Posté le Mardi 13 novembre 2007 par jc durbant
Ouganda, Equateur, Australie, Alaska, Surinam, Sibérie, Madagascar, Ukraine, Crimée, Vietnam …
On ne compte plus, on le sait, au début du siècle dernier, les solutions à la “question juive”, ces alternatives au retour en Israël dont Hitler lui-même avait un temps (avant l’échec de son invasion de l’URSS et l’horreur absolue de la Shoah) envisagé l’éventualité.
Ce que l’on sait moins en revanche, c’est que, prenant au mot (comme beaucoup plus récemment les fanatiques de la secte Aum mais, eux, comme justification pour leurs attaques bactériologiques démentes contre des lieux publics) la propagande antisémite du célèbre faux des “Protocoles des sages de Sion”, les Japonais eux-mêmes tenteront, à l’instar de ce Moyen-Age antisémite qui affectionnait tant les médecins juifs, de profiter de la supposée “aptitude des Juifs à la domination mondiale” dans leur propre territoire de la Mandchourie occupée.
Ainsi, cette opération, pour les y faire venir, au nom de code très significatif d’“Opération Fougou”, du nom de ce poisson hautement toxique mais qui, bien préparé (il faut soigneusement en retirer foie, intestins et gonades), est considéré au Japon comme un mets très raffiné.
Mais aussi apparemment les Soviets, comme on vient d’en avoir la confirmation il y a quelques jours avec la énième tentative de rafistolage du fiasco soviétique par le président russe, à savoir la décoration posthume du célèbre espion “Delmal” (George Koval) dont Staline avait réussi à faire revenir la famille avec son projet contre-sioniste à lui, la région autonome juive du Birobidjan (nom en fait de la ville principale).
Né aux Etats-Unis en 1913 d’une famille juive émigrée de Biélorussie quelques années plus tôt, celui-ci était en effet revenu à la mère patrie avec sa famille en 1934, suite justement à la fondation de la nouvelle Sion stalinienne.
Zone de friches relativement peu attrayante aux confins de la frontière stratégique avec la Chine (une sorte de Sibérie méridionale en fait), elle représentait pour Staline non seulement un contre-modèle (proprement socialiste – au point même de séduire des juifs déçus d’Israël!) au projet sioniste mais aussi une sorte de modèle régional pour les ethnies de l’Empire – du moins jusqu’à ce que sa paranoia l’amène à se retourner, distant écho médiéval, contre les “médecins juifs” (le tristement fameux “Complot des blouses blanches”).
Calcul certes des plus cyniques (qui éloignait du coup une minorité “sensible” à quelque 6 000 km de Moscou) mais qui se révèlera finalement payant avec ce fameux Koval qui, profitant de sa naissance américaine, réussira à infiltrer le saint des saints des projets militaires secrets américains, le fameux Manhattan Project qui produira la première bombe atomique du monde.
Et fera ainsi, avec probablement d’autres espions comme le réseau Rosenberg (à qui l’on doit aussi la fameuse Silicon Valley russe de Zelenograd), gagner de précieuses années au projet nucléaire soviétique …





