Posté le Mardi 12 février 2008 par sil

« Quand le sage montre la Lune, l’imbécile regarde le doigt » nous enseigne un vieux proverbe chinois. Même si notre président n’est pas vraiment un modèle de sagesse, on pourra toutefois dire la même chose du doigt qui montre la planète Mars. Si je vous dis ça c’est parce qu’au moment où le Président de la République parle depuis Kourou de la nécessaire conquête spatiale et des nécessaires alliances pour la mettre en oeuvre, sujets on ne peut plus importants pour les siècles à venir, la grande majorité des journaux et des commentateurs préfèrent regarder les doigts tournés vers les nombrils, que dis-je, vers les trous du culs, du coté de Neuilly-sur- »Scène ».
Aussi je serais l’un des rares à féliciter notre Président de nous engager dans une politique de civilisation spatiale, en espérant que tout cela ne soit pas une pantalonnade supplémentaire que l’on pourra résumer par « après avoir promis la Lune lors des Présidentielles, le président Sarkozy promet la planète Mars pour les Municipales de mars ».
Cela dit, il est vrai que je ne pouvais pas me contenter de la petite galéjade susmentionnée faute de quoi je me serais tiré une balle dans le pied, étant donné que je saoule en permanence tout mon monde avec ma « vitale conquête spatiale », et ce au point de me faire traiter de Vulcain.
Car contrairement à Hannah Arendt qui dans « La crise de la culture » conteste l’idée que la conquête de l’espace puisse accroître la dimension de l’Homme, voir estime que cela puisse par « orgueil » le mener à sa perte, et contrairement à mon cher Alain-Gérard Slama qui il y a quelques mois dans l’une de ses chroniques matinales pour France-Culture, estimait en gros que la Terre devait rester notre berceau comme notre tombeau au nom d’un principe de mortalité, pour ne pas être un tenant des pensées oedipiennes ou dépressives, je suis convaincu du contraire.
Outre le fait que le défi spatial avec les difficultés que nous devrons y surmonter, que ce champ infini de savoir, ne manqueront pas d’accroître la dimension de notre espèce sapienne, il est tout bonnement temps que l’on quitte les jupes de maman.
Premièrement parce que le but de toute espèce est de quitter son nid. Ensuite parce que l’Espace est la condition de notre immortalité « provisoire », jusqu’au possible « Big Crunsh », où notre descendance sera mise à l’abri d’une stupide collusion céleste mais aussi de nos capacités destructrices. Dans l’espace, le syndrome de l’île de Pacques où des groupes concurrents se tirent la bourre jusqu’à extinction des ressources, est moins à craindre que si nous restons sur une Terre ronde mais close. L’Espace est un espace infini de croissance.
Par contre à l’inverse de ce que croit notre président, je pense que le programme d’exploration spatiale ne sera pas un projet « mondial, sans exclusivité ni appropriation par l’une ou l’autre des nations ». Il sera certainement international puisque les budgets nationaux ne sont pas à la hauteur des enjeux mais sûrement pas mondial. Plusieurs groupes de nations seront en concurrence, comme toujours, pour se retrouver aux premières loges et tirer les bénéfices des meilleurs spots spatiaux. D’où la nécessité d’une alliance avec les EUA mais aussi avec la Russie et le Japon, faute de quoi nous devrons gérer les fâcheuses conséquences d’une alliance « spatio-asiatique » sino-russe.
Car en attendant une éventuelle confrontation avec des extra-terrestres un peu trop agressifs, confrontation susceptible de souder toutes les puissances spatiales humaines, l’exploration et la conquête spatiale répondront à nos prédispositions naturelles à l’émulation, la concurrence ou à la confrontation entre groupes humains, pour le meilleur comme pour le pire de l’Humanité.
L’Espace est l’avenir de l’espèce mais aussi un domaine d’extension de la mise en concurrence de groupes humains. Ne l’oublions pas.
Laisser un commentaire
Une réponse à “L’ESPACE SEUL AVENIR DE L’ESPÈCE”
14 fév 08 à 04:03
Analyse pertinente, de SIL, mais l’avenir de l’homme colonisateur d’autres planètes est tellement lointain que je ne suis pas persuadée aujourd’hui qu’il faille consacrer plus d’argent à fuir la planète qu’a tenter de la conserver en bon état.
Mais bon, je pense qu’ à force de vivre une réalité déprimante, l’homme a aussi besoin de rêves , alors Vive les ptits hommes verts cher Vulcain.





