“Deux légendes du graffiti arrêtées par la police” …
Enième illustration de l’irresponsabilité de nos médias que ce titre du Monde annonçant l’arrestation de deux vandales qui ont coûté, sans parler de leurs émules et des nouvelles formes comme le gravage au diamant de vitrier ou à l’acide, plus de 600 000 euros à la seule RATP.
Pourquoi parler en effet d’artistes et de légendes, alors qu’on a affaire à des vandales qui, avec leurs milliers d’imitateurs inspirés par les prétendus exploits qu’orchestrent pour eux des médias irresponsables, coûtent des millions à l’ensemble des contribuables que nous sommes?
Et ainsi reproduire et amplifier un phénomène qui, comme par hasard, trouva sa source dans le même genre de journalisme irresponsable de l’autre côté de l’Atlantique dans les années 70.
Comme ce Charles Don Hogan du NYT qui, dans un tristement célèbre article de juillet 1971 (’Taki 183 Spawns Pen Pals’ - “Taki 183 pond les correspondants” - le 21 juillet 1971) où il interviewait un jeune coursier new-yorkais d’origine grecque (un certain Demetrios, dit Demetraki, du quartier hispanique de Washington Heights, domicilié dans la 183e rue, d’où son graffiti: “Taki 183″), entraina (avec alors de simples feutres), dans les semaines, années et décennies qui suivirent la catastrophe de vandalisme que l’on sait.
Mais aussi ce monde artistique qui, encensant et récupérant le phénomène, en fit de soi-disant œuvres d’art (rebelote il y a quelques années avec cette voiture brûlée exposée au Musée d’art contemporain du Palais de Tokyo!) jusqu’à ce que la chose soit reprise, dix ans plus tard en France, par les médias et d’innombrables émissions de télé et bien sûr, dans la rue,… les premiers imbéciles venus et leurs milliers d’imitateurs.