INTRODUCTION (pour rire, quoi que peut-être pas vraiment)
7 Décembre 2005. M. Harold Pinter, lauréat du Prix Nobel de littérature
2005, profite de la tribune exceptionnelle que lui offre le discours,
modestement intitulé ” ART, VERITE ET HISTOIRE “, qu’il doit prononcer (en
fait il l’a fait lire car il a fourni un certificat de maladie, personne ne
sait laquelle, mentale en tout cas, mais peut-être aussi une dégénérescence
physique liée à sa psychopathologie ; mais il ne va pas si mal que ça, et
n’est en tout cas pas hors réel en tous domaines, car il sera quand même
capable de se rendre à Stockholm, a-t-il dit, afin de recevoir ses sous)
pour lancer une diatribe très violente, très conventionnelle, très stupide
et très bien pensante contre les USA.
Ô le beau cas !
Ironie de l’Histoire: c’est en le jour anniversaire de l’agression du
Japon, antidémocratique, militariste et impérialiste contre les USA que ce
discours fut diffusé à travers toute la planète. Si les USA, qui
disposaient ce 7 décembre 1941 d’une armée gringalette de 350.000 hommes,
avaient appliqué les recettes de M. Pinter, le contrôle du monde aurait
sans doute était vite partagé entre l’Allemagne nazie et l’Empire Japonais.
Pas de chance pour les pauvres humains : ils eussent ainsi échappé au joug
US sous lequel ils ploient actuellement.
Salauds d’Américains.
Et si, en 1945, les USA étaient rentrés peinardement chez eux, sans plus se
mêler des affaires des autres, l’Europe de l’Ouest, à l’instar de ses
cousins de l’Est, aurait vraisemblablement joui de la bienveillante
protection de l’URSS au lieu d’être contrainte de s’abriter sous ce maudit
parapluie yankee.
Salauds d’Américains.
Et si les USA – un scoop du beau discours de ce subtil historien de M.
Pinter – n’étaient pas allé commettre « des atrocités dans les Balkans »
dans les années 90 (les US étaient évidemment exclusivement motivés par les
gigas réserves de pétrole dont regorge le Kosovo, c’est qu’on ne me la fait
pas à moi), MM Milosevic, Karadjic et Mladic nous auraient joyeusement
débarrassés de tous les Kosovars, Musulmans Bosniaques et autres
sous-hommes.
Et si ça n’est pas le cas, c’est encore uniquement la faute de
l’intervention US puisque nos soldats européens, sur place avant les GI’s,
manifestaient leur compréhension à l’égard du général Mladic au moment même
où celui-ci faisait fusiller, à quelques centaines de mètres, des milliers
de Musulmans. Au moins nos braves soldats sont ouverts, tolérants,
pacifistes, eux. Les soldats américains eussent été à notre place, nous
serions encore encombrés de tous ces Musulmans. Et Mladic et 600 de ses
copains de jeu seraient enfermés à Guantanamo au mépris du droit
international.
Salauds d’Américains.
Et si pas d’intervention en Afghanistan, ni en Irak, etc… combien les
Afghans, les Irakiens, les etciens seraient plus heureux, libres, épanouis.
Pour résumer la géniale et originale pensée de M. Pinter, dont la culture
et la finesse d’analyse politiques et historiques laissent pantois :
Si les USA avaient rapatrié leurs soldats et jeté à la poubelle leur
arsenal de mort, ainsi que les seuls lucides d’entre nous ne cessent de
leur demander gentiment depuis 1945, dans quel monde vivrions-nous ? Nul ne
le sait. Peut-être partagé entre empires communiste léniniste, communiste
maoïste, islamiste intégriste + des bastions nationalistes, souverainistes,
baassistes,…, que se disputeraient les Grands.
Enfin, peu importe, M. Pinter ne s’est jamais posé la question. Pour lui,
ça irait forcément mieux, puisque nous aurions été débarrassés de ces…
Salauds d’Américains.
La suite, désolé, sera un peu plus sérieuse.
Nous allons tenter d’analyser en quoi le discours de M. Pinter est
révélateur e.a. des conséquences du fonctionnement des systèmes médiatiques
sur nos représentions de la réalité politico-historique.
