Posté le Dimanche 17 septembre 2006 par jugurta
Le premier des trois procès de l’image choc de l’intifada Al-aqsa a eu lieu à Paris le 14 septembre 2006. Un procès pour diffamation intenté par France 2 et Charles Enderlin contre Philippe Karsenty directeur de publication de Media-Ratings, pour cet article.
Pour l’instant force est de constater que la presse est muette. Un seul article, à ma connaissance, relate cet évènement en France. Pourquoi un tel silence dans une affaire qui concerne au premier chef les médias? Sont-ils si peu enclins à s’interroger sur leur travail?
Le procès a commençé à 15h45. Après visionnage des différents journaux de France 2, puis du reportage de la Mena et d’une brève évocation du reportage d’Esther Schapira, Philippe Karsenty est appelé à la barre. A la question du juge, pourquoi Israël ne défend pas la thèse de la mise en scène, Karsenty réplique : « le mal est déjà fait pour Israël. Il ne sert à rien pour Israël de reparler de cette affaire ».
Ensuite le juge appele les témoins convoqués par la défense. Le premier, Francis Balle, professeur d’université, spécialiste des médias, ancien membre du CSA résume l’affaire en une seule phrase : « les faits sont sacrés, le commentaire libre ». Quand on n’est pas certain de vérifier la véracité des faits on ne publie pas.
Deuxième témoignage, celui du journaliste Luc Rosenzweig, qui a vu les fameuses 27 mn de France 2, avec deux autres confrères Jeambar et Leconte. Il précise durant l’interrogatoire du juge que les journalistes utilisent des « fixeurs » quand ils travaillent au Proche Orient. Des hommes censés les aider dans leur enquête. Luc Rosenzweig rappelle aussi qu’il a tenté de faire une contre enquête sans résultat. Tous ceux qu’il a voulu rencontrer se sont défilés. Pour lui « la version de la mise en scène à plus d’exactitude que celle de France 2″.
Troisième témoin, Richard Landes, professeur d’histoire à Boston, animateur du site seconddraft. Il est l’inventeur du terme « pallywood », après avoir visionné les rushs de Reuters, agence qui était aussi présente le jour ou Talal Abou Rahmé a filmé la scène de l’enfant derrière le baril. Selon lui le plus terrible est la réponse de Charles Enderlin à cette question : « Sur 27 minutes on voit des palestiniens faire des mises en scène, pourquoi alors diffuser des images qui peuvent être fausses? Charles Enderlin répond : « ils font toujours comme ça ». La mise en scène de la mort du petit Mohamed est sûr à 95 % pour Richard Landes.
Dernier témoin, Gilles Hubert, auteur du livre Contre-expertise d’une mise en scène. Au départ pour l’auteur cette affaire est une énigme à décrypter. Il découvre au fur et à mesure de son enquête qu’il existe un « faisceau de présomptions qui fait que personne ne peut dire ce qui s’est passé. Il faut faire une nouvelle enquête et repartir à zéro ».
Après la pause vint la plaidoirie de l’avocate de France 2. A noter qu’elle n’a posé aucune question aux quatre témoins. Elle commence par énumérer les qualités du correspondant de la chaîne nationale au titre de sa longue expérience. Elle tente ensuite de démonter la thèse de la mise en scène. Pour elle deux des témoins sont liés à la Mena (ce qui est avéré) donc non crédibles. La Mena est une agence qui a fait une enquête « partisane et surréaliste » selon l’avocate. Elle cite aussi un jugement du tribunal de Tel-Aviv du 14 mars 2006 et un éditorial du journal Haaretz qui qualifient la thèse de la Mena de « superficielle », de « bizarre ». Aussi, après une demi heure de plaidoirie elle demande un euro symbolique pour diffamation.
Avant de quitter le tribunal, j’ai tout de même décidé d’entendre la jeune procureur. Résumé de son exposé : « Les médias sont responsables devant les citoyens, il faut des preuves, des faits. Certes les propos de Monsieur Karsenty sont diffamatoires, mais les preuves avancées par la défense sont convaincantes. Pourquoi France 2 ne montre-t-elle pas les rushs censés la disculper? On est dans une guerre des images, un minimum de prudence aurait été nécessaire avant de montrer cela. Où sont les témoins de la partie civile? On reste sur un sentiment de frustration. De l’autre côté on a apporté des témoignages, des preuves, on s’est confronté à l’autre. La relaxe est donc demandée ».
