Posté le Samedi 5 janvier 2008 par jc durbant
Et si c’était pas tellement Clausewitz que Girard achève dans son dernier ouvrage mais… Darwin?
Pour compléter notre premier billet sur le dernier livre de René Girard (“Achever Clausewitz”), un entretien particulièrement éclairant, dans le Télérama de la semaine dernière, du plus darwinien de nos anthropologues …
Où il apparaît qu’en mettant comme il le fait le mimétisme (mais donc aussi, avec Clausewitz, la guerre) au centre de l’origine des cultures, il va bien au-delà d’une simple confirmation de la théorie darwinienne (il est d’ailleurs amusant de voir que l’une des premières confirmations de Darwin était aussi à sa manière un mimétisme, celui de Bates!).
Puisque, dans le plus noir à ce jour de ses ouvrages, il en explicite plus que jamais les conséquences potentiellement apocalyptiques et son Origine des espèces de l’ethnologie ressemble de plus en plus à une Fin des espèces.
Du moins sur cette terre, puisqu’il termine son entretien par l’évocation de la célèbre formule du “Patmos” d’Höderlin (reprise d’ailleurs du Paul biblique ): “Aux lieux du péril croît/Aussi ce qui sauve”…
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6 réponses à “Livres: Girard corrige Darwin par Clausewitz (Through Clausewitz Girard corrects Darwin)”
6 jan 08 à 09:15
« Le rapport m’échappe… le mimétisme selon Girard est un acte de la volonté » …
Effectivement, « L’Origine des espèces » ne parlait, si je ne m’abuse, que des animaux et il n’est donc pas question de confondre « mimicry » et « mimetism » mais simplement de voir chez Girard une extension de la théorie darwinienne à l’espèce humaine, y compris à sa spécificité culturelle.
Certaines « stratégies adaptatives » humaines apparaissant alors comme plus ou moins favorables à la continuité de l’espèce et notamment le surdéveloppement de l’imitation, base de tout apprentissage mais aussi du désir et de la rivalité dits « mimétiques » et partant des conflits interindividuels et intergroupes, d’où l’invention de mécanismes victimaires pour en purger régulièrement lesdit groupes.
Quant à savoir si « le mimétisme est acte de volonté » dans tous les cas, je pense, sans même parler des « neurones miroirs », que Girard démontre justement le contraire:
Voir sur Wikipedia:
« L’exemple illustratif, donné par René Girard, d’enfants qui se disputent des jouets semblables en quantité suffisante, conduit à reconnaître que le désir mimétique est sans sujet et sans objet, puisqu’il est toujours imitation d’un autre désir et que c’est la convergence des désirs qui définit l’objet du désir et qui déclenche des rivalités où les modèles se transforment en obstacles et les obstacles en modèles.
Sur le plan individuel, les hommes se haïssent parce qu’ils s’imitent. Le mimétisme engendre la rivalité, mais en retour la rivalité renforce le mimétisme. Les protagonistes d’un tel conflit tragique ou comique ne voient pas qu’ils sont interchangeables, symétriques, des « doubles », mais l’observateur extérieur le voit : il y a double logique, celle du désir et celle de l’imitation. L’erreur tragique du désir ne relève pas de l’inconscient, mais d’une incompatibilité entre sa propre logique – le projet différentiel – et la logique à laquelle il est soumis qui est celle du mimétisme et qui va dans le sens d’une croissante indifférenciation. En d’autres termes, faire de l’Autre un modèle, c’est faire de lui un rival. Cette « incompatibilité » – entre la logique du désir dans son projet différentiel et la logique du mimétisme qui conduit à l’indifférenciation – rejoint l’expression anglo-américaine de double bind dans les paradoxes et double contrainte ou mieux « injonctions paradoxales », pierre angulaire de la théorie batesonienne de la schizophrénie.
La notion de désir mimétique devient pleinement intelligible avec le « modèle » du désir qui devient « obstacle » dans la réalisation de ce désir, comme dans l’exemple illustratif donné par Girard des enfants qui se disputent pour des jouets identiques en nombre plus que suffisant. C’est le phénomène fondamental du modèle-obstacle. »
6 jan 08 à 08:35
OK, merci.
6 jan 08 à 08:10
Non… Là.
6 jan 08 à 08:05
Là ?
6 jan 08 à 07:37
A propos de la théorie de l’évolution, le magazine « The Economist » publie un jolie article sur la mise en algorithmes de celle-ci et du profit qu’on en tire.
Richard Dawkins avait déjà crée un programme de simulation dans « The Blind Watchmaker ».
Peut-on encore parler comme d’une théorie ?
6 jan 08 à 07:29
Le rapport m’échappe…
Si j’ai bien lu, le mimétisme selon Girard est un acte de la volonté. Or, ce que Darwin explique et montre est que justement le mécanisme du mimétisme des espèces dans la nature est totalement indépendant de la volonté, non seulement des individus mais surtout des espèces elles-mêmes.
Aussi une espèce de papillon qui tend à ressembler à un autre d’une autre espèce évolutivement plus efficace n’intervient pas dans cette dérive morphologique sauf en survivant ou en mourant en possession de traits qui ressemblent au papillon moins taxé.