M. Pinter lance donc son 2ème appel de Stockholm ; il avait déjà suivi le
troupeau des idiots utiles chers à Lénine en participant à la rédaction du
premier en 1950.
Il illustre ainsi une fois encore le syndrome collectif de Stockholm,
caractérisé, tout comme le syndrome de Stockholm déjà bien connu, par de
tendres sentiments portés à l’égard de ceux qui vous utilisent comme
otages, mais cette maladie collective révèle bien d’autres symptômes comme
le refus de savoir que des gens veulent vous anéantir, vous, les, vôtres,
votre culture, tout ce que vous représentez à leurs yeux et aussi par la
haine à l’égard de qui respecte vos valeurs et protège votre liberté et
votre intégrité.
La pathologie de Pinter est la plus grave des variantes dudit syndrome
puisqu’il intervertit complètement ennemis et défenseurs de la vie, de la
liberté, de la diversité culturelle, de l’humanisme.
Et le nec plus ultra : non seulement, il a une représentation de la réalité
historique radicalement déformée par les effets cumulatifs des conséquences
des systèmes informatifs antagoniques qui couvrent la planète et il croit,
bien sûr, Lui qui fait partie de l’Elite,y échapper totalement.
Mais en outre, sa représentation des courants médiatiques majoritaires et
des conséquences qui en
découlent quant à la genèse et à l’évolution des représentations
individuelles et collectives de la réalité historique et politique,
événementielle et factuelle, sont elles aussi parfaitement interverties
comme je le démontrerai aisément infra.
Double inversion de ses représentations : d’un côté par rapport à la
réalité référencée, d’autre part quant aux représentations de ladite
réalité hors de sa petite boîte crânienne.
Triplement hors réel : hors l’unique réalité objective, hors la réalité
représentative externe moyenne majoritaire en les médias sensu lato et
enfin hors les innombrables représentations internes en chacun.
Le plus grave est l’absence quasi-totale de critique pertinente de
sa pseudo analyse. Au contraire, 98% de proficiat, non seulement des
altermondialistes, extrême-gauchistes et consorts mais aussi de la part de
gens a priori normaux
Vide qui est aussi révélateur de l’universalité des effets cumulatifs et
évacuatifs de la dichotomisation originelle de la possibilité pratique de
mise en information des faits et événements sur les courants informatifs
ambiants sensu latissimo (des éditoriaux journalistiques aux conversations
entre copains en passant par le contenu de l’enseignement), et, en dernier
aval, sur les représentations individuelles et collectives.
Tous les éléments et les sous-ensembles du système informatif mondial étant
en interaction continue, les distorsions initiales ont tendance à
s’accroître sans cesse quasi mécaniquement.
Parmi les multiples causes de la terrible distorsion entre la réalité
événementielle/factuelle unique d’une part et les représentions de celles-ci
dans les médias au sens le plus large ainsi qu’en les boîtes crâniennes de
tout un chacun, d’autre part, commençons par relever ce qui suit :
-Tendance humaine naturelle à la généralisation, la systématisation et,
souvent, l’utilisation exclusive des matériaux issus des courants
informatifs – porteurs de représentations d’autres espaces/temps présents
et passés que ceux ou évolue ou a évolué le sujet – les plus déterminants
quantitativement et qualitativement.
A savoir, les flux informatifs les plus visibles, les plus aisément
compréhensibles, les plus imagés, les plus répétés, les plus chargés
affectivement.
Et les plus acceptables, les moins périlleux pour le maintien de notre
intégrité et de notre harmonie représentatives.
Les moins inadaptés à notre noyau informatif de base.
Ce processus nous conduit inévitablement tous, quoique, à des degrés variés
de divergences par rapport au réel concerné, et quoique que chacun à sa
manière, à nous représenter erronément la réalité événementielle/factuelle
non directement perceptible.
Or nous savons que, même pour un très grand voyageur très observateur, la
part de la totalité de l’espace/temps qu’il aura directement perçue durant
sa vie restera toujours infinitésimale relativement à la totalité de
l’espace/temps.
