entre ex-camarades. Hier, il pouvait dire “nous les soixante-huitards professionnels”. Maintenant, il déplore que ce “nous”-là fasse défection : “Ce “nous” était précisément tout sauf un nom…”, souffle-t-il.

    Pour le reste, le théoricien maoïste est tenté de rabattre la polémique sur un axe gauche/droite, un partage classique entre progrès et réaction. A l’entendre, les critiques dont il est la cible marquent l’émergence d’un néoconservatisme dont l’originalité serait à la mesure de l’expérience mao : “Quand se mettent en place des figures inédites du conservatisme, observe Badiou, elles sont souvent liées à des retournements, au pivotement de gens qui ont été nourris par la tradition révolutionnaire. Or le maoïsme a été la grande nouveauté politique issue de Mai 68. Dans ces conditions, il n’y a rien d’étonnant à ce que ses militants continuent d’irriguer les nouveautés. Y compris les nouveautés réactionnaires !”

    S’il n’en reste qu’un… Dans la famille des normaliens “lacano-maoïstes”, Alain Badiou se présente comme celui qui ne s’est jamais “retourné”. Ni vers l’ordre bourgeois, ni vers le ciel des religions. Et si certains le décrivent comme un chrétien qui s’ignore, Badiou, lui, proteste de son radical athéisme. Pourtant, même ses meilleurs soutiens sont tentés d’inscrire sa pensée dans le champ théologique : ainsi le théoricien trotskiste Daniel Bensaïd évoque-t-il une “philosophie guettée par la sacralisation du miracle événementiel”, tandis que son collègue slovène, Slavoj Zizek, n’hésite pas à présenter Badiou comme “le dernier grand auteur de la tradition française des catholiques dogmatiques”. Quand on lui rappelle ces propos, l’intéressé ne se défile pas. “A mes yeux, assure-t-il, il n’y a pas d’histoire transcendante. Mais quand on rallie une cause puissante, on s’inscrit sur une scène qui est plus vaste que soi-même. Dès lors qu’on aborde les motifs de l’appel radical, de la conversion, du nouvel homme… je vois bien qu’il y a une généalogie chrétienne, oui, bien sûr. C’est pour cela que j’ai écrit le Saint Paul.” Ainsi, le plus “marxiste-léniniste” de nos philosophes prend-il toute sa part dans l’aventure métaphysique du maoïsme français.”

    Jean Birnbaum

  • 31
    Letel:

    “Austères, intraitables, ils sont restés fidèles à eux-mêmes. A la fin des années 1960, les jeunes “maos” se croisaient dans les couloirs