Posté le Dimanche 8 janvier 2006 par Administrator

La BAF perturbe le culte de François Mitterand au siege du PS
Scandale ce dimanche 8 janvier au siege du PS : alors que toute le peuple de gauche s’entassait devant des photos de François Mitterrand, les bloggeurs de la BAF (Arthur Wneir et Erik Svane) sont intervenus. Notre mission : coller sur la photo géante de Tonton, la françisque que le PS avait bêtement oublié.
(Merci a la Brigade de l’Argent des Français).
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Une réponse à “Scandale au PS !”
8 jan 06 à 18:49
L’éditorial par Alexis Brézet
[Le Figaro, 07 janvier 2006]
De mortuis aut bonum, aut nihil. Des défunts, on ne dit rien sinon du bien :
on a beau savoir la règle, le tsunami de mitterrandolâtrie qui, depuis
quelques jours, déferle sur la France ne laisse pas d’étonner. Impossible
d’y échapper. Partout, c’est le défilé des vestales, la procession des
thuriféraires confits en dévotion. Mitterrand plus populaire que de Gaulle ?
On se pince. Mitterrand un jour au Panthéon ? On voudrait croire à une
plaisanterie de Bertrand Delanoë. Mais non ! La gauche, que Mitterrand a
séduite et abandonnée, espère se redorer à ses rayons. La droite, qui fut sa
dupe, voudrait se persuader qu’elle a obéi à une éblouissante supériorité.
Dix ans après sa mort, le grand emberlificoteur continue de semer la
confusion.
Car enfin, si l’on va au fond des choses, que reste-t-il, outre l’ancrage
européen, du double septennat de François Mitterrand ? L’abolition de la
peine de mort et la décentralisation. Des bâtiments qui, si l’on excepte
l’étonnante Pyramide et la Grande Arche, se distinguent surtout par une
uniforme médiocrité. Et puis quoi ? Dans l’ordre politique, nous dit-on,
Mitterrand a installé l’alternance. La belle prouesse ! Il a surtout gagné
les élections, et fait son nid dans les institutions. Il aurait, de
surcroît, «tué» le Parti communiste. Mais le communisme est mort partout et,
chez nous, à quel prix ! Le dogme de «l’union de la gauche» a enfermé le
socialisme démocratique dans une gangue de surenchère et de déni de la
réalité dont il ne s’est toujours pas libéré.
La conséquence en fut, à l’heure où Reagan, Thatcher et Kohl faisaient
entrer leur pays dans l’avenir, une incroyable collection de sottises
économiques, dont la facture est loin d’être acquittée. La retraite à 60 ans
? Vingt ans plus tard, c’est, selon Bercy, deux cents milliards de dettes.
Les recrutements massifs de fonctionnaires imputables à la gauche ? Au bas
mot, cent milliards de mieux. Pour parachever l’édifice, Lionel Jospin,
disciple fidèle, inventait les 35 heures : encore cent milliards. A
Mitterrand, les générations futures ne diront pas merci.
Dans l’ordre «sociétal» : les régularisations massives, les vannes grandes
ouvertes de l’immigration. L’émergence conjointe du Front national et d’un
antiracisme instrumentalisé à des fins politiques. L’exaltation, envers et
contre tout, du «droit à la différence», sur lequel ont germé les
revendications communautaristes qui fleurissent aujourd’hui. La crise des
banlieues, d’un certain point de vue, est aussi un lointain héritage de
François Mitterrand.
Et que dire de son influence sur l’esprit public ! Les scandales, la
corruption, le mensonge érigé en règle de gouvernement. Qui ne voit que le
mitterrandisme finissant porte une lourde responsabilité dans la fameuse
coupure entre le peuple et ses représentants ?
Sans aucun doute, ce président qui aimait les arbres, les livres, les femmes
– et, plus que tout, la politique – fut un être fascinant. Mais où sont,
dans son parcours, les hautes vertus, les puissantes réalisations, qui
restent dans l’Histoire ? Il ne suffit pas, pour être un grand homme, d’être
un bon personnage de roman.