Et pourtant chacun de nous a besoin d’une vision globale cohérente du monde
et de l’Histoire.
Nos esprits ne supportent pas le vide.
Nous construisons donc tous notre propre vision globale de l’histoire et du
monde social-historique actuel.
Cette construction, un peu comme celle d’un immeuble, nous ne pouvons bien
sûr l’élaborer qu’à partir des matériaux dont nous disposons.
Elle ne pourra dès lors être réalisée, structurée et investie avec des
faits/événements n’ayant pas fait l’objet d’une mise en info.
Elle sera toujours réalisée et modifiée à partir de la rencontre incessante
entre, d’une part, les flux médiatiques d’images et de sons qui frappent
notre système sensoriel, et, d’autre part, les représentions qui
préexistent en nos cerveaux au moment de l’impact.
Ces informations, nous les modifions aussi à notre meilleure convenance,
mais nous ne pouvons modifier ce qui n’existe pas en percepts.
Ce processus se combine à cette autre tendance naturelle consistant à
évacuer, accentuer, affaiblir, modifier, sélectionner les contenus et les
implications des nouveaux messages de manière à ce qu’ils s’adaptent à la
vision globale qui préexiste en nous avant toute nouvelle rencontre
médiatique.
Evitement naturel de l’inconfort mental résultant des distorsions
aperceptives ou dissonances cognitives.
Dès lors tendance naturelle à réaliser nos altérations de percepts de
manière à protéger ou à renforcer les représentations internes de
l’extérieur auxquelles nous tenons le plus.
Lesquelles font partie intégrante de ce moi menacé par l’introduction en
lui d’informations incompatibles avec le noyau de sa représentation du
monde.
Représentation centrale et vitale.
Nous sommes parfois plus attachés au maintien de l’intégrité de cette
représentation fondamentale et nodale – voire à son introduction en autrui,
à son expansion et à sa fécondité maximales – qu’à notre propre survie.
Pour certains, plutôt se faire exploser et disparaître que de risquer de
voir exploser et disparaître leur très cher noyau de
représentations…pourtant, si on le considère par rapport à ce réel qu’il
est censé représenter, ce noyau-objet d’Amour est toujours fictif, au moins
partiellement, parfois totalement.
- Existe aussi chez nombre d’idéalistes, de pacifistes, de tenants des
extrêmes, une attirance, inavouée ou carrément inconsciente, vers le
totalitarisme, le Grand Soir, la fin Apocalyptique.
Cette attirance est à mettre en parallèle avec le besoin humain de
perfection.
Ce dernier se situe toujours entre 2 limites: Désir et travail de
perfectionnement progressif, d’amélioration patiente v/s Besoin
pathologique de Perfection absolue
M. Pinter semble nettement plus proche du 2d que du 1er.
Cette inextinguible soif de perfection sociétale génère au mieux un
sentiment de frustration, au pire de la rage meurtrière collective, face au
caractère irrémédiable ( mais
pas à l’irréductibilité ) du non parfait en toute société, en tout ce qui
est naturel et humain: Il y a danger quand ce Désir de Perfection et ce
Refus de tout ce qui est imparfait ou promettant la perfection est projeté
dans le domaine sociopolitique.
La mise sur le même plan de tous les systèmes, de toutes les politiques, de
toutes les idées, de toutes les oppressions ou répressions, de toutes les
opinions débouche sur la confusion entre tolérance et relativisme
infradébile et se traduit par la passivité devant la réalité des menaces
totalitaires.
Traduction en idéologie totalitaire ou nihiliste, opérations destructives
individuelles (terroristes) ou collectives (massacres et destructions de
masse ).
Et on constate chez M. Pinter de multiples mises sur le même plan et
assimilations abusives : Il ignore les différences de nature entre
Démocratie, dictature et totalitarisme ; il ignore les différences de
degrés dans les injustices politico socialo humaines.
Lui et la majorité des humains.
Ainsi : Les aberrants parallélismes ci-après sont monnaie courante :
Au sein des totalitarismes ou des régimes à prétention totalitaire :
Nazisme = marxisme-léninisme appliqué dit communisme = islamisme = fascisme
italien = baassisme.
