Excellente interview dans Mondes Francophones de l’écrivain Jacques Henric.
Dans Politique, qui paraît début mai aux éditions du Seuil (coll. Fiction & Cie), Jacques Henric, né juste avant que ne débute la Seconde Guerre Mondiale, fait le récit de ses engagements politiques et littéraires : sa précoce adhésion au parti communiste, son compagnonnage avec le groupe Tel Quel, le bref épisode maoïste, l’aventure d’Art press… Il y évoque ses rencontres avec Aragon, Adamov, Ionesco, Genet, Marguerite Duras, Philippe Sollers, Maurice Roche, Denis Roche, Marcelin Pleynet, Bernard-Henri Lévy, Jean-Edern Hallier, Philippe Muray… Il dénonce les falsifications de la mémoire, la Collaboration, Vichy, l’antisémitisme, s’interroge sur les liens complexes qu’entretiennent la politique et la littérature, rappelle le rôle joué par les avant-gardes littéraires au cours du siècle passé, se livre à une charge ironique contre les médiocrités littéraires de notre époque.
Extrait :
Je regrette un peu que vous n’analysiez pas davantage la situation politique d’aujourd’hui. Est-ce que l’ex-communiste que vous êtes considère l’utopie comme définitivement morte ? Vous insistez à plusieurs reprises pour qu’on ne vous dise pas « homme de gauche ». Seriez-vous aujourd’hui devenu plus… libéral ?
Évoquer la situation politique d’aujourd’hui n’était pas le propos de ce livre, mais si on me lit bien je ne fais qu’en parler du début à la fin. L’utopie est une belle chose, en littérature. Elle a donné des chefs-d’œuvre. J’admire Cyrano de Bergerac et Fourier. En politique, c’est la pire des choses. Les charniers humains en sont souvent le seul horizon. (Lire la suite…)