Posted on Jeudi 22 décembre 2005
Paru le lendemain de ma reponse a Anabase……
——————————————–
Paris perdu ! (info # 012212/5) [analyse]
Par Viviane Miles © Metula News Agency
Je regrette, avec Gilles Paris, que le pari de la « création d’un Etat palestinien dans des frontières définitives pour la fin de l’année 2005 » n’ait « pas été tenu » comme le prévoyait le calendrier de la Carte Routière. A la lecture de son article intitulé L’enlisement de la « feuille de route » paru dans la livraison du Monde d’hier, c’est toutefois la seule chose que je partage avec cet activiste pro palestinien, qui perd son âme en confondant le métier de journaliste avec celui de propagandiste. Parfois, les tracts de ce militant touchent à la parodie involontaire, dévoilant que, malgré les années passées à Jérusalem, Paris ne maîtrise ostensiblement pas toutes les données du problème. Il est vrai que l’on prétend que la haine rend sourd et aveugle.
Dans son dernier papier, Paris passe – très – rapidement sur le retrait unilatéral israélien de la bande de Gaza, qui ne mérite de sa part qu’une attention accessoire. Il choisit plutôt de s’attarder opportunément sur le fait que « la Cisjordanie reste un territoire occupé, où l’armée israélienne manœuvre à loisir et où la colonisation ne cesse de progresser. ». On ne peut évidemment que comprendre de cela que l’armée israélienne prend plaisir à occuper et à coloniser, au même titre que le peuple dont elle est issue prend « plaisir à humilier » sous la plume d’un Edgar Morin.
Le journaliste-militant, tribun de la cause des groupes armés palestiniens, insiste sur ce thème de façon redondante tout au long de son article, prétendant entre autres que la consolidation des « blocs de colonies» et « les annexions de fait réalisées par la clôture » représentent « des dynamiques qui rendront demain plus difficiles d’éventuelles négociations (…) pour un règlement définitif du conflit ».
L’enlisement du processus de paix israélo-palestinien ne connaît qu’un seul et unique coupable, on a tôt fait de le comprendre en lisant la prose du correspondant permanent du Monde : il s’agit bien entendu d’Israël. Israël, qui empêche tout progrès par son entêtement incompréhensible à vouloir maintenir en vie sa population civile. Paris brandit un carton rouge à l’endroit du premier ministre israélien, définissant comme amendements contraires à l’esprit et à la lettre de la Carte Routière l’exigence de Sharon relative au « démantèlement des groupes armés palestiniens » – le désarmement des organisations terroristes.
Courte trêve dans le verbiage partisan de l’époux de Stéphanie Le Bars. Incursion d’un peu de journalisme pour rappeler la lettre de la Carte Routière (Road Map), que je cite du texte original de l’ONU :
« La sécurité
- Les Palestiniens déclarent clairement la cessation des actes de violence et de terrorisme et font des efforts visibles sur le terrain en vue d’entraver et d’empêcher l’action des individus et des groupes qui préparent et lancent de violentes attaques contre des Israéliens en quelque lieu que ce soit et en vue de les arrêter.
- Les services de sécurité reconstitués et recentrés de l’Autorité palestinienne entreprennent des opérations durables, ponctuelles et efficaces en vue de s’attaquer à tous ceux qui sont impliqués dans le terrorisme et de démanteler l’infrastructure et les moyens des terroristes ».
Est-il nécessaire, sans vouloir faire la leçon à un confrère engagé, de rappeler qu’aucune des dispositions qui précèdent, que les membres du Quartet et Israël considèrent être le préambule incontournable à l’application de la Carte Routière, n’a été mise en pratique par les responsables de l’autonomie palestinienne ?
Mais là où le journaliste se déchaîne, c’est lorsqu’il taille un costume sur mesure à Ariel Sharon (Gilles Paris a l’étoffe facile. Ndlr.), à qui il prête des attributs machiavéliques. Ainsi accuse-t-il le premier ministre israélien de « modifier à son profit » le plan de la « feuille de route », et en remet-il encore une couche sur « la colonisation (qui) se poursuit avec le feu vert des autorités israéliennes », tandis que Sharon a « neutralisé avec succès le Quartet (…) avec son plan de retrait de Gaza ». Dans ce tableau figuratif, Sharon passe pour un escroc, les organisations armées palestiniennes pour d’aimables pacifistes qui ne gênent personne, et l’Union Européenne, les USA, l’ONU et la Russie, pour un tas de crédules ayant un urgent besoin des lumières de Paris pour se défendre des fourberies de Sharon.
Chaque terme de ce professeur de bien-pensance constitue une escalade dans le dénigrement et la diabolisation du chef d’Etat hébreu qui, quoiqu’il fasse, sera considéré aux yeux de son détracteur comme LE fauteur de troubles de la région. C’était déjà son apparition sur le Mont du Temple à Jérusalem, on s’en rappelle, qui avait soi-disant déclenché la deuxième Intifada il y a cinq ans ; c’est, à en croire les propagandistes de la même école, sa mise en œuvre du retrait unilatéral de Gaza qui anéantit les possibilités d’application de la « feuille de route » aujourd’hui.
Le Quartet ne jouit donc pas non plus de la considération de Paris, qui voit dans son action une inertie politique qui sert Israël. Cela procède pourtant d’une accusation peu sérieuse que de prétendre que les « dysfonctionnements structurels (sont) liés à l’occupation israélienne et aux contraintes imposées au nom de la sécurité ». Les membres les plus audibles de l’Autorité Palestinienne évitent aujourd’hui de faire valoir publiquement des prétextes aussi infantiles. La compilation des faits exige de mentionner que Yasser Arafat aurait largement eu de quoi faire émerger son peuple au cours de son règne, s’il n’avait préféré l’engraissement de ses comptes privés et la politique du martyre au bien-être de sa population et à la construction de l’Etat dont elle a un si urgent besoin.
Et ce n’est pas Israël que l’on peut raisonnablement rendre responsable du détournement des fonds internationaux aux fins du financement du terrorisme. Il serait sage que Monsieur Paris cesse, sauf à devoir compulsivement se repaître de fadaises racistes, de rendre l’Etat hébreu coupable du naufrage du Titanic !
L’inoculation systématique, en intraveineuse, d’assertions aussi biaisées que professionnellement indéfendables, comme celles contenues dans L’enlisement de la « feuille de route » a pour fonction générique d’annihiler toute possibilité de réflexion indépendante dans le public. La censure tout aussi systématique des opinions équilibrées complète cet effort inamendable. C’est en participant à ce jeu pernicieux que Le Monde et les media généralistes de France répandent l’idée d’un mal israélien qui irradierait tous les malheurs du monde.
Quitte à me répéter à mon tour, mais il y a des vérités dont je me refuse de faire l’économie, ce concept d’une nation d’Israël qui serait à l’origine de l’instabilité du monde est une reprise de l’idéologie nazie.
Perturbante constatation pour conclure : Paris et les autres journalistes de la pensée unique sont parvenus à placer l’activisme anti-israélien au centre de la norme informationnelle dans mon pays et c’est bien plus que regrettable…







