eXc: Nous aimons la liberté, l'état de droit, l'héritage des Lumières, la séparation de l'église et de l'état, l'humour. Nous n'aimons pas le fascisme, le communisme, l'antiaméricanisme, l'antisémitisme, le racisme, la bureaucratie, les totalitarismes. Nous estimons que le plus grave danger que courent les démocraties libérales est de céder à l'islamofascisme. Lire plus

Sur un film, sur un livre

Posté le Dimanche 8 octobre 2006 par Letel

Le film, d’abord, Hostel, petit film d’horreur bien foutu, tout ce qu’il y a de plus gore, qui fait fureur chez les ados en ce moment, et qui raconte l’histoire de deux jeunes Américains, et un Islandais (moins jeune), backpackers en Europe, de Paris à Amsterdam, de Barcelone à Londres, et qui finissent par échouer en Slovaquie, pour finalement se faire découper en morceaux par des monstres dans des conditions atroces. La Slovaquie est décrite de façon abominable, un pays triste, sinistre, cabossé, fauché, ciel bas et gueules de monstres, pour finir dans cette usine d’équarissage de touristes. Les Slovaques ont hurlé, évidemment. Outre le plaisir du film, voir une horreur sans nom, à prendre au second degré bien sûr (on n’est pas vraiment secoué, c’est plutôt de la parodie), quand on est confortablement installé dans son fauteuil sans courir aucun risque, ce qui fait le prix de Hostel, à mon sens, c’est qu’il s’agit d’un film nostalgique. Nostalgique de l’époque du rideau de fer, de la guerre froide, de l’Est sinistre, gris et totalitaire et de l’Ouest riche, libre et dynamique. C’est la nostalgie de cette époque qui transparaît ici : on veut retrouver une Europe de l’Est repoussoir, car tout était simple alors, la vérité et la liberté se trouvaient chez nous, l’horreur se trouvait de l’autre côté du mur. Maintenant tout est compliqué, le monde est éclaté, on ne sait plus où se cachent les méchants, il n’y a plus de frontières précises. Hostel, paradoxalement, veut nous replonger dans un monde plus facile, plus rassurant, plus stabilisant. HostelEt au fait, la catégorie « Pépé cinoche », elle a disparu ? On ne va plus au cinéma à eXc ?

Un livre ensuite, à travers la très belle critique qu’en donne Milan Kundera dans le Monde des livres cette semaine, et surtout d’une remarque pénétrante du grand auteur tchèque : Il s’agit de réfugiés dans un asile, dans une autre horreur, véridique celle-là, celle de l’Europe nazie. Pour Kundera, c’est parce que nous ne connaissons plus la véritable horreur que nos sociétés débordent de méchanceté et de violence gratuites :

« Est-ce parce qu’un demi-siècle les sépare que la jeunesse d’alors ne ressemble pas à celle d’aujourd’hui ? Il y a une autre raison encore à cette dissemblance et c’est là que je vois la grande pénétration du romancier : l’idylle dont il parle est l’enfant de l’horreur ; de l’horreur cachée mais constamment à l’affût ; cette idylle à la maison des fous, c’est une « fleur du mal ». Voilà la dialectique luciférienne : si une société (par exemple, la nôtre) dégorge violence et méchanceté gratuite, c’est que la vraie expérience du mal, du règne du mal, lui manque. »Tworki, de Marek Bienczyk.

Letel @ 02:16
Catégorie(s): Mémé Bookine


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