Posté le Dimanche 26 mars 2006 par Letel
C’est ce que raconte Daniel de Roulet dans un petit ouvrage publié simultanément à Paris et Zurich (1). L’auteur, qui vit aujourd’hui en France, a déjà fait état, dans ses romans, de son passé militant. Aujourd’hui, dans Un dimanche à la montagne, il révèle avoir détruit ce chalet en compagnie d’une jeune femme dont il était amoureux. Il avait 30 ans et tenait Springer pour un ancien nazi. Son livre retrace cette rocambolesque journée de l’hiver 1975 où deux jeunes gens ont, tout seuls, soigneusement préparé leur forfait, dormant la veille dans un palace de Gstaad sous un faux nom, rejoignant le chalet à skis, installant un ingénieux système de mise à feu, avant d’aller poster des communiqués de presse farfelus qui laisseront les enquêteurs perplexes.
Ce court texte nous fait revivre une époque. En Allemagne, Holger Meins, membre de la Fraction armée rouge, mourait en prison d’une grève de la faim. C’est aussi une réflexion douce-amère sur le temps qui passe et les amours perdues.
Daniel de Roulet a décidé aujourd’hui de parler en hommage à cette femme autrefois aimée qui vient de disparaître, mais aussi parce qu’il a appris par hasard que Springer n’a jamais été nazi. C’est enfin parce qu’une phrase de Gerhard Schröder le hante depuis quelque temps : « Je ne sais pas si vous êtes comme moi, je passe mes journées à combattre ce pour quoi je luttais dans ma jeunesse. »
Dans l’ensemble, la presse helvétique a moyennement goûté la révélation. On ne reproche pas tant à Daniel de Roulet son forfait – qualifié d’ »Ã©garement » ou d’ »idiotie ». La plupart des journaux s’offusquent surtout que cet aveu, trente ans après, ait été orchestré comme un coup médiatique à la française, avec des rumeurs savamment distillées, des interviews livrées à l’avance à quelques journalistes, pour finir par une tournée des plateaux de télévision.
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2 réponses à “Nuit d’amour à Gstaad”
27 mar 06 à 03:54
J’ai bien aimé la formule de Schroeder, il est pas si mauvais ce type, il ne manque pas d’humour, et de bon sens. Et évidemment, ça nous rappelle quelque chose.
27 mar 06 à 02:57
En fait il ne combat pas ces amours de jeunesse, comme le dit Schroeder. Il continue la lutte par d’autres moyens étant donné qu’il a constaté que Springer n’était pas Nazi. Il devrait rembourser non seulement ses allocations suisses mais les assurances de Springer, oui.
Mais cette méthode de plasticage est admirable d’extremo-centrisme.
Ah! si tous les extremo-centristes faisaient comme lui dans sa jeunesse pour des cibles antidémocrates!





