Posted on Lundi 21 août 2006
« Car Günter Grass, par-delà ses romans (à la fois très spectaculaires et souvent très illisibles), tout au long de sa phénoménale carrière publique, n’aura cessé d’adopter des postures consternantes. «Homme de gauche», absolument de gauche, il aura épousé toutes les mauvaises causes de sa génération sans en manquer aucune, aura approuvé toutes les révolutions sanguinaires, de Cuba à la Chine. Toujours disposé à accabler ces fascistes d’Américains, Ronald Reagan et, bien sûr, George W. Bush (c’est sans risque), l’a-t-on en revanche entendu, ne serait-ce qu’un peu, dénoncer le fascisme de Mao Zedong ? Ou celui des islamistes ?

(Günter a honte de son passage dans les SS, et compte bien en profiter pour vendre des livres)
Günter Grass, une affaire allemande ? Certes, les SS, ce n’est que l’Allemagne. Mais, comment s’interdire de songer à cette génération entière d’intellectuels et d’artistes en Europe, en France surtout, autoproclamée de gauche – au point que le mot ne fait plus sens –, qui n’ont cessé d’adopter des postures morales tout en illustrant des causes absolument immorales ? Comment ne pas voir surgir des spectres : ceux qui hier, ont aimé Staline et Mao et, bientôt, vont pleurer Castro ? Ceux qui n’ont rien vu à Moscou, Pékin, La Havane, Téhéran, Sarajevo, et Billancourt ? Ceux qui, maintenant, devinent dans l’islamisme une rédemption de l’0ccident ? Cette grande armée des spectres, de l’erreur absolue, dieu merci, elle n’a jamais cessé de se tromper d’avenir »
Nous dit Guy Sorman (merci Fred)
