Voici quelques précisions sur le dignitaire religieux arrêté par les autorités iraniennes il y a quelques jours en raison de ses positions contraires à la doctrine khomeyniste. Il s’agit de la traduction d’un article d’opinion d’Amir Taheri paru dans le quotidien londonien Asharq Alawsat.
Durant les deux derniers mois, une allée bordée d’arbres située dans un quartier tranquille de Téhéran, la capitale grouillante de vie de l’Iran, a apparemment été transformée en une scène de carnaval quotidien. Chaque matin des bus entiers d’hommes à la barbe fournie et de femmes vêtues d’un hijab noir arrivent avant l’aube pour entreprendre la première de leurs cinq prières quotidiennes dans la cour d’une villa connue sous le nom de “Manzel Agha” (la demeure du maître). Une fois les prières achevées, la foule commence à crier des slogans contre les dirigeants de la République islamique, à commencer par le “Guide supreme” Ali Khamenei. Des habitants du quartier se joignent souvent à ces manifestations qui se terminent inévitablement par une intervention policière et des dizaines d’arrestations.
“Le Maitre“, dont la demeure est devenue une sorte de sanctuaire pour les opposants religieux à la République islamique, se nomme Muhammad-Hussein Kazemaini Borujerdi, un clerc chiite d’une cinquantaine d’années. Aux yeux des autorités, il n’est rien d’autre qu’un fauteur de trouble arborant un turban noir. Ses fidèles, cependant, le considèrent comme un Grand Ayatollah et affirment qu’il est en contact fréquent avec l’”Imam caché“, un avatar de Mahdi qui, selon la tradition chiite, s’est dissimulé en l’an 940 et doit revenir pour présider à la fin du monde.
Le gouvernement de la République islamique est particulièrement agacé par Borujerdi car celui-ci attire des individus semblables à ceux qui ont mis au pouvoir feu l’ayatollah Khomeyni en 1979. La foule à Sarv Lane, où la villa de Borujerdi est située, est composée d’hommes, de femmes et d’enfants originaires des quartiers les plus pauvres de Téhéran, où l’espoir du retour du Mahdi constitue souvent la seule consolation dans une vie de pauvreté et de frustration.
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