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Al-Dura: notre ami Luc Rosenzweig injurié

Posté le Jeudi 15 novembre 2007 par Sittingbull

 Ils ont osé ! Par Stéphane Juffa © Metula News Agency

Chaude ambiance, hier, autour de la cour d’appel du tribunal de Paris, où une foule inhabituelle s’était massée à la porte du prétoire. C’est, pensait-elle, que FR2 et son correspondant permanent en Israël allaient enfin montrer en public les 27 minutes de rushes établissant l’assassinat du jeune Mohamed A-Dura par Tsahal en septembre 2000.

 

Quelques minutes avant le début de l’audience, Serge Kovacs, criant « laissez-moi passer, je suis journaliste ! », écartait brutalement les personnes qui faisaient antichambre. Cet individu, en fait un confrère de la rédaction de France 3, prit violemment à partie notre camarade Luc Rosenzweig, en l’insultant copieusement pour la part qu’il a prise dans la Controverse de Nétzarim. Kovacs, tremblant de tout son long d’excitation, rouge de fureur, comparait la démarche du respectable journaliste, ex-rédacteur en chef du Monde et contributeur à la Ména, à celle des nazis, affirmant, en hurlant, que nous avions entrepris de lyncher Charles Enderlin. Dérangés par les rumeurs de l’esclandre, trois gendarmes surgirent bien vite, s’emparèrent du semeur de désordre et l’emmenèrent.

 

Kovacs eut tout de même le loisir de m’abreuver de vilaines insultes dans un hébreu de cuisine, difficilement déchiffrable. Ce qui peut surprendre, c’est que Haaretz ait choisi de publier le commentaire de ce rouquin écarlate, qui s’affirme persuadé qu’Enderlin est un nouveau Dreyfus. Ce choix d’Haaretz est, en effet, étonnant, alors que l’on sait que Kovacs assure volontiers à ses confrères de France Télévisions qu’Israël est un Etat fascisant. Hier, on pouvait aisément, parmi les nombreuses personnalités présentes, trouver un avis plus pondéré et moins engagé. Quant au choix de ses journalistes par France Télévisions, j’avoue qu’il me semble moins surprenant.

 

Je retrace cet incident, car il reflète correctement la montée des passions autour de l’Affaire. Ce mercredi, sur l’Ile de la Cité, il y avait beaucoup de confrères dans la salle, des caméras à l’extérieur, et une foule si dense, que des dizaines de personnes n’ont pu être admises dans l’enceinte des débats. Et puis, il régnait dans l’air une tension presque préhensible, qui atteignit un premier degré d’ébullition lorsque Enderlin fit son entrée.

 

Le reporter de la chaîne publique, qui affirmait, jusqu’à hier, que les rushes de Rahma contenaient des images de l’agonie de l’enfant, qu’il avait coupées au montage parce que trop violentes pour la sensibilité du téléspectateur, faisait sa première apparition dans cette procédure.

 

Sa prestation devant la cour fut à l’instar du taux de véracité de l’affirmation qui précède, qu’il a diffusée, à tours de bras, dans les rédactions franciliennes : misérable, à la limite de susciter l’apitoiement.

 

Bien entendu, les images remises à la cour, et qui, de la bouche même d’Enderlin, représenteraient toutes les chutes filmées par Rahma au carrefour de Nétzarim, le 30 septembre 2000, ne renfermaient aucune image – supportable ou insupportable, d’ailleurs – de l’agonie ou de la mort de l’enfant. On y voyait, en revanche, Mohamed, mort, soulever distinctement un talon et dresser la tête pour regarder en direction du metteur en scène ; cette ultime scène, ayant évidemment été coupée du reportage distribué, franco de droits, par FR2 à toutes les télévisions de la planète.

 

Mais c’est là un mensonge de détail. Comme cet autre : Philippe Karsenty, l’appelant dans cette affaire, relevant en cela une autre des révélations de l’imposture compilée dans le film de la Ména, demande à Charles Enderlin comment il se fait que les participants à la saynète crient « mat el oualid », (l’enfant est mort), au moins douze secondes avant qu’il ne prétende avoir été touché par les balles israéliennes. A cela, Enderlin, toujours persuadé de pouvoir impunément émettre toutes les contrevérités qui le servent, se prenant pour un sémiologue de l’arabe des intersections, répond : «  »mat el oualid » ne signifie pas « l’enfant est mort », mais « l’enfant est en danger de mort ». C’aurait même été, selon cet éminent interprète, « un avertissement pour prévenir que l’enfant risquait de décéder ».

