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Une conception de l’inspiration particulièrement… datée?

Posté le Samedi 18 février 2006 par jc durbant

Si, avec Simone Weil, il faut remercier un certain athéisme en ce qu’il est une « purification de l’idée de Dieu », ne pourrait-on pas s’attendre à ce qu’il applique aussi à lui-même ce qu’il n’a de cesse de rappeler aux croyants : qu’il se remette régulièrement à jour ?

Je n’ai effectivement pas parcouru tout le site ni même la totalité du document, mais que penser en effet de ce texte de 1894 trouvé (merci Curtz) sur le site athée.org qui semble développer une conception de l’inspiration (divine donc parfaite et sans aucune erreur dans tous les domaines) bien proche de celle qu’elle critique ?

Et, pour ne prendre qu’un ou deux exemples, que dire d’une pensée qui ne voit pas justement qu’un Lincoln est justement le produit d’une long processus de civilisation issu lui-même – et explicitement dans le cas précis – de cette « révélation » judéo-chrétienne au-dessus et contre laquelle il est ici placé ?

Qu’un Martin Luther King, Gandhi ou Mandela ne seraient probablement guère possibles sans l’idée de non-violence impliquée par certaines paroles du Jésus des Evangiles ?

Que le principe de séparation des pouvoirs politique et religieux, qui nous parait aujourd’hui si important et qui semble manquer si cruellment à nos amis musulmans, est impliqué par le fameux « Rendez à César » ?

Que l’on a souvent beaucoup moins de certitudes concernant l’authenticité des écrits voire de l’existence d’auteurs aujourd’hui considérés comme des sommets de la pensée humaine, tels un Platon ou un Aristote, qui n’ont par ailleurs pas non plus remis en question l’esclavage ?

Sans parler de ce que l’on sait aujourd’hui de la transmission de documents qui montre que, loin d’en être la preuve ultime d’authenticité que l’on croit, l’absence totale d’erreurs serait au contraire la meilleure preuve que l’on a affaire à… un faux!

Et, s’il est vrai que notre auteur n’avait effectivement pas encore l’expérience des grandes tentatives humaines de « faire table rase » de tout ce monstrueux passé (« ce livre est l’ennemi de la liberté humaine – le plus grand obstacle sur la grande route du progrès humain » – ni peut-être accès aux résultats des recherches ethnologiques sur des peuples aussi pacifiques que… les « bons » Aztèques ?), il serait intéressant de voir ce que nos athées contemporains ont à dire aujourd’hui du bilan du bolchévisme, du nazisme ou du maoïsme ? D’un Capital, d’un Mein Kampf ou d’un Petit Livre rouge … ?

Morceaux choisis :

« L’Ancien testament est-il inspiré ?

S’il l’est, il devrait être un livre qu’aucun homme – aucun nombre d’hommes – puisse produire.

Il devrait s’accorder parfaitement avec chaque fait de la nature.

Il devrait n’y avoir aucune erreur en astronomie, géologie, ou sur n’importe quel sujet ou science.

Sa moralité devrait être la plus haute, la plus pure.

Il devrait être vrai.

Y a-t-il quelque chose dans l’Ancien Testament – en histoire, en théorie, en lois, en gouvernement, en moralité, en science – au dessus et au delà des idées, des comportements, des coutumes et préjugés de ses auteurs et du peuple parmi lequel ils vivaient ?

Pendant des siècles les églises ont soutenu que la Bible était absolument vraie ; qu’elle ne contenait pas d’erreurs ; que l’histoire de la création était vraie ; que son astronomie et sa géologie étaient en accord avec les faits ; que les scientifiques qui différaient de l’Ancien Testament étaient infidèles et athées.

Maintenant les chrétiens instruits admettent que les écrivains de la Bible n’étaient inspirés pour aucune science.

Il a fallu bien des siècles pour forcer les théologiens à cette admission. De mauvaise grâce, plein de malice et de haine, les prêtres se sont retiré du champ, laissant la victoire à la science. Ils prirent une autre position ;

Ils déclarèrent que les auteurs, ou plutôt les écrivains, de la Bible étaient inspirés des choses morales et spirituelles ;

Est-ce qu’un Dieu civilisé arroserait ses autels du sang des bÅ“ufs, agneaux et colombes ? Ferait-il de tous ses prêtres des bouchers ? Se délecterait-il de l’odeur de la chair qui brûle ? (CITATION D’ESAIE ?)
Si Jéhovah avait été civilisé, combien plus grands auraient été les Dix Commandements.

Tout ce que nous appelons progrès – l’affranchissement de l’homme, du travail, la substitution de l’emprisonnement pour la peine de mort, et des amendes pour l’emprisonnement, la destruction de la polygamie, l’établissement de la liberté de parole, l’objection de conscience ; en bref tout ce qui tend au développement et à la civilisation de l’homme ; tous les résultats des recherches, observations, expériences, et la liberté d’esprit ; tout ce qui fut bénéfique à l’homme depuis la fin des Ages Sombres – a été fait à l’encontre de l’Ancien Testament.