20 h tapante, je pars du tribunal, le procès n’est pas terminé mais l’essentiel a été dit. Après quatre heures de débats intenses le verdict sera rendu le 19 octobre.
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5 réponses à “Al-dura à Paris”
19 sept 06 à 12:17
les liens du communiqué de MR :
CNS
http://www.cnsnews.com/ViewForeignBureaus.asp?Page=/ForeignBureaus/archive/200609/INT20060918d.html
Herald Tribune
http://www.iht.com/articles/2006/09/17/business/blogs18.php
Jerusalem post
http://www.jpost.com/servlet/Satellite?cid=1157913643010&pagename=JPost%2FJPArticle%2FShowFull
19 sept 06 à 12:13
Communiqué de Media-Ratings.
Compte rendu de l’audience du procès contre France 2 : écoutez Radio J demain mardi à 7h45
Le procès qui nous oppose à France 2 dans l’affaire Enderlin – France 2 a eu lieu jeudi dernier, à la 17ème chambre du Tribunal de Grande Instance de Paris.
Le meilleur compte rendu, en français, de cette audience que nous puissions vous proposer a été publié dans Le Figaro :
« L’image choc de l’intifada en procès » par Stéphane Durand-Souffland
Si vous souhaitez en savoir plus, écoutez l’interview de Philippe Karsenty qui sera diffusée demain matin, mardi à 7h45 sur Radio J : 94,8 FM à Paris.
La presse étrangère s’est aussi intéressée à ce procès.
Nous vous invitons à découvrir cet article de CNS News ainsi que celui de l’International Herald Tribune, même si ce dernier comporte de nombreuses erreurs.
Enfin, nous vous proposons de découvrir cet article qui a été publié dans le Jerusalem Post et qui a été écrit par un journaliste (Michel Zlotowski) qui affirme avoir été présent à l’audience, bien que personne ne l’ait vu.
Il n’a d’ailleurs pas vu (ni entendu) grand-chose puisqu’il n’a pas vu que le procureur était une femme. Il s’est aussi trompé de jour pour le procès. Il a écrit qu’il avait eu lieu vendredi. Pas de chance, c’était jeudi !
Enfin, pour couronner ce flot d’informations inexactes, précisons que M. Zlotowski a écrit dans son article que France 2 avait « engagé au moins cinq nouvelles procédures judiciaires contre Philippe Karsenty ». Pas de chance, ce n’est pas vrai !
Il semblerait que M. Zlotowski donne des cours de journalisme…
Par ailleurs, nous vous informons que, lorsque le jugement sera rendu, nous mettrons en ligne les différentes pièces que nous avons produit en justice, de même que les contre preuves de France 2, ainsi que d’autres documents sonores et écrits.
Enfin, précisons que le harcèlement judiciaire dont nous faisons l’objet continue puisque Mme Schemla (du site Proche-Orient.info), qui avait déjà perdu un procès contre nous en juin dernier, a déposé une nouvelle plainte contre Media-Ratings .
17 sept 06 à 18:49
Bravo pour ce reportage.
Espérons que la justice française décidera la relaxe demandée par la procureuse.
Et que, peu à peu, la vérité se fera jour; et que France 2 finira par être condamnée pour avoir diffusé planétairement une grossière mise en scène, au nom de laquelle des dizaines de Juifs ont depuis été assassinés à travers la planète.
Aux Etats-Unis, de nombreux journaux et livres disent sans hésiter qu’il s’agit d’une mise en scène (par exemple le livre de Richard Perle et David Frum, « An End To Evil », vendu à des centaines de milliers d’exemplaires).
17 sept 06 à 13:56
je tiendrais informer ceux qui veulent connaître la suite de cette affaire qui dure depuis 6 ans.
d’autres la suivent aussi
nidra, richard landes, ajm….
17 sept 06 à 12:19
Puis-je demander à l’auteur de nous tenir informé sur la suite du procès. Y’en a que ça intéresse…