 

Puis, ne reculant décidément devant aucune bravade, le Dreyfus de Kovacs d’affirmer qu’un mort, en arabe, se dit « shahyd ». Mais Charles, si tous les morts étaient des shahyd (martyrs, en arabe normatif), où trouver, au ciel, 79 vierges pour chaque mort ? On va à la pénurie ! La grève des vierges ! L’embouteillage !

 

Ces quelques exemples, pour illustrer la prestation d’un homme perdu, à la barre, persuadé qu’il peut manipuler la cour par des pirouettes sans fin. Les dites volutes et le ton parraineur-baroudeur qu’Enderlin choisit laissent de marbre la présidente, Laurence Trébucq. Cette dernière, s’employant à garder le sourire et à s’exprimer simplement, a montré, par quelques remarques précises, qu’elle avait du dossier une remarquable connaissance.     

 

Car venons-en à l’essentiel de l’audience d’hier : dans l’acte constitutif de la thèse de l’authenticité de l’assassinat de Mohamed, le témoignage sous serment du reporter de FR2 Talal Abou Rahma, ce dernier déclare avoir filmé 27 minutes dudit assassinat. Lors, mercredi, les juges n’en ont reçu et vu que 55 secondes.

 

Non seulement la chaîne publique n’a fourni au tribunal que 18 minutes de chutes (soi-disant) brutes, encore, 17 minutes de ces rushes ne correspondent en aucune façon au témoignage du seul spectateur du « drame ». Foin de soldats israéliens, qu’on verrait tirer, froidement et avec l’intention de tuer l’enfant. Foin de blessures. De blessé. De sang. Foin de cadavre ! Rien. Nihil. Néant.

 

Et s’il prend à la cour l’excellente idée de faire expertiser les 55 secondes de pellicule [1] durant lesquelles Jamal A-Dura et l’enfant acteur apparaissent pendant 38 secondes, Madame Trébucq et ses assesseurs découvriront alors que celles-là ne sont pas des rushes bruts, mais des images techniquement retouchées, pour faire croire aux téléspectateurs à l’existence d’un crime rituel juif qui n’a pas eu lieu.

 

Charles Enderlin répond à tout cela, en prétendant que Talal Abou Rahma aurait subi un état de choc, qui se serait prolongé sur plusieurs semaines, des suites des images de la mort de l’enfant, que personne n’a vue et qu’il n’a pas filmée. Cela, d’après Enderlin, lui aurait fait raconter et signer n’importe quoi devant Me Raji Surani. Oui, mais le menteur de FR2 Jérusalem change de version dans la menterie, au fur et à mesure que nous les défaisons. Jusqu’il y a peu, Charles Dreyfus expliquait aux media français que le témoignage légalisé de Rahma n’en était pas un ; qu’il s’agissait, en fait, « d’une interview choisie par la Ména parmi des dizaines d’autres », et que l’interviewer avait « fait tenir à Abou Rahama des propos qu’il n’avait pas tenus ».

 

La justice finira bien par apprécier ces « vérités » mouvantes à leur juste valeur. A moins qu’elle n’explique enfin à Enderlin que la vérité, par principe, est une et indivisible. Elle lui demandera aussi, c’est du moins ce que nous espérons, qu’est-ce qui à poussé Rahma, qui avait alors perdu ses esprits, à demander, de son plein gré et à sa propre initiative, à Me Surani de recevoir son témoignage, trois jours après la mise en scène.

 

Quoi qu’il en soit, Ilan Tsadik, à Métula, est en train de collectionner, à ma demande, les interviews et les interventions médiatiques – notamment pour FR2 ! – que Talal Abou Rahma a effectuées durant les « plusieurs semaines » pendant lesquelles il avait perdu les pédales. Il paraît que nous allons mourir… de rire.