Entre dictature et régime totalitaire : p.ex. Chili de Pinochet et Cambodge
communiste alors qu’en le 1er la vie était infiniment plus proche de la
nôtre qu’en le 2d où on ne peut même pas parler de « vie ».
Si on considère le rapport du nombre d’influx informatifs négatifs
concernant respectivement le Chili et le Cambodge de 1975 à 1980, il est au
moins de l’ordre de 1.000 à 1 ; la personne objectivement informée sait
peut maintenant facilement savoir, en faisant un minimum d’efforts de
recherche, que les rapports respectifs des réalités chilienne et
cambodgienne à la même époque étaient sur le plan des exécutions
arbitraires, des tortures, des destructions humaines, culturelles,
économiques, spirituelles, éthiques, informatives, intellectuelles,
affectives, psychologiques,… au moins de l’ordre de 1 à 1.000.000.
Dès lors, en considérant toutes autres choses égales par ailleurs, la
distorsion entre, d’un côté, la représentation mentale moyenne en les
cervelles occidentales de ces 2 espaces/temps et, de l’autre côté, la
réalité desdits espaces/temps, distorsion résultant du déséquilibre
médiatique – par ailleurs continuant à agir dans le même non sens en 2005,
devrait être au moins de l’ordre de 1 à 1.000.000.000.
En clair: A la même époque, la perception négative ( intellectuelle et
affective ) de la réalité du Cambodge communiste par rapport à celle du
Chili dictatorial était était immensément trop positive; et celle du chili
relativement à celle du Camboge grotesquement trop positive.
Mais M. Pinter va encore plus loin dans l’aberration comico-tragique : il
inverse les 2.
Encore une pire absurdie : Parallélisme entre les injustices, les fautes,
forcément inévitables, existant en la démocratie US et celles qui sont
consubstantielles aux régimes autoritaires. Et le comble de l’ineptie qui
confine à la pure idiotie: l’inversion.
A ce propos les exemples sont innombrables: Prenez i.e. au hasard n’importe
quel numéro du Monde Diplomatique ou, étudiez étudiez à l’aise et sans rire
ce discours de M. Harold Pinter, prononcé par son éditeur à l’occasion de
son intronisation à Stockholm.
Le plus triste est la quasi absence de réactions à ce flot de stupidités
haineuses: ni indignation, ni même franche hilarité.
Ceci n’est aussi qu’un exemple, parmi des millions, du fait que les
représentations basiques, en tout cerveau humain contemporain, sont
tributaires des différences essentielles de fonctionnement entre les
nombreux
systèmes informatifs couvrant la planète.
Le contenu des courants informatifs est toujours fonction des conditions de
création de la matière première informative à la source, matière première
qui surdéterminera la nature, la charge affective, les évacuations, les
multiplications, les productions ou absences de productions, les effets
cumulatifs et enfin les possibilités et limites des manipulations, bref de
tout ce qui sera susceptible de produire ou d’empêcher la circulation, la
distribution, la crédibilité et l’impact des informations en aval.
Et bien sûr la recherche de l’audience maximale et du profit maximal
accentuent encore le phénomène.
De même que laa dépendance, en démocratie, des politiques vis-à-vis de
l’opinion publique, de l’électorat, des journalistes et du système politique
en général.
Le cas de M. Pinter est aussi exemplaire de la particulière et apparemment
paradoxale fragilité des esprits les plus brillants à la frappe incessante
des courants informatifs disproportionnant et distordant les images
médiatiques et mentales des différentes parties de la réalité
événementielle/factuelle globale relativement à ce qu’est effectivement
l’ensemble de la seule et unique réalité sociale historique référencée.
La résultante de ces déséquilibres cumulatifs, en interactions continues,
fait généralement dévier la représentation du monde « pensé, jugé, évalué »
dans une direction intellectuelle, affective, porteuse
d’identifications/idéalisations, de victimisations/héroïsations, de choix
de supports de projection, grandement favorable aux régimes qui contrôlent
l’information interne et externe les concernant, et au détriment relatif
des régimes les plus libres, les plus ouverts et les plus autocritiques
dont, au 1er chef, les USA.
