C’est pas mal vu du tout !
Une galerie de têtes (1ère partie, les Démocrates)(info # 011801/8)
Par Laurent Murawiec à Washington © Metula News Agency
Bouteille à l’encre : les primaires présidentielles américaines
L’encre coule à flots mais c’est la bouteille à l’encre qui symbolise, jusqu’à présent, l’interminable campagne des élections présidentielles américaines. Du côté de l’âne Démocrate, l’encre est moins sombre, puisque seuls restent en lice deux candidats sérieux. Du côté de l’éléphant Républicain, il y a pléthore de volontaires pour monter sur le dos de l’animal. La campagne avait, jusqu’à janvier, revêtu les atours d’une affaire virtuelle, conduite dans les sondages. Depuis peu, on vote vraiment, militants consultés dans le caucus (réunion) de l’Iowa, et électeurs aux urnes, dans le petit Etat du New Hampshire. Les gros bataillons ne sont pas encore aux créneaux, à l’exception des rangs serrés des journalistes, commentateurs, analystes et pontifiants, qui s’en sont donnés à cœur joie, depuis des mois, à supputer la vigueur des jarrets de l’un et la longueur des dents de l’autre.
Par rapport aux enjeux, la campagne est misérable et creuse. Hillary Clinton et Barack Obama jouent chacun l’air du « changement », maltraitant ce pauvre mot jusqu’à le vider de la moindre substance. Le « bon changement », le « meilleur changement », le « changement encore meilleur que le mieux », s’affrontent sans pitié.
Les petits candidats démocrates, le sénateur Dodd, connu pour ses attaches avec Fidel Castro, et Joseph Biden, intarissable expert en politique étrangère, à l’éloquence interminable, ont plié bagages au vu de résultats minuscules, tout comme le gouverneur du Nouveau Mexique, Bill Richardson. Les uns étaient là par gloriole et fatuité, les autres pour montrer leur museau en vue d’un job dans un prochain cabinet démocrate. Le gauchiste tarte, Dennis Kucinich, au capital électoral de 1%, reste en lice, proche de gagner l’investiture de coupeur des citrons de la mi-temps. Je l’oubliais presque, il y a aussi le bellâtre John Edwards, grand prix de l’hypocrisie démago, avocat millionnaire, enrichi dans les méga procès intentés à de grandes entreprises : il y a des vaches à traire pour ce vacher sans scrupules ; il s’est ridiculement fait le héraut des pauvres, axant toute sa campagne sur une fiction des « deux Amériques », la riche et la pauvre. Le crétinisme est à pleurer. Sa campane stagne. (Lire la suite…)