Brahma était mille fois plus noble, de même qu’Osiris et Zeus et Jupiter. De même le dieu suprême des Aztèques, à qui ils offraient seulement le parfum des fleurs. Le pire dieu des Hindous, avec son collier de crânes et son bracelet de serpents vivants, était gentil et compatissant comparé à Jéhovah.

Comparé avec Marcus Aurélius, combien petit semble Jéhovah. Comparé avec Abraham Lincoln, combien cruel, combien méprisable est ce dieu.

Qui a écrit le nouveau testament ?

Les étudiants en théologie admettent qu’ils ne savent pas.

La question est, les auteurs de ces quatre évangiles étaient-ils inspirés ?

Si ils sont inspirés, alors les quatre évangiles doivent être vrais. Si ils sont vrais, il doivent s’accorder.

Ne résiste pas au méchant. Si on te frappe sur une joue tend l’autre.

Y a-t-il de la philosophie, de la sagesse là-dedans ? Christ enlève à la bonté, à la vertu, à la vérité, le droit à se défendre. Le vice devient le maître du monde, et le bon devient la victime de l’infâme.

Aucun homme n’a le droit de défendre lui-même, sa propriété, sa femme et ses enfants. Gouverner devient impossible, et le monde est à la merci des criminels. Y a-t-il une absurdité pire que celle-là ?

Aimez vos ennemis.

Est-ce possible ? Est-ce qu’un être humain a déjà aimé ses ennemis ? est-ce que Christ les a aimé, lui qui les a appelés sépulcres blanchis, hypocrites et vipères ?

Nous ne pouvons pas aimer ceux qui nous haïssent. La haine dans le cœur des autres n’amène pas l’amour dans le nôtre. Ne pas résister au méchant est absurde ; aimer ses ennemis est impossible.

Christ dit : « Rendez à César ce qui appartient à César. »

Christ pensait-il que l’argent appartenait à César parce que son image était frappée dessus ? La pièce appartenait-elle à César ou à l’homme qui l’avait gagnée ? César avait-il le droit de la demander parce qu’elle portait son image ?

Apparaît-il de cette conversation que Christ comprenait la vraie nature et l’usage de la monnaie ?

Ce livre est l’ennemi de la liberté, le soutien de l’esclavage. Ce livre a semé des semences de haine dans les familles et les nations, alimenté les flammes de la guerre, et appauvri le monde. Ce livre était le porte-bonheur des rois et des tyrans – l’asservisseur des femmes et des enfants. Ce livre a corrompu les parlements et les cours. Ce livre a fait des collèges et universités les enseignants de l’erreur et de la haine de la science. Ce livre a rempli la Chrétienté de sectes haineuses, cruelles, ignorantes, et guerrières. Ce livre a enseigné aux hommes à tuer leur prochain pour le salut de la religion. Ce livre a fondé l’inquisition, inventé les instruments de torture, construit les donjons dans lesquels les bons et les affectueux languirent, forgé les chaînes qui rouillèrent dans leurs chairs, érigé les échafauds où ils moururent. Ce livre a entassé des fagots sous les pieds du juste. Ce livre a retiré la raison de l’esprit de millions et rempli les asiles de fous.

Ce livre a causé des pères et des mères à verser le sang de leur bébés. Ce livre était l’estrade sur laquelle la mère esclave se tenait quand elle fut vendue loin de son enfant. Ce livre a rempli les cales des marchants d’esclaves et fait de la chair humaine une marchandise. Ce livre a allumé les feux qui ont brûlé les « sorcières » et les « magiciens ». Ce livre a rempli les ténèbres de goules et de fantômes, les corps des hommes et femmes de démons. Ce livre a pollué l’âme des hommes avec le dogme infâme des souffrances éternelles. Ce livre fait de la crédulité la plus grande des vertus, et de la recherche le plus grand des crimes. Ce livre a rempli les nations avec des ermites, des moines et nonnes – avec les pieux et les inutiles. Ce livre place le saint ignorant et malpropre au-dessus du philosophe et du philanthrope. Ce livre a apprit à l’homme à mépriser les joies de cette vie, parce qu’il sera peut-être heureux dans une autre – à gaspiller ce monde pour le salut du suivant.

J’attaque ce livre parce que c’est l’ennemi de la liberté humaine – le plus grand obstacle sur la grande route du progrès humain. »

AU SUJET DE LA SAINTE BIBLE
PAR ROBERT G. INGERSOLL
1894

http://www.atheisme.org/ingersoll.html

jc durbant @ 11:43
Catégorie(s): Généralités


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Une réponse à “Une conception de l’inspiration particulièrement… datée?”

  • 1
    Michel:

    Mais lol, c’est du travail mal fait, on voit bien que s’est un montage.
    Je pourrais mettre ta maman se faire …. par un cheval et tu verras que du feu




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