D’ailleurs qui produit et diffuse le plus de reportages vrais ou faux, de
documentaires fictifs ou non, d’éditoriaux et d’articles, d’essais, de
films, de feuilletons, de romans, de pièces qui ont comme point commun de
susciter des critiques négatives des Etats-Unis ?
Des Américains.
Nous venons notamment d’expliquer que l’un des dangers de la fascination
pour la perfection se traduit par un mépris hautain pour la démocratie,
laquelle reconnaît ses inévitables défauts et imperfections, lesquels sont
mis en exergue par son propre fonctionnement et la nature de son propre
système informatif.
L’un des fondements essentiels de la démocratie, surtout US, constitue donc
son son talon d’Achille, sa faiblesse aux conséquences les plus
calamiteuses.
D’où, en ce qui concerne l’homo occidentalis en général, et M. Pinter en
particulier, on constate que s’il ne se laisse pas souvent emporter par
l’attraction totalitaire, du moins, est manifeste son indifférence à la
réalité et au danger totalitaires tels que non apparents en les courants
informatifs ambiants.
Autre danger de cette forme de tout ou rien : La chute dans l’absurdisme ou
le nihilisme : le monde tel qu’il est me frustrant, il n’a nul sens et, à
la limite, autant tout détruire. Tout régime qui ne peut aboutir à abolir
toute inégalité, toute injustice, toute misère, tout malheur, toute
souffrance doit, ou du moins peut, être anéanti.
A la limite, tout ce qui est humain, donc jamais parfait, jamais vierge de
toute impureté, doit disparaître.
Tel est le but présent de l’islamisme le plus radical, comme tel était, et
est toujours, l’effet le plus concret de l’application des idées
marxistes-léninistes.
Danger adjacent : Le refus ou l’incapacité de voir, savoir, concevoir ce
qui précède.
Ou pire, la prise de position en faveur de ceux qui cherchent à vous
assassiner ou à vous asservir : Quand on cherche, on trouve toujours des
explications rationnelles à des attitudes et des comportements dont une
caractéristique majeure est précisément cette irrationalité que nous ne
voulons pas, et/ou ne savons pas, accepter dans son indigeste crudité et
cruauté.
Si les aspects négatifs de la réalité du léninisme en ses diverses
applications avaient fait l’objet d’une médiatisation du même type que
celle qui porte à la connaissance du public les aspects négatifs de
n’importe quelle démocratie, jamais le communisme n’aurait tant étendu ses
tentacules sur maints peuples du monde ni tant obscurci tant de grands
esprits de l’humanité pensante.
Les populations d’Europe de l’Est, de Chine, de Corée du Nord,
d’ex-Indochine,… , n’auraient pas subi les pires abominations mais auraient
progressé cahin-caha, auraient évolué, à travers heurs et malheurs, à
l’instar de leurs voisins.
L’exposition des corps, embaumés telles de saintes reliques, de 2 des plus
grands monstres de l’Histoire humaine, M. Oulianov, dit Lénine, et M. Mao
Ze Dong, apparaîtrait comme elle le devrait, c-à-d encore plus incongrue et
scandaleuse que serait l’offre à la dévotion des foules de la
représentation de M. Hitler, protégée par des gardes respectueux, au centre
de Berlin.
Et évidemment, la production et la vente de portraits de MM. Oulianov,
Djougachvili, Bronstein, Guevara, Mao, que les bobos « tendance » aiment
mettre aux murs de leurs appartements, serait bannie au même titre que
celles des beaux visages aryens de MM. Hitler, Goebbels, Himmler, Goering.
Et ceux qui en possèderaient seraient aussi considérés comme des pervers,
des primates, des ignorants inconscients ou des fous dangereux.
Pour conclure plus doctement que par cette dernière remarque empreinte
d’humour noir/rouge, je dirai que le plus effrayant dans tout ce qui précède
est le fait que ces égarements ouvrent de façon vertigineuse sur les
carences de notre mode de savoir penser le réel.
Pierre Druez
Economiste et psycho-politologue.