
La Bannière Étalée
Erik Svane
préface de Guy Millière
Prix 17,00€ (frais de port compris pour la France)
ISBN 0-9774224-1-0
Disons-le tout de suite, Mémé a beaucoup aimé.

Mémé se débarrasse d’abord des critiques: ce livre s’adresse à un public francophone, or il s’y trouve nombre d’anglicismes, une syntaxe parfois confuse, des coquilles, etc. Pour une deuxième édition, Erik devrait s’adresser à un correcteur professionnel pour le revoir; le risque d’une forme imparfaite, au royaume de France, c’est qu’elle sert souvent de prétexte pour ne pas affonter le contenu. La correction de la langue est souvent la première et dernière ligne de défense des imbéciles et les exonère de penser. Erik n’aurait pas dû donner prise à cette facilité. Un système de référence avec notes, index et bibliographie aurait aussi beaucoup servi le livre (après tout, il n’y pas que des contraintes imbéciles dans les formes universitaires), et il aurait ainsi échappé au petit prof du secondaire barbu et à lunettes qui sommeille en chaque français, et est toujours prêt à s’indigner des atteintes faites à la langue de Molière.
Sur le fond, j’ai relevé une satistique erronée: en parité de pouvoir d’achat, le PIB français par habitant n’est pas inférieur de 18% à celui des américains, mais plutôt de 30 à 40%. (p.66).
Mais bon, ce n’est pas du tout l’essentiel.
Car le fond est important, bien raisonné, fortement argumenté: il s’agit de démonter l’antiaméricanisme par lequel les français se donnent une identité nationale négative (tout ce qui est antiaméricain est tout bon, tout ce qui vient de là-bas, c’est tout mal).
Erik est au fond un naïf : il croit dur comme fer à des choses étranges, comme la vérité, les faits historiquement établis, les raisonnements logiques et cohérents. Il est persuadé, c’est vraiment bizzare, que lorsque l’on polémique, il faut appuyer son argument avec des constats irréfutables. Il a foi en cette chose monstrueuse que les anglophones appellent « fairness », et qui ne se traduit pas exactement par « justice » – rendons-le par » esprit d’équité »; c’est-à-dire que lorsqu’on se met à juger du monde, et en particulier de l’Amérique et des américains, le soir, au Café du commerce ou à la rédaction du Monde, après le douzième petit blanc sec, il faut conserver les mêmes paramètres pour tous les pays, et ne pas en excepter la France ou l’Europe.
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