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Affaires militaires: Notre tranquillité dépend des guerres de l’Hindu Kuch (Are the French ready for the burdens of empire?)

Posté le Mercredi 30 avril 2008 par jc durbant

En ce lendemain de la mort d’un des plus célèbres pères de la théorie du chaos, le météorologue américain Edward Lorenz, qui avait scientifiquement confirmé le vieux dicton “petites causes, grands effets” (le fameux “effet papillon”) …

A l’heure où la gauche feint de découvrir, six ans après, la présence de nos soldats en Afghanistan comme le secret de polichinelle de notre intégration de fait dans l’OTAN

Et où, dans l’indifférence générale, se prépare un Livre blanc sur l’avenir de nos forces armées …

Retour sur un intéressant entretien, par le commandant du Centre de doctrine d’emploi des forces du ministère de la défense Vincent Desportes dans Le Monde il y a une semaine, à propos du décalage toujours plus grand entre la perception des Français et la réalité du terrain de ce que doit être une force armée aujourd’hui (merci Letel).

Notamment et tout particulièrement en ces temps de caisses vides et de retard accumulé à rattraper sur le reste du monde, sur le lien fort, qu’ont nécessairement mieux compris (11/9 oblige) les Américains si décriés, entre nos “batailles de l’avant” et notre sécurité intérieure, autrement dit que si nous n’allons pas à la montagne (l’Afghanistan), la montagne viendra à nous (dans nos propres rues).

Mais aussi le fait que la possession d’un siège à l’ONU ou du feu nucléaire n’est plus suffisant comme mesure du poids politique sans la capacité de déploiement rapide de troupes (et non de simples “compteurs de cadavres”!) sur le terrain, avec le risque, effet de seuil oblige, de se retrouver avec une armée de deuxième rang.

Sans parler de l’incohérence, au moment où la France se prépare à la présidence de l’Europe pour les prochains six mois, d’appeler à une défense européenne renforcée alors qu’on réduirait soi-même ses propres forces.

D’où, néanmoins, l’étrangeté de la prévention de Desportes pour le terme de “guerre juste” dont il rappelle lui-même la définition augustinienne et l’utilisation naturelle chez nos alliés américains, à savoir “le droit d’intervenir si on est à peu près persuadé, en son âme et conscience, que le bien à venir est supérieur au mal passager que l’on va créer”.

Et son tout étrange mais complémentaire refus de l’évidente “dissymétrie morale” entre les sociétés ouvertes et leurs adversaires à la Al Qaeda, autrement dit de la question, toujours plus prégnante comme on vient de le voir avec la récente affaire de piraterie au large des côtes somalienne, de la nécessité d’un retour à un néo-impérialisme ou néo-colonialisme humanitaires enfin assumés …

Extrait :

« Il appartient aux politiques et aux stratèges de marteler qu’il existe un lien fort entre ce que j’appellerai nos “batailles de l’avant” et notre sécurité intérieure. Hier, c’était assez facile, puisque l’adversaire était juste de l’autre côté des frontières. Aujourd’hui, les théâtres où nous devons intervenir sont loin du territoire national. Les Français doivent comprendre qu’il est bien plus aisé d’éradiquer les sources de violence à l’étranger que d’essayer de combattre celle-ci dans nos rues, nos quartiers et nos villes, si nous la laissons parvenir jusqu’à nous. »

Vincent Desportes

jc durbant @ 06:16
Catégorie(s): De la guerre et de la paix


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