Comment on réécrit l’histoire : l’exemple du Sénateur McCarthy (info # 012901/8)
Par Sébastien Castellion © Metula News Agency

Héritiers des Lumières que nous sommes, nous croyons trop facilement que la vérité finit toujours par triompher. Après tout, malgré les mensonges tissés par l’establishment militaire, l’innocence du capitaine Dreyfus a été reconnue. Malgré l’aveuglement ou la complicité des élites occidentales, les crimes du communisme ont été rendus publics. Et nous en concluons qu’il en sera toujours ainsi, que ceux qui forgent des mensonges seront toujours exposés.
Malheureusement, cela ne marche pas toujours. Certains mensonges ne rencontrent pas leur Zola ou leur Soljenitsyne. Ces mensonges-là peuvent s’installer pour toujours dans les mémoires collectives. Ils sont transmis de génération en génération ; si un chercheur vient plus tard rétablir la vérité, il faut parier qu’il ne sera pas écouté et que sa recherche ne sera guère lue, moins encore commentée. C’est sans doute le sort qui attend le récent ouvrage de Stanton Evans, Blacklisted by History (Crown Publishing, 2007), sur l’action du sénateur Joseph McCarthy entre 1950 et 1954.
L’histoire de Joseph McCarthy, telle qu’on la raconte généralement, est à peu près la suivante : Le sénateur McCarthy provoqua, au début des années 1950, une atmosphère de paranoïa anti-communiste par des dénonciations constantes et infondées. Cette paranoïa n’était basée sur aucun danger réel. Sous l’influence de McCarthy, les Etats-Unis se sont mis à soupçonner leurs artistes et leurs écrivains, brisant la carrière de nombreux innocents. Pour finir, McCarthy fut vaincu par quelques hommes courageux : le journaliste Edward R. Murrow (dont l’histoire fut mise en scène, en 2005, par George Clooney, dans le film Bonne chance et bonne nuit), et l’avocat de l’armée Joseph Welch, qui eut le courage de tenir tête au sénateur, lors d’une séance de commission historique, du 9 juin 1954, alors que McCarthy venait de dénoncer un jeune collaborateur de Welch comme membre d’une organisation de compagnons de route du communisme. Les méthodes illicites de McCarthy dans sa chasse aux communistes conduisirent à sa condamnation par le Sénat, le 2 décembre 1954.
Le livre de M. Evans, fondé sur six ans de recherches d’archives, permet d’affirmer avec certitude que pas une seule phrase du paragraphe précédent ne reflète la réalité.
L’erreur la plus absurde – et pourtant la plus répandue – est celle qui rend Joseph McCarthy responsable de la persécution des acteurs et des écrivains d’Hollywood.
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