 

Quant à la question juridique de l’appel proprement dit, si la présidente Trébucq veut se faciliter la vie, elle peut, d’ores et déjà, clôturer les débats et accepter l’appel de Karsenty. Ce dernier ne pouvait en effet pas savoir que le cameraman du service public français avait mis le feu au Proche-Orient en établissant une déposition et en la signant, alors qu’il ne savait pas ce qu’il faisait. Ceci justifie, pour le moins, que Karsenty ne l’ait pas cru et qu’il ait manifesté son incrédulité publiquement. Si le tribunal d’appel poursuit, en 2008, les débats, ce sera pour aller au fond des choses, presque par curiosité.

 

Pas de rushes – des images banales d’Intifada et deux interviews sans rapport avec l’assassinat de 47 minutes de Mohamed A-Dura par les militaires israéliens - ? Un témoignage judiciarisé qu’Enderlin prétend avoir été réalisé par une personne en état second ? Mais qui reste-t-il pour soutenir la thèse de l’assassinat ? Personne ! Que reste-t-il de cette mise en scène, présentée en 2000 par FR2 comme l’assassinat en direct d’un jeune palestinien ? Personne, Rien. Nihil. Néant.

 

La thèse de nos contempteurs s’est éteinte avec la présentation publique des rushes hors propos de 18 minutes, et avec l’aveu de la démence passagère – même si nous n’y croyons pas une fraction de seconde – de Rahma.

 

Même en nous forçant à croire le denier mensonge d’Enderlin sur cette affaire, il nous faut demander – cela ne va rien ajouter au prestige déjà passablement écorné de Dreyfus Enderlin et de ses employeurs, mais la Ména n’est pas là pour ça – : si les 27 minutes de film sur l’assassinat n’existent pas, et que le témoignage d’Abou Rahma est l’œuvre d’un désorienté, qui prétend dès lors, et sur quelle base, qu’un Mohamed A-Dura a été assassiné par Tsahal, le 30 septembre 2000, au carrefour de Nétzarim ?

 

Où sont les soldats meurtriers, qui les a vus ? Qui en parle ? Où sont leurs balles, qui les a vues, les 47 minutes ? Les 27 ? Où est l’assassinat ?

 

La Ména prépare la présentation, en conférence de presse, d’une preuve supplémentaire et indiscutable de la mise en scène. Mais après avoir entendu Charles Enderlin hier à la barre, et après avoir relu cet article, je me demande si la révélation de cette preuve additionnelle de l’imposture est bien nécessaire. Me Amblard, au lieu de me fixer des yeux lors des audiences, que vous avez d’ailleurs fort jolis, ayez la sagesse d’épargner le ridicule et la fange à un ex-grand reporter français : jetez l’éponge avant le K.O tout proche ! Nous nous contenterons, en ce qui concerne la Ména, de ce qu’il rende, de même que Rahma, tous les prix qu’ils ont obtenus pour leur mise en scène, car on ne doit pas récompenser les impostures et les incitations à la haine et à la guerre entre les peuples. Dites à la chaîne qui vous mandate, qu’elle reconnaisse publiquement s’être trompée ; d’abord en diffusant le faux reportage, ensuite, en usant de la contrevérité et de l’insulte envers de véritables journalistes.

 

Me Amblard, vous rempliriez votre mandat, vous leur rendriez un très grand service !

 

 

 

Note :

 

[1] Pour autant que les 55 secondes en question, sur le DVD remis par France 2 à la cour, n’aient pas été à nouveau bidouillés. Les effets techniques dont nous faisons état ne sont pas visibles à l’œil nu, en revanche, ils sont évidents en image par image et au ralenti. En cas de doute, il sera toujours possible d’utiliser une copie de source neutre du reportage diffusé le 30 septembre 2000 par FR2.

