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Littérature: Proust parlait-il franglais? (Did Proust speak franglais?)

Posté le Lundi 27 août 2007 par jc durbant

Après le jeu de société pour jeunes filles de bonne famille victoriennes,… “La Recherche” elle-même!

Bridge, clubman, cocktails, darling, doper, fair play, five o’clock tea, films, flirt, gentleman, gin, globe-trotter, goddam, paddock, patronizing, pianola, tennis, toast, tommy, Tory, yachts, yachtswomen, et bien sûr, snob (49 fois) snobisme (41) snober (2), snobinettes, antisnobisme …

Etiemble s’en retournerait dans sa tombe: si l’on en croit l’universitaire britannique Daniel Karlin (”Proust’s English”), l’anglais fonctionnerait comme une véritable deuxième langue dans “La Recherche”.

Y identifiant plusieurs centaines de mots anglais (dont on sait la place dans le snobisme d’aujourd’hui), il montre à la fois l’ampleur de l’anglomanie de l’époque.

Mais aussi sa fonction comme une sorte de code secret à travers l’œuvre entière et chez ses principaux personnages.

Notamment Swann, le juif assimilé avec son nom à consonance anglaise, son appartenance au “Jockey-club,” son amitié avec le Prince de Galles (futur Edouard VII) et ses lettres à Twickenham et ses invitations au Palais de Buckingham dans ses poches.

Et sa femme, la demi-mondaine Odette avec ses tendances lesbiennes et sa très snob affectation pour les mots anglais mais qui se trouve aussi avoir été vendue, très jeune, à un riche anglais par sa propre mère.

Le tout de la part d’un écrivain qui, n’ayant jamais mis les pieds en Angleterre ni quitté la France (ou même la région parisienne ou la Normandie !), et, contrairement à sa mère polyglotte, ne parlant ni ne lisant couramment l’anglais, se passionnait pour Ruskin.

Mais y aurait-il là autre chose qu’un simple retour des choses après les plus de trois siècles d’imposition, par le Normand Guillaume et ses descendants, du français comme première langue de la cour d’Angleterre?

jc durbant @ 16:02
Catégorie(s): Mémé Bookine


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