 



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5 réponses à “Al-Dura: notre ami Luc Rosenzweig injurié”

  • 5
    ETABORI:

    A voir aussi rn anglais Richard Landes:

    Gambling with a lie!
    http://www.theaugeanstables.co…ary-woods/

    Exclusif : la Longueur du vidéo Al-Dura révélé Pour la première fois au tribunal :

    (Vidéo Al-Dura Manquant Neuf Minutes)Ce que FRANCE 2 et Charles Enderlin ont Caché. ( Une partie manque encore les rushes sont de 27 minutes d’après Philippe Karsenty le directeur de Media-ratings, ). La cour d’appel de Paris a visionné mercredi les rushes d’un reportage réalisé par le journaliste de France 2 Charles Enderlin en 2000 sur la mort d’un enfant palestinien et accusé d’avoir été truqué. Avant l’observation des rushes, il y avait une discussion pourquoi il y avait seulement 18 minutes. Charles Enderlin – qui m’a pas apparu au tribunal pour une audition précédente (en conséquence d’une plainte que lui-même a initie, malgré le fait qu’il était à Paris à ce temps – a expliqué que la cassette qu’ils avaient sauvée avait 27 minutes de longueur, mais certains n’ont pas concerné ce jour-là (comment ?) et qu’il avait éliminé la matière hors de propos. (À ce point je me suis attendu à ce que le juge ait dit, « permettez-nous d’être le juge de ce qui est hors de propos, », mais elle ne la pas fait.)

    Voir la vidéo sur Youtube

    http://www.youtube.com/watch?v=bWQcRd_Mg60

  • 4
    ETABORI:

    * This sequence was not a continuous narrative but was repeatedly broken up and spliced onto footage of other scenes from the demonstration

    * Although the France 2 cameraman had told a German film-maker, Esther Shapira, that he had filmed six minutes of the al Durah father and son under continuous Israeli fire, the footage of them lasted for less than one minute

    * There was a camera tripod next to them

    * There was no evidence of the boy actually being hit

    * At one point, people in the crowd cried out that the boy was dead, while he was sitting up large as life clinging onto his father with his mouth wide open

    * After he was said to be dead, he moved his arm (the sequence I have already reported which has been available on the web for years).The Appeal Court is not due to give its verdict in this case until next February. As of today, such are the fresh contradictions and questions thrown up by the showing of this footage it would seem that France 2 has painted itself into a corner from which it will find it increasingly hard to escape.

    But this scandal goes far beyond France 2. Soon after it transmitted the 55 seconds which showed the ‘killing’ of Mohammed al Durah, it helpfully sent various news agencies three minutes of the footage of this incident – including the frames in which the ‘dead’ child is seen moving, but which of course it had not broadcast. For reasons which invite speculation, not one of these agencies broadcast it either. Had they done so, there would have been no ‘killing’ of Mohammed al Durah and untold numbers of subsequent deaths would have been avoided.

    It is therefore not surprising, but no less shocking, that with a couple of heroic exceptions the mainstream media has until very recently ignored the evidence suggesting that a monumental and deadly fraud was perpetrated here, indicators which have been around for years. As of today, the Karsenty case has been totally ignored by the mainstream French media. It is also deeply troubling that the Israel government ignored this evidence for seven years, that it is only very recently that its press spokesman Danny Seaman said the incident was staged, and that even now certain representatives of the Israel government are playing a most ambiguous role in defending their country against this modern blood libel.

  • 3
    Ram Zenit:

    Ce choix d’Haaretz est, en effet, étonnant, alors que l’on sait que Kovacs assure volontiers à ses confrères de France Télévisions qu’Israël est un Etat fascisant.

    Non! pas etonnant du tout!
    Des anti-sionistes notoires travaillent pour Haarezt -come Amira Hess qui vit a Ramalah!
    Perso, j’ai annule mon abonnement a Haaretz au debut de la deuxieme intifada: appeller cette intifada qui n’est qu’une guerre, prevue des le debut des qccords d’Oslo, une lutte legitime alors que justement les accords d’Oslo signifiaient que tous desaccords seraient ds le futur regles par des pourparlers et non pas par la violence!

  • 2
    Letel:

    Le puits.

  • 1
    Malou-Veronique de Saint-Bonnet:

    La merde emmerdée, ça fait plaisir, ça collera moins aux semelles des clairvoyants, le bon sens aurait-il encore droit de cité?
    La vérité sortirait-elle encore de son puit? Bien sûr pas toute nue vu l’état actuel de son corps meurtri par les mensonges à l’échelle planétaire.
    Une petite lueur d’espoir tout de même.




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